18.09.2012 -

« Etre à l’avant-garde en matière de protection du patrimoine en Afrique »

Le ministre de la Culture et du Tourisme au Sénégal, Youssou N'Dour et la directrice de l'UNESCO-Dakar Ann Therese Ndong-Jatta répondent aux questions de la presse. © Tine Ismaël

Le Ministre de la Culture et du Tourisme du Sénégal, S. Exc. M. Youssou N’Dour, a ouvert l’atelier sous-régional sur la lutte contre le trafic illicite de biens culturels en Afrique de l’ouest le 17 septembre 2012. Lors de son allocution, il a annoncé que l’Afrique doit être à l’avant-garde de la protection du patrimoine culturel.

« Nous devons utiliser les “les autoroutes de l’information” tels que l’Internet et d’autres ressources numériques pour renforcer les connaissances et la protection du patrimoine culturel », a dit le Ministre devant le groupe de 40 participants venus de 15 pays d’Afrique de l’ouest.

L’atelier sous-régional est organisé par l’UNESCO Dakar du 17 au 19 septembre 2012 avec le soutien du Fonds d’urgence de l’UNESCO et le gouvernement des Pays- Bas.

M. Youssou N’Dour a mis l’accent sur la nécessité de sensibiliser davantage à la question de la défense du patrimoine.

Mieux connaître pour mieux protéger

« Nous devons approfondir notre travail d’identification des sites et des objets culturels pour protéger efficacement notre patrimoine culturel », a-t-il annoncé. «Cela ouvrira la voie à un processus de numérisation et d’archivage et facilitera l’accès à l’information pour les experts et les professionnels ainsi que pour la population qui a aussi un rôle à jouer dans la protection de son patrimoine », a-t-il ajouté.

Le Ministre souhaite voir émerger une meilleure communication entre les pays d’Afrique de l’ouest concernant leurs patrimoines culturels respectifs. « Une communication plus directe entre eux permettra de mettre en avant notre patrimoine régional commun et d’harmoniser nos politiques de protection du patrimoine », a-t-il précisé.

L’art africain en vogue

La Directrice du Bureau régional de l’UNESCO à Dakar, Ann Therese Ndong-Jatta, a souligné dans son discours que le marché mondial de l’art explose en Europe, aux Etats-Unis et en Asie.

« Internet facilite les transactions qui se concrétisent à des vitesses inédites, la demande est insatiable et l’art africain est en vogue », a-t-elle indiqué.

Pour renforcer la lutte contre le trafic illicite à échelle globale, l’UNESCO organise une série d’ateliers de formation en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi qu’en Europe du Sud-est.

Menée par l’UNESCO et ses partenaires, l’Ecole du Patrimoine Africain (EPA), le Musée national du Mali, UNIDROIT, INTERPOL et les services de police spécialisés, cette rencontre à Dakar est la première de six ateliers de formation prévus dans le cadre de ce programme de renforcement des capacités.

Elle réunit les meilleurs experts, des professionnels, dont des représentants des Ministères de la Culture, des professionnels de la culture et du patrimoine, des avocats, des officiers de police et de douane ainsi que des représentants d’Interpol issus des bureaux nationaux et régionaux.

Des risques élevés au Mali

Evoquant la crise qui sévit actuellement au Mali mettant en danger son riche patrimoine, Ann Therese Ndong-Jatta invite toutes les parties prenantes à mobiliser leurs forces pour développer des moyens d’action permettant d’améliorer la protection du patrimoine culturel régional, notamment par le renforcement de la coopération au niveau national et régional pour mieux prévenir et lutter contre le trafic illicite des objets culturels.

« Les sites maliens inscrits sur la liste du patrimoine mondial sont soumis à des risques élevés de pillages et d’endommagement et le risque de trafic illicite de biens culturels est bien réel », a déclaré Mme Ndong-Jatta, ajoutant que cela souligne le besoin d’une coopération régionale renforcée entre les professionnels de la culture et du patrimoine, les marchands d’art, les officiers de police et de douane et les médias.

Une conférence de presse aura lieu à la fin de la rencontre le 19 septembre à 16 heures à l’UNESCO Dakar (BREDA).




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