17.12.2018 - UNESCO Office in Dakar

Le Rapport GEM 2019 relève l’importance d’une éducation inclusive à l’égard des migrants

©UNESCO/M. Piccio

« Les pays doivent protéger le droit des migrants et des réfugiés à l’éducation, quel que soit leur statut de résident ou qu’ils détiennent ou non des papiers d’identité ». C’est ce qui ressort de l’édition 2019 du Rapport mondial pour le suivi de l’éducation (GEM), dont le lancement régional a été organisé à Dakar le 7 décembre dernier par le Groupe régional de coordination pour l’ODD4 – Education 2030 en Afrique de l’Ouest et du Centre en présence des partenaires de l’OIM, du HCR, de la CONFEJES et du FAWE et des participants de divers horizons.

Le rapport axé sous le thème « Migration, déplacement et éducation: Bâtir des ponts, pas des murs » s’est intéressé cette année à la manière dont les enseignants et les planificateurs de l'éducation répondent aux besoins des migrants. Il porte sur la manière dont l’éducation peut aider les migrants, les déplacés et les réfugiés à s’épanouir dans leur nouvel environnement et à y développer un fort sentiment d’appartenance.

Le Directeur du Bureau de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest, Dimitri Sanga, qui a présidé le lancement du rapport a estimé que « sans accès à l’éducation, le risque de frustration, de fragilité et de marginalisation est alors réel pour les migrants et les personnes déplacées ».

Selon Nicole Bella, analyste principale des politiques et membre de l’équipe GEM de l’UNESCO, l’Afrique subsaharienne accueille près d’un tiers des réfugiés dans le monde ainsi que des millions de personnes déplacées internes. « Les déplacements touchent particulièrement les pays à faible revenu, qui représentent 10 % de la population mondiale, mais 20 % de la population réfugiée. »

Le rapport indique que plus de la moitié (52 %) des réfugiés ont moins de 18 ans. Au moins 4 millions d’enfants et de jeunes âgés de 5 à 17 ans n’étaient pas scolarisés en 2017. Les enfants migrants et réfugiés doivent être inclus dans les systèmes éducatifs nationaux.

Un système d'éducation inclusif peut traiter des causes de tensions en aidant les communautés d'accueil et les personnes immigrées à interagir et à vivre ensemble ou en leur offrant des chances égales.

L’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Tchad qui accueillent plus de la moitié des réfugiés en Afrique subsaharienne et 12 % des réfugiés dans le monde, sont particulièrement reconnus pour leur approche positive en faveur de l’éducation des enfants et des jeunes qui sont déplacés de force, selon le rapport.

Par contre, l’absence de maîtrise de la langue de la communauté hôte est un handicap non négligeable. Elle est parfois utilisée pour placer les élèves réfugiés à des niveaux inférieurs. Elle peut également rendre les relations sociales plus difficiles et conduire à la discrimination, entraînant l'abandon scolaire et le rattachement d'enfants à des gangs, ce qui est constaté chez les adolescents réfugiés congolais et somaliens en Ouganda.

Une étude portant sur 17 pays d’Afrique subsaharienne a identifié l’éducation comme une des quatre pierres angulaires de toute stratégie contre l’extrémisme violent a rappelé Nicole Bella.

 

Voici quelques recommandations du rapport GEM 2019 :

  • « Il faut intégrer les réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux. »
  • « Il faut valoriser le potentiel des migrants et des personnes déplacées. Les migrants et les réfugiés possèdent des compétences qui peuvent contribuer à transformer non seulement leur existence et celle de leur famille mais aussi la situation économique et sociale de leur pays d’origine et de leur pays d’accueil. »
  • « Adopter des mécanismes plus simples, moins chers, plus transparents et plus flexibles afin de faciliter la reconnaissance des titres universitaires et des compétences professionnelles (y compris dans le cas des enseignants), et de tenir compte des acquis de l’apprentissage qui n’ont été ni validés ni certifiés »
  • « L’inclusion doit être au cœur des politiques de l’éducation, y compris l’éducation non-formelle »
  • « Des acteurs impliqués dans l’éducation et la migration doivent travailler ensemble afin de s’adresser à la fragmentation des politiques et législations en matière d'immigration et d'éducation. »
  • « Les adultes ont besoin d’aide afin de renforcer leurs compétences au moyen de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels et de surmonter les obstacles – Les programmes d’éducation non formelle, parfois dispensés par les collectivités locales, viendront compléter les efforts déployés afin de renforcer la cohésion sociale. »
  • « Les approches pédagogiques doivent promouvoir l’ouverture à des points de vue divers, encourager les valeurs du vivre ensemble et apprécier à leur juste valeur les bienfaits de la diversité. Elles doivent combattre les préjugés et renforcer les compétences d’analyse critique afin que les apprenants soient capables de surmonter leurs incertitudes dans leurs échanges avec d’autres cultures »
  • « Les gouvernements doivent investir dans la formation initiale et continue des enseignants afin de leur donner les compétences et les aptitudes fondamentales requises pour faire face à des contextes de diversité multilingues et multiculturels qui ne sont pas sans incidence pour les élèves autochtones. Il convient de mener une action de sensibilisation sur les migrations et les déplacements auprès de tous les enseignants et de pas cibler exclusivement ceux d’entre eux qui doivent faire face à la diversité des élèves de leurs classes. »

RESUME DU RAPPORT




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