06.04.2017 - UNESCO Office in Dakar

L'école de maintien de la paix et le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile au Mali adoptent le programme de l'UNESCO sur le Maintien de l’ordre et respect de la liberté d’expression

©UNESCO

Du 28 au 30 mars à Bamako Mali, une formation de 26 formateurs du ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, de l'École de Maintien de la Paix (EMP) et des professionnels des médias a eu lieu à l’EMP. L'objectif de la formation était de renforcer les compétences des pédagogues pour former les forces de sécurité maliennes sur la manière de garantir les droits des citoyens à la liberté d'expression et à l'accès à l'information et à assurer la sécurité des journalistes dans le pays. La formation de trois jours s’est tenue après quatre formations précédentes des forces de sécurité maliennes sur la liberté d'expression et la sécurité des journalistes qui ont eu lieu en juin et novembre 2016. La formation, développée suite aux recommandations des participants précédents, pour renforcer la capacité des pédagogues sur le sujet afin d'adopter officiellement le programme de l'UNESCO sur le maintien de l’ordre et respect de la liberté d’expression à l'École de maintien de la paix et au ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, a été coordonnée par l'UNESCO en partenariat avec le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Le projet a également reçu un soutien technique du royaume du Norvège.

La promotion d'un environnement propice à la liberté d'expression, à la liberté de la presse et à la sécurité des journalistes, ainsi qu'au pluralisme des médias et d’institutions médiatiques durables et indépendantes fait partie intégrante du mandat des Nations Unies. Cet atelier de formation s'est déroulé dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d'Action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, mené par l'UNESCO et approuvé par le Conseil d'administration des Nations Unies le 12 avril 2012, et par l'Assemblée générale des Nations Unies Résolution (A / RES / 68/163) (2013). Le Plan d'action a été élaboré dans le but de coordonner les efforts de divers acteurs dans ce domaine. « Nous devons rappeler que la promotion et la protection des droits de l'homme, y compris celles des journalistes et des femmes défenseurs des droits de l'homme, contribuent à assurer l'accès à l'information dans toutes les sociétés, en particulier dans les situations de conflit et post-conflit. La protection des droits de l'homme, à long terme, assure la consolidation de la paix, la gouvernance démocratique, le développement durable et la lutte contre l'impunité » a souligné Guillaume Ngefa, qui représentait le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. « C'est pourquoi les forces de sécurité doivent être conscientes des principes fondamentaux des droits de l'homme, y compris la protection et la sécurité des journalistes dans une démocratie, ainsi que leur rôle important d’assurer un environnement propice à la sécurité, tellement essentiel pour garantir la liberté d'expression, la liberté de la presse et les droits de l'homme dans son ensemble », a souligné Pierre Saye, qui représentait le Bureau de l'UNESCO au Mali.

Au cours de la formation de trois jours, les participants ont discuté de la façon de former les forces de sécurité, sur la gestion des relations avec les médias et les journalistes, et ont mis au point des exercices pratiques, basés sur le curriculum de l'UNESCO pour les agents et les membres de la presse, sur la façon de résoudre des cas spécifiques qui pourraient générer des incidents. En outre, les participants ont été formés aux normes internationales relatives à la liberté d'expression et à l'accès à l'information, à la jurisprudence de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples et à la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, et à la législation nationale concernant la liberté d'expression et l'accès à l’information au Mali.

