30.01.2012 -

Première présentation du Grand Ballet Bassari, au Sénégal

© UNESCO/Anne Müller - Dancers celebrating the first performance of the Grand Ballet Bassari

Une explosion de sons et couleurs. Une mine d’or en termes de diversité ethnique. Voilà deux des commentaires faits par l’assistance après la première du grand Ballet Bassari le 19 janvier 2012 à Kédougou, une ville principale du sud-est du Sénégal.

Le Grand Ballet Bassari est une réalisation majeure, déclare Amadou Ndoye, Administrateur National pour la culture à l’UNESCO-Dakar, impliqué, ces derniers 6 mois, dans sa création. 

Le ballet est le fruit d’un programme conjoint des Nations Unies, le projet MDG-F de “Promotion des initiatives et industries culturelles au Sénégal”,

lancé en 2009 et qui durera jusqu’en septembre 2012. L’UNESCO supervise ce projet.

Une délégation des Nations Unies ainsi que des officiels sénégalais ont assisté à cette première. 

Nombreuses ethnies 

Le Grand Ballet Bassari porte sur la danse et la musique traditionnelles des cinq principaux groupes ethniques du pays Bassari, une des régions du Sénégal les plus riches en ce qui concerne la diversité culturelle. 

Les 60 minutes de spectacle résument bien cette région. Les danseurs traditionnels apparaissent dans des costumes très colorés. Ils sont accompagnés de musiques caractéristiques des groupes ethniques suivants: bassari, bedik, peuls, malinké and diallonké.  

Abibatou Youm Diabé Siby, Directrice générale du Bureau Sénégalais du Droit d'auteur, a joué un rôle clé dans la création du ballet. En effet, elle a coordonné le travail des experts dans la constitution de ce ballet et c'est grâce à elle que de nombreux artistes et artisans du pays Bassari et de Toubacouta ont été formés et sensibilisés en droit d'auteur et droits voisins lors de différentes formations.  

"Ce ballet nous donne de la fierté et est source d’espoir pour l’ensemble de la région » s’exclame, Mamadou Guèye, Gouverneur adjoint de la région de Kédougou.  

 

Processus difficile

"Une troupe de danse est née” se réjouit Mamadou Diop, chorégraphe du ballet. "Ce n’était pas facile à réaliser puisque nous devions discipliner les danseurs et les musiciens » ajoute-t-il.  

Les acteurs devaient comprendre qu’ils ne pouvaient danser et faire de la musique qu’à certains moments précis du spectacle. Dans les villages, les gens ont l’habitude de danser et faire de la musique jusqu’à ce qu’ils soient fatigués ou manquent d’inspiration.  

"Ils avaient subitement à respecter la notion d’espace, la manière de bouger ou de jouer et les limitations dans le temps, précise Diop.

Combattre l’influence de la Télévision

Le chorégraphe indique également qu’il a eu à combattre l’influence nocive de la télévision sur les danses traditionnelles 

"Nous avons, par exemple, une fille qui danse correctement. Par contre, les garçons du même groupe ethnique pensent bien danser à la manière traditionnelle mais pourtant non” commente  Seyba Traoré, Directeur artistique du Ballet.  

La sélection des acteurs s’est effectuée à travers des auditions. Le ballet comprend 60 artistes de plusieurs générations. 

Les costumes ont tous étaient conçus spécialement pour le Ballet et sont inspirés de l’habillement traditionnel.

Prochaine étape Dakar

Le prochain spectacle est prévu à Dakar cette année. Le Grand Ballet Bassari prévoit aussi une tournée dans la région Bassari et peut-être même dans d’autres pays. 

"Le Ballet a été l’occasion pour différentes ethnies de se rapprocher. Maintenant ils souhaitent travailler ensemble également en dehors du projet » indique Traoré. "Ceci prouve que le ballet n’a pas trahi leur culture mais est au contraire une bonne présentation de celle-ci ».

Contacte : M. Amadou Ndoye de l’UNESCO BREDA  a.ndoye(at)unesco.org




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