19.03.2018 - Culture Sector

Premier site du patrimoine culturel à être protégé dans les eaux internationales

©Soprintendenza del Mare

L'Italie a notifié à l'UNESCO la découverte de plusieurs sites du patrimoine culturel subaquatique hautement menacés sur les bancs de Skerki, situés dans les eaux internationales entre la Sicile et la Sardaigne (Italie) et la côte de la Tunisie.

L'Italie a notifié à l'UNESCO la découverte de plusieurs sites du patrimoine culturel à l’intérêt majeur - des épaves datant de plus de 2000 ans et des épaves modernes datant des deux guerres mondiales - sur les bancs de Skerki, situés dans les eaux internationales entre la Sicile, la Sardaigne et la Tunisie. Ces bancs reposent sur un itinéraire maritime très fréquenté, utilisé depuis l'Antiquité, et ont également été le théâtre d'une célèbre bataille navale lors de la Seconde Guerre mondiale. Les sites archéologiques et leur environnement naturel aux bancs de Skerki sont aujourd'hui menacés. Ils sont affectés par la pêche incontrôlée et le passage non réglementé de navires-citernes et de porte-conteneurs ainsi que par des travaux industriels. La notification de l'Italie déclenchera désormais la protection de ces sites par le biais de la Convention de l'UNESCO de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique.

 

Ce cas représente un grand intérêt pour la protection du patrimoine culturel subaquatique car il permettra de créer le premier exemple de protection du patrimoine dans les eaux internationales. Le patrimoine trouvé dans les bancs de Skerki sera dorénavant protégé par tous les Etats parties à la Convention de 2001. Ces États travailleront ensemble pour s'assurer que toute activité ayant un impact sur cette zone, allant du dragage des fonds marins à l'examen de la pêche au chalut, respecte les sites archéologiques. Un État coordonnateur sera responsable de l'autorisation des activités et pourra, par exemple, s'assurer que des évaluations d'impact sur le patrimoine sont menées. Tout comportement destructeur sera sanctionné.

Tout État partie peut déclarer au Directeur général de l'UNESCO qu'il souhaite être consulté sur la manière d'assurer la protection efficace de ce patrimoine culturel subaquatique sur les bancs de Skerki. Les déclarations devront être fondées sur un lien vérifiable avec le patrimoine culturel subaquatique concerné, et une attention particulière sera accordée aux droits préférentiels des États d'origine culturelle, historique ou archéologique. Tous les États intéressés seront ensuite associés aux consultations sur la meilleure façon de protéger les sites du patrimoine culturel subaquatique des bancs de Skerki.

Cette nouvelle arrive au moment, où les épaves de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale font l’objet d’importants pillages, des dizaines d’épaves ont même récemment complètement disparu après avoir été draguées pour le métal. Cela est particulièrement préoccupant alors que ces épaves de grande taille, historiquement importantes, contiennent souvent encore les restes de plusieurs centaines de victimes.

La Convention de l'UNESCO de 2001 est le seul traité mondial concernant réellement la sauvegarde  des sites archéologiques subaquatiques dans les eaux internationales. Les États parties s'engagent à prendre les mesures appropriées pour protéger également les sites culturels immergés situés en dehors de leur territoire national. Dans l'ensemble, la Convention établit des lignes directrices scientifiques pour la protection du patrimoine, promeut l'archéologie subaquatique et encourage la coopération internationale. À long terme, cela permettra au public de profiter du patrimoine submergé et de mettre un terme à la destruction et au trafic illicite du patrimoine culturel subaquatique en cours actuellement. La Convention vise en outre à empêcher que des dommages ne soient causés par des travaux industriels effectués dans les fonds marins ou par le chalutage ou les catastrophes naturelles.

À mesure que la technologie pour atteindre les profondeurs de nos océans avance, les sites archéologiques trouvés dans les fonds marins des eaux internationales sont menacés. Alors que de plus en plus d'États membres ratifient la Convention de 2001 la communauté internationale progresse vers la mise en place d’une protection juridique universelle à tous les sites sous-marins, où qu'ils se trouvent.

 




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