31.10.2012 - UNESCO Office in Dakar

Une jeune diplômée témoigne : Ma bataille pour décrocher un emploi

Fatim Diop a obtenu un Master mais ne trouve pas un emploi ©UNESCO/Anne Muller

Voici le témoignage d'une jeune femme diplômée et au chômage fait lors du lancement du Rapport mondial de suivi sur l'Education pour tous à Dakar, Sénégal (29 octobre 2012).

 

Je m’appelle Fatim Diop, j’ai 25 et je suis étudiante en ingénierie juridique, Banque Assurance, à l’Université Dakar Bourguiba au Sénégal. Je viens de terminer mon Master.

Depuis lors et avant même, je suis à la recherche de stage et d’emploi mais je n’ai pas encore reçu de réponse positive. Le chômage ne cesse de progresser d’année en année dans notre pays, et ceci est un véritable problème pour nous les jeunes diplômés.

A la recherche de l’expérience

J’ai commencé à déposer des demandes de stage depuis ma 2ème année à l’université pour au moins m’exercer dans le milieu professionnel durant les vacances. Mais j’espérais l’obtenir jusqu'à ce que les cours reprennent à l’université.

Arrivée à ma 3éme année, je déposais en même temps des demandes de stage et d’emploi qui restaient sans suites.Finalement à ma 4ème année, j’ai obtenu un stage de moins d’un mois grâce à l’appui d’une connaissance.

Durant ce stage, j’accomplissais les mêmes tâches que les employés mais il n’y avait pas de rémunération pour les stagiaires ni de quoi se payer le transport.

Ce qui fait le plus mal dans ces stages c’est qu’on le fait juste pour être de passage dans ces entreprises car à chaque fois que l’on y postule pour leur recrutement, on n’est pas pris. On va même finir par oublier qu’on y était une fois.

Trop d’écoles de formation

En ce qui concerne les facteurs bloquant l’emploi des jeunes, le problème majeur qui se pose est que les entreprises exigent aux jeunes diplômés d’avoir les expériences professionnelles de 3 à 4 ans.

C’est un phénomène que nous déplorons vraiment car comment nous les jeunes nous pouvons faire pour décrocher des emplois dans ces entreprises puisque nous n’arrivons même pas à y obtenir des stages de 4 à 6 mois.

Au Sénégal, il y a un autre problème et c’est le nombre d’écoles de formation et d’universités privées dans ce pays.

Est-ce qu’il n’est pas temps, au lieu de multiplier chaque année des écoles de formation et d’universités privées, de créer et promouvoir l’emploi des jeunes.

Est-ce que ce phénomène encouragerait les jeunes à suivre des études de haut niveau ? Non, la plupart des étudiants souhaitent juste avoir la licence parce qu ils se disent tout simplement que ça ne sert à rien de poursuivre de longues études pour enfin être au chômage.

Je ne me décourage pas

Certes nous nous mettons quotidiennement à la recherche d’emploi. J’ai planifié un emploi du temps que je respecte sérieusement à savoir du lundi au vendredi je pars à la recherche d’un emploi dans les coins et recoins de la ville.

A chaque fois que je vois l’affiche d’une société qui répond aux besoins de ma formation, j’y dépose tout en espérant qu’un jour je pourrai obtenir ce travail qui m’est cher et, mettre en pratique les connaissances que j'ai acquises.

Malgré tout cela, je me dis toujours que chaque jour vécu, c’est une opportunité, un nouvel espoir et une nouvelle chance qui se présentent pour aller de l’avant et je ne baisserai jamais les bras.

Nous avons droit à l’emploi

Il est temps aussi que nos gouvernements soient bien conscients de ce chômage qui règne partout et à cette problématique de l’emploi des jeunes.

Le chômage est l’un des facteurs qui bloquent le développement de notre pays et tout pays qui met en dernière position son élite intellectuelle encourage certainement le sous développement.

Nous les jeunes nous sommes l’avenir de notre pays, l’avenir de demain, l’avenir du monde entier. Si nous sommes négligés à ce point que va devenir notre pays ? Que va devenir le monde de demain.

Nous avons fait notre devoir qui consiste à étudier. Maintenant nous avons droit à l’emploi, droit à mettre en valeur nos connaissances acquises.




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