24.01.2012 - UNESCO Office in Dakar

Introduire l’histoire de l’Holocauste et des génocides dans les programmes éducatifs

© UNESCO/Tine IsmaëlAn exhibition called "the Holocaust in Europe" was part of the event organized on 23 January 2012 in UNESCO Dakar.

Le Holocauste et les génocides ont fait l’objet d’une vidéoconférence le 23 janvier 2012 entre l’UNESCO et son bureau régionale pour l’éducation en Afrique (BREDA), situé à Dakar à l’occasion de la Journée internationale en mémoire des victimes de l’Holocauste.

Le débat, présidé par le ministre de l’éducation du Sénégal, M. Kalidou Diallo, a mis l’accent sur l’histoire de l’Holocauste, les structures des phénomènes génocidaires et le rôle de l’éducation dans la prévention. Les participants ont notamment fait le lien entre l’holocauste et le génocide des tutsi du Rwanda.

Caractéristiques d’un génocide

Les éléments essentiels qui caractérisent un génocide ont été relevés à savoir que :

  • les victimes sont membres d’un groupe national, ethnique ou religieux ;  
  • ils sont tués ou persécutés pour leur appartenance à ce groupe ;
  • ce crime collectif est planifié et commis par les détenteurs du pouvoir de l'Etat, en leur nom ou avec leur consentement exprès ou tacite.
  • les enfants sont les cibles principales pour « éradiquer la source »

Le négationnisme a été également évoqué, comme un élément consubstantiel au processus génocidaire lui-même.

"La négation d’un génocide est une composante du crime. Elle est tissée avec le crime. C’est une stratégie de destruction de la vérité et de la mémoire" a souligné Georges Bensoussan, historien français spécialisé dans l'holocauste.

Une véritable industrie du meurtre

Outre ces caractères communs, les génocides ont chacun leurs spécificités qu'il convient aussi d'analyser dans leur contexte historique propre pour mieux en connaître les signes annonciateurs et en éviter la répétition.

Le génocide des juifs par exemple était conçu comme une politique globale visant à « épurer » le monde d’un élément nuisible, de façon systématisée :

« Mais le plan nazi avait un objectif supplémentaire : la remise en question d’une éthique du respect absolu de la vie et de l’égale dignité des hommes» a rappelé le Professeur Bensoussan. «La Shoah n’est donc pas seulement un génocide parmi les génocides, mais un acte délibérément anti-éthique, une tentative de reconstruire l’humanité sur le modèle de l’animalité, par l’application de la sélection naturelle  ».

« Concernant les moyens utilisés pour l’extermination, il s’agit d’une véritable industrie du meurtre, » a t-il ajouté, rappelant la particularité du système nazi d’extermination, c'est-à-dire la mise en place de centres de mise à mort.

D’autres aspects de la mise en œuvre de politiques génocidaires ont été analysés, comme l’idéologie et la propagande. Les participants ont rappelé par exemple le cas du Rwanda, et la campagne médiatique dévastatrice menée par la tristement célèbre Radio Télévision des Milles Collines, organe de propagande en grande partie responsable du génocide de la minorité tutsi.  

« La participation de la population rwandaise au génocide a été d'une importance inimaginable, » a souligné Mme Eugénie AW, ancienne Directrice de l’Ecole de journalisme CESTI à Dakar, qui connaît bien le Rwanda.

Prévenir les génocides par l’éducation

Les participants au débat ont souligné l’importance de l’éducation pour prévenir des nouveaux génocides.  Il est ressorti ce qui suit:

1.      Mieux faire connaître l’histoire de l'Holocauste et des autres génocides ;

2.      Utiliser les modes d'éducation formelle, non formelle et informelle ;

3.      Mettre l'accent sur l'éducation aux valeurs même dans les universités ;

4.      Se pencher sur la question de l’âge le plus approprié pour l’enseignement de tels sujets  (L’UNESCO va dédier un prochain numéro à ce thème dans sa série pour les tout-petits Bouba et Zaza) ;

5.      Insister sur le rôle des femmes dans la transmission ;

6.      Intégrer ces sujets dans le curriculum de manière plus systématique de façon à en assurer la pérennité dans les programmes.

Début d’une dynamique

Les participants ont déclaré que cette journée  marquera le début d’une dynamique internationale pour une meilleure prise en compte des cas de violations massives des droits humains dans les programmes éducatifs et comptent sur l’UNESCO pour les aider à traduire ce vœu dans la réalité.

Une exposition prêtée par le mémorial de la Shoah, intitulée « la Shoah en Europe » était également présentée au BREDA.




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