18.03.2019 - Culture Sector

Les ministres de la région d'Afrique de l'Est s'engagent à renforcer la protection et la promotion du patrimoine culturel subaquatique

Participants in the Regional Ministerial Conference on the Protection of Underwater Cultural Heritage in Eastern Africa, 11 March 2019, Malindi, Kenya © George Kikami

Le 11 mars 2019, l'UNESCO et le Ministère kenyan des Sports, de la Culture et du Patrimoine ainsi que les Musées nationaux du Kenya et la Commission nationale kenyane pour l'UNESCO ont mobilisé 75 parties prenantes à l’occasion d’une conférence régionale organisée par l'UNESCO visant à sensibiliser à la protection du patrimoine culturel subaquatique pour le développement du tourisme durable en Afrique de l'Est et dans les îles adjacentes de l'océan Indien.

La conférence régionale sur la Convention de l'UNESCO de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, qui s'est tenue à l'Ocean Beach Resort de Malindi (Kenya), a réuni des ministres et leurs représentants, des directeurs de musées, des directeurs pour la culture, des experts nationaux et internationaux du patrimoine culturel subaquatique ainsi que des secrétaires généraux et représentants des commissions nationales des 13 pays couverts par le Bureau régional de l’UNESCO pour l'Afrique de l'Est: Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Madagascar, Maurice, Ouganda, Rwanda, Seychelles, Somalie, Soudan du Sud et Tanzanie. La conférence a été ouverte par S.E. M. Hassan Noor Hassan, Secrétaire général pour l'administration et Mme Josephta Mukobe, Première Secrétaire du ministère kenyan des Sports, de la Culture et du Patrimoine, aux côtés de M. Amerson Kingi, Gouverneur du comté de Kilifi et de Mme Ann Therese Ndong-Jatta, Directrice du bureau régional de l'UNESCO en Afrique de l'Est.

Les épaves de navires et les ruines sous-marines sont devenues de plus en plus accessibles le long des côtes de l'océan Indien. Bien qu'un équipement professionnel et une formation de haut niveau demeurent nécessaires pour entreprendre des fouilles, les sites archéologiques submergés ne sont plus hors de portée des chasseurs de trésors. Ainsi, de nombreux sites archéologiques sous-marins sont pillés sans avoir recours à des méthodes d'exploration scientifique et archéologique. De même, l'industrie de la pêche, la pose de pipelines et d'autres activités liées aux fonds marins peuvent endommager ou détruire le patrimoine culturel subaquatique. Une fois ce patrimoine fragile détruit ou enlevé, les pays perdent l'opportunité d'entreprendre des recherches et de développer un tourisme durable lié aux sites, qui pourrait prendre la forme d'un tourisme de plongée ou de la représentation du patrimoine culturel subaquatique dans les collections des musées. Dans la région d''Afrique de l'Est, seul Madagascar a ratifié la Convention de l'UNESCO de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique.

Plus de 20 représentants des médias nationaux et internationaux ont assisté à la conférence, et plusieurs conférences de presse ont eu lieu avec les hauts responsables présents, au cours desquelles les recommandations finales de la conférence régionale ont été partagés avec les médias :

·         Ratifier et mettre en œuvre la Convention de l'UNESCO de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique ;

·         Prendre des mesures pour mieux faire connaître le patrimoine culturel subaquatique, favoriser sa représentation dans les musées et développer son potentiel en matière de tourisme durable dans la région ;

·         Mobiliser les autorités compétentes de ces Etats pour élaborer des inventaires et intégrer les dispositions de la Convention de 2001 dans le droit interne ;

·         Créer des programmes appropriés de renforcement des capacités dans les écoles, universités mais aussi au sein des autorités compétentes étatiques afin d'éduquer et de former des archéologues subaquatiques dans le but de protéger le patrimoine culturel subaquatique. L’idée serait de collaborer avec les pays africains qui ont fait des progrès considérables dans ce domaine, ainsi que les centres de catégorie 2 UNESCO, le programme UNITWIN (University Twinning and Networking) et les chaires UNESCO sur l'Archéologie sous-marine ;

·         Favoriser la coopération entre les parties prenantes des pays concernés et les types de patrimoine qui s'y rapportent, et promouvoir la recherche scientifique et la coopération dans ce domaine, notamment en ce qui concerne les épaves liées au projet UNESCO La route de l'esclave;

·         Identifier des partenaires pour financer la protection et la recherche sur le patrimoine culturel subaquatique, y compris la prévention et l'interdiction du pillage et de l'exploitation commerciale du patrimoine culturel subaquatique ;

·         Collaborer avec les commissions nationales pour l'UNESCO afin de donner suite aux engagements pris par les ministres et leurs représentants lors de la conférence du 11 mars 2019 à Malindi (Kenya) concernant la ratification et la mise en œuvre de la Convention de 2001 et rendre compte des progrès accomplis lors de la réunion du 17 au 21 juin 2019 sur le patrimoine culturel subaquatique en France.

Dans son allocution d'ouverture, la Directrice du Bureau régional de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Est a invité les participants à observer une minute de silence en l'honneur du célèbre expert italien du patrimoine culturel subaquatique, le Professeur Sebastiano Tusa, qui a été l'une des victimes du tragique accident du vol Ethiopian Airlines survenu le 10 mars 2019 et qui devait prononcer le discours principal de la conférence. Le professeur George Abungu (Kenya) a rendu hommage au Professeur Tusa lors de son discours d'ouverture, en présentant l’homme et les travaux d’une vie sur les liens entre patrimoine culturel subaquatique et économie bleue.

La conférence a permis de mieux faire prendre conscience de la nécessité urgente de protéger le patrimoine culturel subaquatique dans la région ainsi que des possibilités de développement du tourisme durable liées au patrimoine culturel subaquatique. Les ministres participants et leurs représentantes se sont engagés à prendre des mesures urgentes à la suite de la conférence et ont convenus de faire le point sur les activités de suivi lors de la prochaine réunion sur le patrimoine culturel subaquatique prévue pour juillet 2019 au Siège de l'UNESCO à Paris (France).

A la suite de la conférence ministérielle, des experts internationaux, des directeurs de musées et des représentants des commissions nationales pour l'UNESCO ont participé à un atelier technique sur le patrimoine culturel subaquatique le 12 mars 2019, ce qui a renforcé encore plus les synergies pour plus de collaboration dans la région.

LIENS:

Recommandation ministérielle du 11 mars 2019 (PDF)

Résultats de l'enquête régionale (PDF)

Analyse aux réponses du questionnaire (PDF)

Conférence régionale actualité en ligne

En mémoire du Professeur Sebastiano Tusa

Convention de 2001 EN / FR

Brochure EN / FR

La culture et les ODD EN / FR




<- retour vers Actualités
Retour en haut de la page