17.10.2009 -

Dieufort Deslorges, coordinateur national du (réSEAU) à Haïti a participé au Séminaire international sur l’éducation au changement climatique, qui s’est tenu à l’UNESCO, à Paris, du 27 au 29 juillet 2009

ASPnet

“Dans le domaine du changement climatique, les actions de chacun des élèves peuvent mobiliser l’ensemble de la communauté”

Le changement climatique est un défi véritablement mondial. Il aura des effets sur l’ensemble des écosystèmes et des sociétés humaines.

S’attaquer au changement climatique exige de s’impliquer et d’agir aux niveaux local, régional et mondial. M. Dieufort Deslorges, coordinateur national du réseau du système des écoles associées de l’UNESCO (réSEAU) à Haïti, a participé au Séminaire international sur l’éducation au changement climatique, qui s’est tenu à l’UNESCO, à Paris, du 27 au 29 juillet 2009. Il explique comment les élèves du réSEAU, dans son pays, ont décidé d’agir. 

En quoi votre pays est-il affecté par le changement climatique ?

Haïti est touché à deux niveaux. Premièrement, les cyclones tropicaux sont de plus en plus fréquents. Alors que généralement, ils ne s’abattaient sur Haïti que tous les deux ans, l’année dernière nous avons subi quatre cyclones importants en à peine deux semaines. Parallèlement, la déforestation progresse à un rythme rapide : les gens utilisent davantage de bois mais il n’y pas de programme de reforestation. De ce fait, l’une des deux plus grandes villes d’Haïti a été complètement inondée à deux reprises en l’espace de quatre années, et les habitants de deux autres villes ont dû être déplacés.

Est-ce que l’éducation peut atténuer ou au moins réduire les effets du changement climatique ?

Oui, cela ne fait aucun doute ! Depuis 2007, la Commission nationale haïtienne pour l’UNESCO a déployé des efforts considérables dans ce domaine. Le réseau du système des écoles associées de l’UNESCO joue un rôle central car il met à l’essai des matériels didactiques liés à l’éducation au service du développement durable, notamment sur l’éducation au changement climatique. D’autre part, nous encourageons les activités extracurriculaires sur l’éducation au changement climatique. L’une des nos tâches principales consiste à sensibiliser l’ensemble des acteurs impliqués dans l’éducation au changement climatique : les directeurs d’écoles, les élèves, les enseignants et les communautés.

Laquelle des activités de vos écoles associées pourrait-elle être considérée comme une bonne pratique ?

Notre activité la plus visible est notre Rallye national des jeunes. Tout a commencé par un comité d’élèves qui voulait organiser une activité commune réunissant tous les élèves et enseignants du reSEAU haïtien. En 2007, les élèves ont lancé le premier rallye. En 2009, des élèves du réSEAU, des élèves d’écoles qui ne sont pas affiliées au réSEAU ainsi que des enseignants ont renouvelé l’expérience. Ils ont visité deux villes dévastées par les inondations. La forêt de pins qui les entourait a été sérieusement déboisée à cause des activités humaines. Les participants ont commencé à planter des arbres, ont impliqué non seulement des enseignants et des parents, mais aussi des membres des communautés locales.

Quelle suite vont-ils donner à cette activité ?

Les élèves qui ont participé aux rallyes ont désormais pris l’engagement de planter des arbres tous les ans. Je trouve que c’est un exemple remarquable de l’effet multiplicateur du réSEAU : une initiative locale a d’abord impliqué un petit nombre d’élèves du réSEAU, puis a fini par rassembler les élèves et les citoyens de tout un pays !

Qu’attendez-vous du Séminaire international sur l’éducation au changement climatique ?

Notre Commission nationale a envie de partager des expériences avec d’autres pays et d’adapter des matériels didactiques existants à notre contexte local. Nous sommes également en train de réfléchir à une stratégie qui permettrait de mobiliser les autorités locales et nationales, ainsi que des partenaires des secteurs public et privé, afin de les impliquer dans l’éducation au changement climatique. On apprend toujours au contact des autres et nous pouvons également améliorer nos activités.

L’interview a été réalisée par Mme Ulrike Storost, Équipe de coordination internationale, UNESCO, Paris

 

 




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