28.02.2014 - UNESCO Office in Dakar

Lancement du Rapport de suivi sur l’EPT 2013-2014 au Sénégal

© UNESCO/Tine Ismaïla

Le Sénégal a fait d’importants progrès vers la réalisation de l’enseignement primaire universel grâce à un taux d’achèvement du primaire qui est passé de 60% en 2010 à 63% en 2011, mais aussi grâce à un taux net de scolarisation qui pourrait atteindre plus de 80% en 2015, selon le Rapport mondial de suivi EPT 2013-2014, publié par l’UNESCO.

Mais le Rapport annonce que sur la base des tendances actuelles, Sénégal et trois autres pays de l’Afrique de l'Ouest - le Burkina Faso, le Mali et le Niger - n'atteindront pas l’Enseignement Primaire Universel avant 2070. Le Rapport mondial de suivi EPT 2013-2014 a été lancé à Dakar le mercredi 26 février 2014 lors d’un événement organisé par la Commission Nationale de l’UNESCO au Sénégal dans la salle de conférence de l’UNESCO Dakar.

Le rapport porte sur le thème «Enseigner et apprendre : atteindre la qualité pour tous».

Le lancement s’est déroulé en présence du Secrétaire général du Ministre de l’Education nationale, de la représentante de la Directrice de l'UNESCO Dakar, du Chef de la division Education de la Commission nationale pour l’UNESCO ; de la représentante de la Direction de la Planification et de la Réforme de l’Education, de la Directrice des Ressources Humaines, de spécialistes de programme de la section Education au BREDA et au Pôle de Dakar/IIEP ; de chercheurs, syndicalistes, de formateurs des formateurs, de directeurs nationaux, et devant une forte mobilisation de la presse.

Progrès réalisé

Pour ce qui concerne les autres objectifs de l’Education pour tous au Sénégal, le rapport met en avant les conclusions suivantes :

Sur l’alphabétisation des adultes, le Sénégal est passé d’un taux d’alphabétisation de 27% à 50% entre 1988 et 2009. Au même moment, le Sénégal a plus que doublé ses scores en alphabétisation des femmes, qui sont passés de 18% en 1988 à 39% en 2009. Toutefois, si aucune mesure active n’est mise en place pour lutter contre l’analphabétisme dans les groupes les plus défavorisés, le Sénégal attendra 2060 pour résoudre l’analphabétisme des filles les plus riches ou 2100 pour résoudre l’analphabétisme des filles les plus pauvres.

Sur la parité et l’égalité entre les sexes en éducation, le Sénégal a fait de rapides progrès mais les taux de scolarisation sont restés parmi les plus faibles à l'échelle mondiale. En effet, même si le Sénégal a atteint la parité en 2006, il a encore le 9e plus bas taux brut de scolarisation primaire dans le monde. Enfin, les progrès réalisés dans l’achèvement du primaire ont creusé l’écart entre garçons pauvres et filles pauvres : en 2005, il y avait très peu de différence dans les taux d’achèvement des enfants pauvres, qui étaient très faibles ; mais en 2010, 20% des garçons pauvres achevaient l’école primaire contre seulement 12% des filles pauvres.

A propos de la qualité de l’éducation le Rapport montre que le Sénégal fait partie des pays où le ratio élèves/enseignant a baissé d’au moins 20% entre 1999 et 2011. Mais moins de 50% d’enseignants sont formés selon les normes nationales ; le sous-secteur du préscolaire ne disposant que de 15% d’enseignants formés. Ce qui fait qu’il y a un important écart entre le ratio élèves/enseignants (qui est inférieur à 40 élèves) et le ratio élèves/enseignant formé (qui est supérieur à 60 élèves).

Pour mettre fin à la crise de l’apprentissage, le Rapport suggère d’accorder une attention particulière aux « défavorisés », qui sont les femmes, les pauvres, les habitants des zones rurales et les minorités ethniques. En effet, la pauvreté prive les enfants de la possibilité d’apprendre, sans oublier qu’être femme et pauvre est un double handicap.

Ainsi, au moment où la jeune fille de Dakar a plus de 50% de chances d’être alphabétisée, celle de Tambacounda n’a que légèrement 10% de chances d’apprendre les éléments fondamentaux. De plus, être né dans un groupe ethnique ou linguistique minoritaire peut gravement affecter les chances d’un enfant d’aller à l’école.

Le Rapport mondial de suivi EPT 2013-2014 formule les recommandations suivantes :

  1. Les nouveaux objectifs de l’éducation post-2015 doivent comprendre un engagement explicite en faveur de l’équité de sorte que tous les enfants aient la même chance de recevoir une éducation.
  2. Les nouveaux objectifs doivent fixer des cibles claires et mesurables ainsi que des indicateurs qui permettront de suivre les progrès des plus défavorisés. Les nouveaux objectifs post-2015 doivent faire en sorte que chaque enfant soit scolarisé et apprenne les bases. Les enfants ont non seulement le droit d’aller à l’école mais aussi d’y apprendre, et d’en ressortir avec les compétences dont ils ont besoin pour trouver un emploi stable et bien payé.
  3. S’assurer que les meilleurs enseignants atteignent les apprenants qui ont le plus besoin d’eux. Les plans nationaux d’éducation doivent inclure un engagement explicite à atteindre les marginalisés. Les enseignants doivent être recrutés au niveau local ou avoir des antécédents similaires à ceux des apprenants défavorisés. Chaque enseignant a besoin d’une formation initiale et continue sur les moyens de concentrer l’aide sur les enfants défavorisés. Des incitations doivent être fournies afin de s’assurer que les meilleurs enseignants travaillent dans les régions isolées et mal desservies. Les gouvernements doivent s’efforcer de retenir leurs meilleurs enseignants, en leur offrant un salaire qui réponde au moins à leurs besoins fondamentaux, de bonnes conditions de travail ainsi qu’une perspective de carrière.

Les six objectifs de l’éducation pour tous 2015

 

C’est en 2000, lors du Forum mondial sur l’éducation de Dakar (Sénégal), que 164 pays se sont engagés à atteindre, en 2015, les six objectifs de l’éducation pour tous (EPT) et d’améliorer ainsi très largement les possibilités d’apprentissage ouvertes à leurs populations jeunes et aux adultes. Les organisations internationales, pour leur part, ont fait la promesse qu’aucun pays engagé dans cet effort n’en serait empêché par un manque de ressources. S’est alors imposée la nécessité de disposer d’un suivi régulier et rigoureux des progrès réalisés en direction des six objectifs de Dakar, d’identifier les stratégies prometteuses et de veiller à ce que les gouvernements et les bailleurs de fonds tiennent leurs engagements. D’où le Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous, dont la première édition date de 2002.




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