Alphabétisation et éducation non-formelle

Préparation de classe dans Sowame, un village au Sénégal © UNESCO / Anne Müller

Apprendre à lire et à écrire est un droit fondamental. Pourtant, 38% des adultes africains (environ 153 millions) sont analphabètes et les deux tiers d’entre eux sont des femmes.

L'Afrique est le seul continent où plus de la moitié des parents ne sont pas en mesure d'aider leurs enfants à faire leurs devoirs à cause de l'analphabétisme.

Les taux d'alphabétisation des adultes sont inférieurs à 50% au Bénin, au Burkina Faso, au Tchad, en Ethiopie, en Guinée, au Mali, au Niger, au Sénégal, en Sierra Leone et en Gambie.

Dans la plupart des pays africains, seulement 1% du budget de l'éducation nationale est consacré à l'alphabétisation.

La situation est alarmante puisque l'alphabétisation est une étape cruciale pour l’acquisition de compétences de base nécessaires pour faire face aux nombreux défis auxquels enfants, jeunes et adultes seront confrontés tout au long de leur vie. Pour de nombreux jeunes défavorisés et adultes, l'éducation non-formelle est une des principales voies de l'apprentissage.

L'éducation non-formelle s’efforce de toucher les populations en tenant compte de leur propre contexte et de préférence en utilisant leur propre langue locale.

Le Rôle de l'UNESCO

L'UNESCO à Dakar coordonne les efforts d'alphabétisation en Afrique, notamment à travers L'Initiative pour l'alphabétisation (LIFE).

LIFE est un cadre stratégique collectif sur une période de dix ans (2006-2015) à travers lequel les gouvernements, les ONG, le secteur privé et les partenaires au développement accélèrent leurs efforts d'alphabétisation dans 35 pays où l’analphabétisme pose un défi majeur.

L'Afrique comporte 18 des pays ciblés.

L'UNESCO à Dakar travaille sur plusieurs fronts:

Renforcer les capacités des personnes ressources clés (fonctionnaires et experts nationaux). L'objectif est d’intégrer l’éducation non-formelle dans les politiques sectorielles, de suivre et d'évaluer les efforts au niveau national.

Plaider en faveur de l’accroissement des ressources allouées à l'éducation non-formelle et l'utilisation des langues nationales. Six pays membre de LIFE (Burkina Faso, Guinée, Mali, Niger, Nigeria et Sénégal) ont, par exemple, augmenté de manière significative leur budget affecté à l'alphabétisation.

Créer et adopter des approches novatrices. L'UNESCO encourage les gouvernements et la société civile à unir leurs efforts et à explorer l'utilisation des téléphones portables et des radios pour l’alphabétisation. Au Cap-Vert, par exemple, un projet d'alphabétisation par la radio a aidé à 'atteindre des populations marginalisées.

Exemples de projets d'alphabétisation au Sénégal

  • L'alphabétisation pour améliorer la nutrition des enfants et la sécurité alimentaire

L'UNESCO à Dakar a organisé des cours d'alphabétisation dans sept régions du Sénégal, dans le cadre du projet Fonds-OMD sur la nutrition des enfants et la sécurité alimentaire (NESA).

Réunissant cinq agences des Nations Unies au Sénégal, le programme commun vise à prévenir et traiter la malnutrition chez les enfants dans les régions les plus vulnérables. L'UNESCO à Dakar élabore des manuels de formation en langues locales pour les classes d'alphabétisation et sur les techniques de nutrition.

Environ 40% des 359.000 femmes ciblées ont jusqu'ici reçu une formation par le biais des cours d'alphabétisation dans leurs villages ou ont été sensibilisés via les émissions de radio.

L'UNESCO et la société multinationale Procter & Gamble ont lancé en 2011 un partenariat pour promouvoir l'alphabétisation des filles et des femmes.

Le Sénégal a été choisi comme le premier pays à bénéficier de cette initiative et l'UNESCO à Dakar est chargé de coordonner les efforts visant à améliorer l'alphabétisation des filles dans le pays.

Les classes d'alphabétisation sont organisées dans les villages autour du Sénégal, les enseignants formés, des kits pédagogiques et des ressources numériques préparés.

Le projet est également en train d’explorer de nouvelles façons d’apprendre, car il utilise Internet et les téléphones mobiles pour atteindre et enseigner aux apprenants dans leurs langues locales. En 2006, moins de 45% des femmes sénégalaises savaient lire et écrire.

 

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