L’importance historique du patrimoine subaquatique de la Première Guerre mondiale

Le Slava, un cuirassé de guerre de la marine impériale russe.

Le patrimoine culturel subaquatique de la Première Guerre mondiale est un témoin spécial de l’histoire. Il est encore très peu visible, fait l’objet de peu de recherches et est mal compris. L’histoire navale de la Première Guerre mondiale qui a été relatée fait état de combats, de stratégies, de technologies et de pouvoir. Elle parle de courage, de patriotisme et de confrontations sanglantes. Mais les sites des épaves, remplis de vestiges de ceux qui sont tombés au combat, nous racontent aussi une histoire différente. La plupart des épaves sont des sites mortuaires. Les rapports sur les navires naufragés ou sur la récupération des morts parlent de souffrances immenses et de douleur, ils sont un appel à la paix. La visite de ces anciennes épaves de nos jours nous en apprend encore plus. Celles-ci nous apprennent que la guerre résulte de la politique, mais elles sont aussi la conséquence de personnes qui meurent, de familles qui sont séparées, de jeunes hommes qui périssent. Elles nous rappellent des mères qui perdent leurs enfants, des jeunes hommes leurs espoirs et des générations ont perdu la chance d'avoir un futur sûr et heureux.

Le patrimoine plaide pour la paix et la réconciliation, en nous racontant la tragédie humaine de la guerre dans chacune de ses histoires. 

Le patrimoine de la Première Guerre mondiale peut ainsi raconter une partie manquante de la véritable histoire – l’histoire telle qu’elle était vécue par les hommes et les femmes ordinaires. Staline disait cyniquement « Une mort est une tragédie ; un million une statistique ». Mais le patrimoine nous aide à toujours empêcher les êtres humains de devenir des statistiques et nous permet de nous rappeler de chaque histoire, chaque vie et chaque mort. Le patrimoine permet de sentir et de comprendre. Il nous transmet les émotions des victimes d’une bataille ou d’un conflit d’une manière palpable et touchante.

Les sites et artefacts du patrimoine tangible sont un outil impressionnant pour prouver ce qui s’est déroulé dans le passé. Alors que les comptes-rendus sont écrits par une société en son temps, avec sa propre compréhension, et sont influencés par l’opinion des parties victorieuses, le patrimoine se pose en témoin objectif. Les livres d’histoire tendent à oublier les voix des peuples qui ne sont pas en position de force, ou les voix qui ne sont pas utiles aux discours politiques – les voix des femmes, des ouvriers et des minorités. Ils tendent également à oublier les histoires quotidiennes, de souffrance, de perte, d’anxiété. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’au sortir d’une guerre, une autre, plus sanglante, est en préparation, comme cela a été le cas pour la Première Guerre mondiale. 

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