12.02.2018 - UNESCO Office in Dakar

Le financement de l’éducation en Afrique de l’Ouest et du Centre en ligne de mire lors de la Conférence de financement du GPE

©UNESCO

Dans le cadre de la Journée du partenariat de la Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) (Dakar, 1-2 février 2018), l'Équipe de travail sur le renforcement des systèmes éducatifs du Groupe régional de coordination sur l’ODD4-Education 2030 (GRC4-AOC) a organisé un panel sur « Le financement de l'éducation en Afrique de l'Ouest et du Centre ». Les directrices de la Commission Education et de Education Cannot Wait, ainsi que le coordinateur du Pôle de Dakar (IIPE-UNESCO) et le conseiller régional pour l'éducation de l'UNICEF, ont partagé leurs réflexions sur le financement de l'éducation dans la région dans des contextes de développement et humanitaires, et ont discuté des perspectives d'avenir à la lumière de l’ODD4-ED2030.

Alors que les États d'Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) font d'importants efforts budgétaires pour améliorer leurs systèmes éducatifs, atteignant en moyenne 24,5 % des dépenses publiques courantes consacrées à l'éducation, de graves déficits de financement subsistent et des améliorations dans l'efficacité des dépenses et une répartition équitable sont nécessaires. L'aide extérieure à l'éducation a diminué dans la sous-région, tombant à 0,51% du PIB en 2015. Ces déficits de financement se traduisent par une part croissante des dépenses d'éducation supportées par les ménages - près de 50 % dans certains pays - et compromettent l'accès équitable et les résultats d'apprentissage adaptés pour tous.

Le financement de l'éducation dans les contextes humanitaires est particulièrement difficile en AOC, alors que l’on sait que l'éducation sauve des vies, restaure un sentiment de normalité et de sécurité pour les enfants et les jeunes, et constitue un point d'entrée essentiel pour d'autres secteurs de la réponse humanitaire, tels que la protection, la santé ou la nutrition. Les chiffres montrent que l'éducation n'est pas une priorité dans les interventions humanitaires et qu'elle est le secteur le plus sous-financé de la réponse humanitaire, l'AOC présentant la pire situation notamment avec plusieurs crises prolongées. Bien que les volumes de financement de l'éducation dans les situations humanitaires aient augmenté, ils restent nettement inférieurs aux besoins.

Après avoir présenté les défis auxquels la région est confrontée, les panélistes ont débattu de la voie à suivre, en proposant des pistes de réflexion concrètes sur la base des recommandations du Rapport de la Commission Éducation et du Cadre d'action Education 2030, entre autres. Étant donné que la responsabilité première de l'éducation incombe aux gouvernements nationaux, il sera crucial non seulement de mobiliser des ressources nationales accrues, mais aussi d'améliorer leur efficacité et leur efficience. Il est tout aussi essentiel d'assurer une répartition équitable de ces ressources afin qu’elles bénéficient d'abord et avant tout aux populations les plus à risque de ne pas apprendre.

Parmi les autres recommandations formulées figure la mise au point de mécanismes de financement novateurs, par exemple par le biais de partenariats public-privé dans l’EFTP et l'enseignement supérieur, ou un mécanisme d'investissement de la Banque multilatérale de développement pour l'éducation. La nécessité d'accroître le financement international et de renforcer son efficacité à travers l’harmonisation, une meilleure coordination et la création de nouvelles alliances, tout en renforçant la capacité des pays à débourser les fonds, a également été jugée essentielle. En ce qui concerne les contextes humanitaires, Education Cannot Wait a été créé pour répondre de manière novatrice aux besoins de financement. Le Fonds mettra davantage l'accent sur l'AOC au cours des années à venir, non seulement en y consacrant plus de ressources (directement ou par le biais d'activités de plaidoyer), mais aussi en promouvant une approche différente de l'éducation dans les situations d'urgence, avec une coordination accrue, une programmation conjointe et une meilleure responsabilisation.

Ces discussions productives et opportunes alimenteront les réflexions actuelles sur le financement de l'éducation dans le cadre des activités de l’Equipe de travail sur le renforcement des systèmes éducatifs en vue de l'intégration de l’ODD4 dans la planification nationale de l'éducation.

Coordination & informations supplémentaires: Lily Neyestani-Hailu, Lead de l’Equipe de travail sur le renforcement des systèmes éducatifs

SDG4-Education 2030 Coordination




<- retour vers Bureau de l'UNESCO en Dakar
Retour en haut de la page