Les écoles font revivre l’histoire de l’esclavage

« Tirer des enseignements du passé, comprendre le présent, construire l’avenir ensemble », tel est le nom du projet de recherche mené par les élèves de trois Écoles associées de l’UNESCO (réSEAU) de Cuba, de Gambie et d’Espagne, à l’occasion de la commémoration de la traite négrière transatlantique.

Ce projet s’appuie sur des plates-formes en ligne permettant de publier des blogs et d’échanger des fichiers.

Les élèves ont mené des recherches approfondies et échangé des informations sur l’histoire et le patrimoine de la traite négrière. Ils ont partagé des documents, des vidéos et des écrits sur leurs blogs, de janvier à décembre 2011 (Année internationale des personnes d'ascendance africaine). 

Les trois écoles (l’IES « Luis Seoane » à Pontevedra (Espagne), la « Nusrat Senior Secondary School » (Gambie), et l’IPVCE « Che Guevara » à Santa Clara (Cuba), continuent de travailler ensemble dans le cadre du Projet éducatif du réSEAU sur la traite négrière transatlantique. 

Deux aspects de la traite négrière ont reçu une attention particulière : comment les esclaves africains ont maintenu vivante leur culture d’origine dans un environnement nouveau et étranger, ainsi que l’évolution des rôles masculins et féminins au sein de ces communautés. Les contributions importantes de la culture africaine aux sociétés latino-américaines ont récemment fait l’objet d’une attention spéciale, tout comme la perspective de genre. Des recherches démontrent qu’au sein des communautés d’esclaves africains, les femmes étaient les dépositaires du savoir et de la culture. L’approche transdisciplinaire adoptée par les élèves a également été appliquée à l’étude des formes modernes d’esclavage, notamment au trafic d’êtres humains, en particulier celui des femmes. 

Les sites de mémoire se trouvant à chacun des « points » du triangle de la traite négrière transatlantique ont été placés au cœur des échanges, car ils constituent un lien tangible entre le passé et le présent. Des liens ont été établis entre la Casa de Contratación à Séville, lieu où étaient enregistrés les navires qui partaient ou revenaient des colonies, le Fort de l’Île James en Gambie, utilisé pour rassembler les esclaves jusqu’en 1820, et la Central Marcelo Salado Lastra à Cuba, grande raffinerie de sucre aux 18e et 19e siècles.  

Entre 1492 et 1870, plus d’un million de captifs ont été emmenés par les Espagnols d’Afrique en Amérique centrale et en Amérique latine, dans le cadre du commerce triangulaire. Ce déplacement massif de population ainsi que le patrimoine qui lui est attaché ont servi de toile de fond à ce projet de recherche, qui a réuni les perspectives de chacun des « points » du triangle transatlantique.  

Les élèves étaient motivés par le sentiment de « devoir défendre une mémoire historique […] et d’enrichir les connaissances sur la traite négrière transatlantique, véritable tragédie humaine, et du racisme qu’elle a engendré ». C’est ce que révèle le descriptif du projet, conforme aux valeurs de l’UNESCO et du réSEAU: la défense des droits humains et l’importance de la coopération internationale.  

Aborder des sujets aussi graves et aussi complexes dès l’enfance est un aspect essentiel de l’éducation à la mémoire de la traite négrière transatlantique. Grâce leur travail, les élèves ont montré que le respect mutuel et la coexistence pacifique des peuples et des cultures pouvaient advenir non seulement entre différents pays, mais aussi entre trois continents.  

Des projets similaires ont été mis en œuvre à travers le monde : le Festival « Célébrons l’Afrique » et le Projet « Se connecter à son histoire », ont été réalisés par des écoles secondaires à la Barbade, et un concours international d’illustration a été organisé en France, ainsi qu’un concours national d’expression écrite en Norvège. Les œuvres des élèves ont été présentées en allemand, anglais, espagnol, français et norvégien.

 

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