Pillage

Nuestra Senora de las Mercedes Coins in the hands of a conservator © Spanish Ministry of Culture

Des équipements modernes et des outils technologiques facilitent l'archéologie subaquatique, mais permettent également la chasse au trésor. De vastes pillages se produisent aujourd’hui sous l'eau. Même des sites situés au fond de l'océan ont déjà étés les objets d'une récupération d'artéfacts de manière inappropriée.

Le pillage est défini par le vol d'objets historiques provenant d'un site du patrimoine en violation de la loi. C'est malheureusement un phénomène courant lorsqu'il s'agit d'épaves anciennes ou de gisements d'artefacts subaquatiques.

Diverses communautés peuvent être impliquées, allant de la chasse au trésor occasionnelle par des plongeurs sportifs aux entreprises spécialisées dans la chasse au trésor. De plus, le pillage profane souvent les sites de sépulture.

La Convention de 2001 prévoit de solides mesures empêchant le pillage du patrimoine culturel subaquatique. Elles comprennent des mesures de protection directe des sites, l'interdiction du trafic des artéfacts pillés, la possibilité de la fermeture des ports, la saisie d’artefacts, la sanction et la coopération internationale dans le cadre de l'enquête et de la poursuite.

Tout Etat qui cherche à protéger son patrimoine subaquatique du pillage a un intérêt de ratifier la Convention de 2001.

Quelques cas récents de pillages :

Épave de la Nuestra Señora de las Mercedes, Espagne :

La Mercedes avait plus de 200 personnes à bord lorsqu’elle a coulé en 1804 au cours d’une bataille navale, considéré comme une déclaration de guerre par l’Espagne. Une entreprise de chasse au trésor située en Floride trouva l’épave aux abords du détroit de Gibraltar en 2007 et la pillât. Une bataille judiciaire s’en suivi avant que les tribunaux américains statuent en 2012 que l'entreprise n'avait aucun droit de propriété sur les artéfacts et devait rendre les presque 600.000 pièces d'or et d'argent (17 tonnes) à l'Espagne.

Gisement de Mir Zakah, Afghanistan :

De 1992 à 1995, un des plus grands gisements de pièces de monnaie connus dans l'histoire a été découvert au fond d'un puits situé à Mir Zakah, dans la province de Pakhtia, en Afghanistan. Des pluies torrentielles avaient fait déborder le puits. Le gisement de pièces de monnaie semble avoir contenu plus de quatre tonnes de métal frappé, près de 550.000 pièces principalement d'argent et de bronze et 350 kilogrammes d'or qui ont cependant été pillés et exportés. L'importance particulière de la découverte réside dans les informations qu'elle donne sur les rois de Bactriane et dans une représentation d'Alexandre le Grand sur une médaille.

Les épaves de la bataille du Jutland (Première Guerre mondiale), eaux internationales :

Les sites d'épaves de la bataille de Jutland ont été exploités commercialement par des pillards, qui ont récupéré du métal et des artéfacts, en dépit du fait que cela perturbait des tombes de guerre. Des recherches archéologiques récentes sur 22 navires de guerre du Jutland datant de la Première Guerre mondiale ont montré qu'il y a des preuves de pillage sur au moins 60% des sites, certains plus anciens, mais d’autres beaucoup plus récents, comme par exemple sur le HMS Queen Mary. Les épaves du Jutland, britanniques et allemands, sont un rappel important de l'importance de la paix.

Trésor de la Corse / Trésor de Lava, France :

En octobre 2010, la France a saisi des pièces d'or romaines du 3ème siècle A.D. ainsi qu'une ancienne assiette d'or permettant de relier le tout au Trésor de Lava. Le Trésor de Lava, composé principalement d'antiques matériaux en or romain, a reçu son nom du fait de sa découverte accidentelle par des locaux qui plongeaient dans le golfe de Lava en Corse, il y a environ 25 ans. Le trésor fut rapidement pillé suite à sa découverte. Un suivi attentif du marché numismatique et artistique a finalement permis de découvrir la trace du trésor volé et de le saisir, et ce bien des années après que le pillage ait eu lieu.

L’Epave du Sao Idefonso, Madagascar :

Naviguant sous pavillon portugais, le Sao Idefonso a coulé en 1527 au sud de l'île de Madagascar sur le récif Etoile. Une mission de recherche a attesté de la présence de l'épave sur le site et a observé de nombreux artéfacts, dont des lingots de cuivre et des fusils. Témoins privilégiés des premières explorations portugaises dans l'océan Indien, le Sao Idefonso et sa cargaison immergée ont cependant été rapidement pillés par les locaux. Rien ne reste de l'épave in situ.

Squelette du Yucatan, Mexique :

Un squelette ancien particulièrement important a disparu en 2012 d'un cenote (un gouffre d’effondrement inondé) dans la péninsule du Yucatán au Mexique. Nommé le Jeune Homme de Chan Hol II, le squelette de 10.000 ans a été découvert en 2010 sur le même site qui en 2006 avait précédemment dévoilé un autre squelette de 10.000 ans, le Jeune Homme de Chan Hol. Le squelette est important car les enquêtes suite à la découverte en 2006 du Jeune Homme de Chan Hol, ont suggéré une descendance avec les indonésiens et les peuples d’Asie du sud. Cela contraste avec l'hypothèse commune selon laquelle les premiers peuples à coloniser l'Amérique du Nord et du Sud ont migré d'Asie vers l'Amérique du Nord à travers un pont terrestre reliant la Sibérie et l'Alaska.

 

 

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