24.05.2010 -

Chow Ching Ling, fervente défenseur de l’éducation artistique

Chow Ching Ling use de son influence de pianiste à la renommée internationale pour défendre l’éducation artistique et les jeunes artistes. Lauréate du prix Mozart de l’UNESCO et Chevalier des arts et de lettres, Chow Ching Ling crée le prix MIDO à Pékin et à Paris, l’un des concours les plus prestigieux. Elle soutient plusieurs organismes caritatifs, notamment une fondation de sa Chine natale qui aide les enfants pauvres à bénéficier d’une éducation artistique. En 1999, avec Mstislav Rostropovitch, elle lance l’Appel de l’UNESCO en faveur de la promotion de l’éducation artistique et de la créativité à l’école.

Vous êtes passionnément convaincue de l’influence civilisatrice de l’art, et de la musique en particulier…

Absolument. Les cours de musique ne sont pas uniquement destinés à préparer les enfants à une carrière musicale. Apprendre à jouer de la musique a une dimension spirituelle. Par ailleurs, il va de soi que cela développe la persévérance, la discipline et le courage, des qualités qu’ils acquièrent pour la vie, et qui permettent de devenir un citoyen utile. C’est une formation rigoureuse, notamment quand il s’agit d’apprendre à jouer d’un instrument difficile. Il en est de même pour les beaux-arts. Vous devez produire des œuvres de qualité, sans tricher. Ensuite, vous partagez le fruit de vos efforts avec votre famille, avec vos amis, ce qui procure un immense plaisir. Vive l’art ! 

Pourquoi votre prix s’appelle-t-il MIDO ?  

MIDO est le nom d’un personnage turbulent, joueur, d’une méthode de piano que j’ai créée il y a une quinzaine années pour répondre à la demande d’un éditeur musical. La méthode raconte une histoire afin que les enfants apprennent à jouer du piano en s’amusant. Le Monde de la Musique a classé la méthode de piano MIDO parmi les dix meilleures au monde. Apprendre doit être un plaisir, pas une corvée. La musique nourrit le cœur. Si les jeunes n’y sont pas exposés, ils s’égarent ou passent le plus clair de leur temps avec ces terribles jeux électroniques.

 Vous avez créé le Comité pour la promotion des jeunes, qui permet à de jeunes virtuoses de développer leurs talents auprès de grands maîtres.  

Je suis la “marraine” de dizaines de jeunes adultes. Je connais les difficultés auxquelles sont confrontés les concertistes. Je les aide et je les encourage. Malheureusement, l’éducation artistique coûte souvent de l’argent. Quand je vois tous ces enfants pauvres à travers le monde, je me dis fréquemment qu’il y a parmi eux nombre de jeunes génies dont le potentiel ne sera jamais exploité sans éducation. J’aimerais bien trouver une grosse somme d’argent et créer une école pour les enfants pauvres et doués. C’est mon rêve.

Quel est le meilleur âge pour apprendre une discipline artistique ?

Il n’y a pas d’âge limite. Les enfants, les jeunes, les adultes et même les personnes âgées peuvent bénéficier des avantages de l’art. Grâce à l’art, vous pouvez accéder à un état de détachement, à une espèce de méditation. L’éducation artistique peut aider les gens à atteindre cet état d’esprit, fondamentalement paisible.  

Pensez-vous que l’éducation artistique puisse jouer un rôle en matière de construction de la paix ?

Les arts, et la musique en particulier, créent l’harmonie. Regardez les spectateurs d’un concert : pendant plus d’une heure, ils sont littéralement captivés, totalement concentrés sur la musique. Si tout le monde pouvait accéder à cette espèce de transe, je suis sûre qu’il y aurait moins de guerres. Après une tragédie, une catastrophe, une maladie, la musique (Mozart en particulier) a un effet thérapeutique. C’est la musique qui a fait tomber le mur de Berlin, pas les hommes politiques. Rostropovitch y est allé avec son violoncelle et a joué. Il n’a pas prononcé un mot. La musique a le pouvoir de rassembler la terre entière. Entretien en chinois

 Vidéo: concert de Mme Chow Ching Ling et de M. Benoît Fromanger à l’UNESCO 

Concert improvisé de Mstislav Rostropovitch, devant le mur de Berlin, le 9 novembre 1989 

Chaires et Observatoires créés par l’UNESCO et ses partenaires pour soutenir les activités de recherche et de plaidoyer liées à l’éducation artistique




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