« J'ai apprécié l'approche pragmatique de la formation, avec des exemples concrets et des exercices pratiques basés sur le programme qui nous a permis, en tant que formateurs, d'adapter facilement le contenu au contexte malien et d'assurer un dialogue durable entre les médias et les forces de sécurité. Après les formations de juin et novembre auxquelles j'ai participé et par la suite été pédagogue adjoint, j’ai senti la différence dans mon travail quotidien et au poste de police concernant mes relations avec les médias. Cette formation des formateurs est importante pour assurer la continuité institutionnelle afin que nos relations continuent de croître », a souligné Kaly Diakité, sergent de police et pédagogue du ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. « Grâce à cette formation, j'ai compris l'importance de veiller à ce que les parties prenantes comprennent que les professionnels des médias et les forces de sécurité ont le même objectif d'assurer l'accès à l'information publique, malgré nos différentes approches. Cette formation est une étape importante pour assurer des plateformes de coopération entre nous. Je comprends également que des normes professionnelles pour les journalistes et les forces de sécurité, et la formation qui a lieu à cet égard, sont essentielles pour s’assurer de relations basées sur le respect entre nous. Les journalistes et les forces de Sécurité, à travers cette formation, ont compris qu’ils ne sont pas des adversaires mais des collaborateurs qui travaillent pour la même communauté » a souligné Seydou Traoré, professionnel des médias de la radio Mikado FM. « Les forces de sécurité et les professionnels des médias sont indispensables et complémentaires pour préserver la dynamique du développement et la stabilité en Afrique de l'Ouest", a déclaré Kouider Zerrouk, Chef de la communication et de l'information publique d’UNOWAS.

Le 31 mars, une réunion technique a eu lieu entre l'UNESCO et les représentants du HCDH, des pédagogues du ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, et des pédagogues de l'École de maintien de la paix. Le résultat principal de la réunion a été l'adoption officielle par l'École de maintien de la paix et par le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile du manuel de formation produit par l'UNESCO sur le Maintien de l’ordre et respect de la liberté d’expression. « Toutes les composantes nécessaires à la coopération existent, mais souvent les professionnels des médias et les forces de sécurité ne se comprennent pas. Ces formations et l'adoption du programme sont l'occasion de veiller à ce que les parties prenantes et les défenseurs de la liberté d'expression dialoguent les uns avec les autres, avec un objectif commun qui est la construction de la paix, une condition sine qua non de la sécurité »a souligné le Colonel Joseph Calvez, représentant le directeur général de l'école de maintien de la paix à Bamako. Réfléchissant sur l'importance d'assurer la durabilité des formations pour les forces de sécurité sur la liberté d'expression et les droits de l'homme au Mali, le colonel Deh, représentant du ministre de la Sécurité et de la Protection Civile a souligné, citant Koffi Annan, « qu’il n'y a pas de développement sans sécurité, et pas de sécurité sans développement. Il n'y a ni sécurité ni développement sans droits de l'homme. » Évoquant que, depuis 1993, le Mali célèbre annuellement la Journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai, le ministère a rappelé que le pays garantit la liberté d'expression et la liberté de la presse dans l'article 7 de sa Constitution adoptée en 1992, et a félicité l'adoption du programme de l'UNESCO comme une autre étape garantissant les droits fondamentaux de l'homme dans le pays.

À titre de suivi, des plans sont en cours pour assurer une formation continue, en partenariat avec le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile et l’EMP, des pédagogues des forces de sécurité maliennes sur la liberté d'expression et les droits de l'homme, afin d'assurer la disponibilité de la formation dans d'autres régions du Mali, la traduction des modules pertinents du programmes en bambara et le développement d'un module concernant spécifiquement la réglementation et la législature régionales et nationales sur la liberté d'expression et l'accès à l'information. Avec des pédagogues de haut niveau à l'école de maintien de la paix et au ministère qui sont maintenant formés dans le domaine, l'UNESCO continuera d'accompagner l'école et le ministère dans l'intégration du cours au sein du programme de base et s’assurera que les pédagogues soient équipés pour former d'autres membres des forces de sécurité de la sous- région.

Pour écouter le débat sur Radio Mikado FM entre les forces de sécurité, les médias et l'UNESCO concernant l'impact de la formation, cliquez ici :

https://soundcloud.com/mikado-fm/table-ronde-de-formation-des-journalistes-sur-les-forces-de-securite




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