Coopération internationale (Règle 8)

© Département de l'archéologie subaquatique de Croatie
L’Apoxyomène in situ, Croatie Les statues en bronze de l’époque romaine de grandeur nature sont très rares, seulement 20 d’entre elles ont été récupérées dont quelques ouvres originales. Les copies sont beaucoup plus fréquemment faites en pierre, une autre spécificité de la médaille de bronze de l’Apoxyomène croate. La statue serait une copie datant du 4ème siècle av. J.-C. Aucune trace d’un naufrage dont elle peut provenir n’a été trouvé, mais on suppose que cette dernière pourrait provenir d’un naufrage qui a eu lieu entre le 1er siècle av. J.-C et le 1er siècle après J.-C. La statue représente un athlète se raclant la peau avec un strigile, un sujet conventionnel de l’ancienne sculpture grecque appelée Apoxymenos. La statue de l’Apoxyomène a été trouvée par hasard en 1997 au large de l’îlot Vela Orjule, près de l’île de Veli Lošinj. L’opération de sauvetage a été effectuée par le personnel du Département du patrimoine archéologique du ministère de la Direction de la Culture pour la protection du patrimoine culturel, assisté par les plongeurs de la police spéciale, en collaboration avec le GRASP (Groupe de Recherche Archéologique subaquatique postmédiévale) et l’OML (Oxford Maritime Ltd.) Le sauvetage de la statue, retrouvée à une profondeur d’à peu près 45 mètres, est devenu encore plus compliqué lorsqu’il a été découvert que la statue présentait de sérieux dommages. Alors que la tête était pratiquement séparée du corps et un certain nombre de fractures a été découvert sous le genou droit et sur l’épaule droite, la statue a été extraite avec succès et sans dommages supplémentaires. La statue a été conservée intacte. Il manque seulement le petit doigt de sa main gauche. La statue a été entièrement recouverte d’une épaisse couche de tartre et à moitié remplie de sable et de sédiments de la mer. Les travaux de conservation et de restauration ont été effectués à l’Institut croate de conservation à Zagreb. La première phase comprenait un dessalement, suivie d’une élimination mécanique de l’incrustation et d’une consolidation des fractures. Une structure d’appui a été construite pour lui permettre de se tenir debout. L’Apoxyomène croate est certainement l’une des découvertes archéologiques les plus spectaculaires jamais extraite de la mer Adriatique. L’Apoxyomène le plus connu a été fait par Lysippe au 4ème siècle av. J.-C. La fabrication des statues d’athlètes est le plus souvent associée à la victoire des Jeux olympiques et elles représentent un don votif du Dieu et une expression de fierté et de gloire du vainqueur apportée à sa ville. L’Apoxyomène a également été représenté sur les stèles, les reliefs et les statuettes. L’Apoxyomène croate ressemble beaucoup à celui conservé à Vienne. La statue a été trouvée en 1896 et serait un original.

Le principe général est que la coopération internationale doit être encouragée. Le patrimoine culturel subaquatique est un parfait exemple, s’il en est, d’élément international du patrimoine. Quoi qu’il en soit, la protection et la gestion, y compris la gestion des interventions sur ce patrimoine, relèvent des différents États, qui ont chacun autorité pour s’occuper de cette question. Toutefois, les États qui ratifient la Convention de 2001 le font en comprenant qu’ils agissent de manière responsable, non seulement pour leur compte propre, mais pour le compte de tous les autres États parties. C’est en fait la condition qui leur permet d’agir en tant qu’États coordonnateurs dans des zones maritimes telles que la zone économique exclusive, le plateau continental ou la Zone (Articles 10 et 12 de la Convention).

En dehors même de la compréhension du fait que chaque État contribue à un objectif plus vaste, le partage dans le cadre de la coopération internationale est le moyen de progresser. L’intérêt du patrimoine ne se limite pas à un groupe ou un pays spécifique, même si l’intérêt et l’enjeu peuvent être très importants pour ce groupe ou ce pays. Des liens vérifiables existent partout, car le patrimoine est le résultat de l’histoire compliquée et profondément entrelacée de l’humanité.

