Travaux de construction et patrimoine culturel subaquatique

Plongeurs mesurant une structure à Pavlopetri, la plus ancienne ville enfoncée du monde, qui est menacée par les activités industrielles © J. Henderson

Aujourd'hui, les côtes, les océans et les fonds marins sont de plus en plus exploités et utilisés pour des activités économiques. Les projets d'infrastructures dans les zones littorales ou les zones côtières, tels que les projets d'extension des ports ou de dragage, la construction de ponts, la mise en place de pipelines et de câbles, bien que nécessaire à l'économie et au bien-être de la société, peuvent avoir un impact important sur le patrimoine archéologique subaquatique, particulièrement quand ils s’effectuent près des côtes. Beaucoup de ces activités ont un impact sur l'environnement en créant de la pollution, de l'érosion ou des courants changeants, et beaucoup d'entre eux peuvent affecter des sites possédant un patrimoine culturel submergé, comme des villes englouties ou des épaves anciennes.

La question concernant la façon d’atténuer ces impacts industriels, non désirés et non intentionnels est importante. La pression sur les gestionnaires du patrimoine est importante et leur devoir est de valoriser et de protéger le patrimoine culturel subaquatique.

La Convention de l'UNESCO de 2001 stipule dans son article 5: « Chaque État partie emploie les moyens les mieux adaptés dont il dispose pour empêcher ou atténuer toute incidence négative due à des activités relevant de sa juridiction ayant une incidence fortuite sur le patrimoine culturel subaquatique ».

La Convention encourage donc clairement les États à adopter une législation nationale obligeant les entreprises à prendre en compte le patrimoine subaquatique, à en évaluer la présence et l'importance et à atténuer les possibles impacts négatifs.

Grâce à une bonne planification et à une collaboration, non seulement des résultats excellents pour la protection du patrimoine  et pour le développement de l'archéologie subaquatique peuvent être atteints, mais les entreprises concernées peuvent en bénéficier en termes de responsabilité d'entreprise et d'image publique.

Un exemple du développement côtier et du  patrimoine :

La baie d’Angra, le port des Açores qui dessert la ville d’Angra, un site du patrimoine mondial de l’UNESCO et renommé depuis la période des Grandes découvertes, n’est pas plus grande que 10 terrains de football.  En dépit de sa taille, entre 1522 et 1998 pas moins de 96 naufrages y ont eu lieu. La baie d’Angra a été classée en tant que réserve  archéologie subaquatique en 2005.  Cependant, la baie est à présent  désignée comme le futur lieu d’accueil d’une jetée pour les bateaux de croisière transatlantique. Cela aura un impact sur les dizaines d'épaves historiques qui restent encore à découvrir sous le fond sableux, au-delà des mesures d'atténuation qui pourraient être prises.

Le cas de la baie d'Angra montre que la protection fondamentale du patrimoine culturel subaquatique n'est pas figée. Il montre également que les archéologues marins doivent faire entendre leur voix dans les discussions sur ces développements, leurs localisations et leurs coûts.

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