17.10.2009 -

Interview avec Monica Regisford-Douglin, coordinatrice nationale du réSEAU à la Trinité-et-Tobago,

AsPnet

L’éducation au changement climatique : « L’éducation, ça ne se résume pas à passer des examens C’est plutôt un changement de mentalité »

Pour préparer les élèves aux effets du changement climatique qui se produiront demain, c’est aujourd’hui que l’éducation doit changer les comportements. Les élèves doivent apprendre à s’adapter et être prêts à acquérir des connaissances tout au long de la vie. Monica Regisford-Douglin, coordinatrice nationale du réSEAU à la Trinité-et-Tobago, est persuadée que pour former les futurs citoyens, il est nécessaire de modifier leur état d’esprit.

En quoi le changement climatique représente-t-il, à la Trinité-et-Tobago, un défi à relever ?

Au cours des deux dernières décennies, le pays a assisté à un développement et  à une industrialisation rapides. C’est la raison pour laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés à des problèmes de pollution, à un développement effréné des zones urbaines et à des embouteillages. Il faut parfois passer deux heures dans sa voiture pour se rendre au travail ! La population a les moyens de s’offrir tous les gadgets de la vie moderne : téléphones cellulaires, voitures, machines à laver, sèche-linge… On ne parle pas beaucoup des effets du changement climatique et pourtant, il est probable qu’ils se feront sentir dans quelques années. Pour sensibiliser le gouvernement et la société aux défis qu’il faudra relever, il est nécessaire de déployer des efforts particuliers.

Comment abordez-vous le problème du changement climatique dans le cadre de l’éducation ?

Changer les mentalités est l’un de nos principaux défis. Notre société est très focalisée sur les examens ; pour sortir de la pauvreté, on voit bien l’intérêt immense que présente l’éducation. Les gens s’intéressent à ce qui peut améliorer leurs conditions de vie, mais pas à la durabilité. Tout d’abord, il faut que nos enseignants comprennent le concept de l’Education au service du développement durable. Les enseignants doivent adopter un nouveau point de vue sur l’éducation. L’objectif de l’enseignement et de l’apprentissage, c’est d’améliorer sa propre vie et celle de ses voisins, ce n’est pas de réussir des examens.

Dans ce processus, quel est le rôle que doivent jouer les écoles associées de l’UNESCO, à la Trinité-et-Tobago ?

En 2007, la Commission nationale a mis en place un atelier de formation dont l’objectif était de ramener certaines valeurs au cœur de la salle de classe et de créer des communautés d’apprentissage holistiques. La formation a été dispensée auprès de 600 enseignants d’écoles primaires : les valeurs doivent être acquises dès le plus jeune âge ! Parallèlement, les écoles associées ont lancé une série d’événements, notamment l’atelier sur le changement climatique organisé à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement (5 juin) et la campagne de nettoyage des plages, en juin dernier. Nous avons également prévu une réunion des pays de la région caraïbe. Enfin, l’une de nos principales activités est le projet “Sandwatch”. Ce projet phare du réSEAU a vu le jour à la Trinité-et-Tobago en 1997 lorsque nous avons pris conscience de la nécessité de préserver les côtes.

Qu’avez-vous retiré du Séminaire international sur le changement climatique ?

Pour que les gens adoptent des modes de vie durables, il faut que l’enseignement soit lié à l’EDD et qu’il repose sur des valeurs.

L’interview a été conduite par Mme Ulrike Storost, Équipe de coordination internationale, UNESCO, Paris

 




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