La coopération est bénéfique, tout particulièrement dans la recherche et le partage de l’expertise. De tous les niveaux de coopération internationale existants, c’est donc en particulier les échanges d’archéologues et de spécialistes d’autres professions concernées qui sont visés par la Règle 8.

Un moyen d’améliorer la coopération internationale est la participation aux réunions des États parties de la Convention de 2001 et de son Conseil consultatif scientifique et aux réunions régionales et programmes de formation de l’UNESCO. Un autre est l’engagement de professionnels au sein de groupes comme l’ICOMOS et son comité scientifique international ICOMOS-CIPCS, ou d’autres organisations qui se préoccupent du patrimoine culturel subaquatique et contribuent à fixer des normes, telles que l'Advisory Council on Underwater Archeology – Society for Historical Archeology (ACUA-SHA), l'Australasian Institute for Maritime Archeology (AIMA), la Société allemande pour la promotion de l’archéologie subaquatique (DEGUWA), le Joint Nautical Archeology Policy Committee (JNAPC) en Angleterre, ou la Nautical Archeological Society (NAS), selon la région.

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Coopération en matière de recherche

 Dans le domaine de l’archéologie subaquatique où le nombre de professionnels très qualifiés est encore limité et où de nombreux sites doivent être traités et faire l’objet de recherches dans le cadre d’une comparaison internationale, il est recommandé d’établir des agendas de recherche régionaux ou multinationaux en fixant les priorités de projets de recherches conjointes. Ces agendas de recherche pourraient par exemple traiter de la comparaison entre les installations préhistoriques et l’utilisation des plateformes continentales subaquatiques dans différentes régions. Ils pourraient s’intéresser aux preuves de voyages maritimes précoces qui ont permis le peuplement de la Terre. Ils pourraient viser les transports maritimes qui ont permis les contacts entre différentes régions, à travers une ou plusieurs mers, au cours d’une période particulière de l’antiquité. Ou ils pourraient s’attacher au développement d’une catégorie spécifique de navires, qu’il s’agisse de multicoques du Pacifique, de navires baleiniers, de praos de Macassar, de dhows arabes, de jonques chinoises, de navires de la Compagnie des Indes Orientales, de galions espagnols, de clippers du thé américain, de transports de troupes, de transports d’esclaves ou de transports de pèlerins, de conscrits et d’immigrants, de sous-marins individuels, de cuirassés ou de toute autre catégorie de navires. L’établissement d’un agenda de recherche aussi inclusif devra faire intervenir des chercheurs venus des États de départ, de passage, de destination et de ceux où ont eu lieu les naufrages. Ces projets de recherche offriraient une bonne base pour la poursuite de la recherche et de la coopération internationale.

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Partenaires et domaines de coopération

La Convention s’appuie sur la coopération internationale.
Elle stimule la coopération à tous les niveaux:

  • entre les États parties,
  • entre leurs autorités compétentes,
  • entre leurs experts,
  • entre les professionnels,
  • entre les plongeurs et autres parties intéressées, et,
  • entre les chercheurs internationaux.

Les domaines particuliers de coopération sont :

  • la Convention elle-même et ses Directives opérationnelles,
  • la gestion des sites avec des liens multiples et vérifiables,
  • la gestion des sites en eaux internationales,
  • les échanges d’expertise,
  • la formation,
  • la définition d’agendas et de projets de recherche coopératifs.

Les organisations professionnelles et non gouvernementales travaillent en coopération au niveau de l’État et assurent une plateforme de coopération à tous les autres niveaux. Elles comprennent :

  • ICOMOS – CIPCS, avec ses pouvoirs de conseil sur les questions de politique mondiale ;
  • ACUA-SHA, avec ses pouvoirs de conseil sur les questions de politique mondiale, et qui traite de l’archéologie historique ;
  • les universités qui coopèrent dans les programmes internationaux de formation ;
  • NAS, avec ses pouvoirs d’information et de sensibilisation au sein de la communauté des plongeurs ;
  • AIMA, qui se concentre sur la région australasienne ;
  • les groupes organisant des conférences archéologiques internationales pertinentes telles que IKUWA et ISBSA;
  • beaucoup d’autres organisations régionales ou locales.
     
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