Protéger les biens culturels en cas de conflit armé

Les attaques contre les biens culturels sont devenues des armes de guerre visant à la fois les personnes et les supports de leur identité, les institutions du savoir et de la liberté de pensée. La situation de crise dont a souffert le nord du Mali depuis 2012 démontre combien la protection du patrimoine est un enjeu majeur pour la sécurité des peuples, inséparable de la protection des vies humaines.

Les pertes patrimoniales subies en temps de crise peuvent priver une communauté du témoignage matériel de son passé, un symbole de la vie de la communauté, mais également d’une ressource précieuse pour son bien-être social et économique. En situation de conflit armé, le patrimoine se voit particulièrement menacé, en raison de sa vulnérabilité inhérente et de l’importante valeur symbolique qu’il recouvre. De ce fait, suite aux destructions massives infligées au patrimoine au cours de la Seconde Guerre mondiale, et en prenant en compte la spécificité des situations de conflits armés, la communauté internationale adoptait à La Haye en 1954, le premier traité international à vocation universelle dédiée à la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé.

La Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et ses deux protocoles (1991 et 1999) offrent à l’UNESCO un cadre d’action visant à appuyer les Etats membres, les aidant notamment à tirer profit de la force positive et unificatrice du patrimoine permettant de prévenir les conflits, à faciliter le retour à la paix et sa consolidation, et à encourager la réconciliation.

Ainsi, dans la sous-région, depuis la crise de 2012 dont souffre le Mali, le Bureau de l’UNESCO à travers le Bureau de Bamako travaillent à la mise en œuvre d’actions de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali. Compte tenu du le rôle primordial joué par les forces armées et de sécurités, des ateliers de sensibilisation et de formation sont organisés dans le but de les aider à se familiariser avec la Convention de 1954 pour intégrer la protection des biens culturels dans les protocoles d’intervention, les stratégies militaires et à tous les échelons de la chaîne de commandement.

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