05.03.2010 -

Journée internationale de la femme: Entretien avec Mme Irina Bokova, première femme élue au poste de Directrice générale de l’UNESCO

La Directrice générale de l'UNESCO, Mme Irina Bokova

UNESCO/M. Ravassard

Aujourd’hui, 8 mars 2010, est votre première Journée internationale de la femme en tant que Directrice générale de l’UNESCO. À quoi pensez-vous tout particulièrement à cette occasion ?

J’éprouve bien entendu une certaine fierté et j’espère que mon accession à ces hautes fonctions donne confiance aux femmes du monde entier. Cette élection est le signe que les femmes peuvent accéder à des postes de haut rang, contribuer pleinement à la société et prendre part à la gestion des affaires du monde.

J’ai pleinement conscience de l’importance symbolique de mon élection à ce poste. Elle fait peser sur mes épaules une responsabilité singulière. En faisant de mon mieux pour remplir ma mission, je ferai également de mon mieux pour répondre à ces attentes tout à fait particulières. J’ai ainsi la ferme volonté de promouvoir l’égalité entre les sexes dans  le monde entier. 

Les femmes ont franchi de multiples étapes sur la voie de l’égalité des sexes au travail, mais elles ont encore de nombreux obstacles à surmonter, notamment le fameux « plafond de verre »…

Oui, et nous devons intensifier nos efforts pour que cela change. Toutes les femmes mènent une vie difficile et exigeante et toutes rencontrent des obstacles. Cependant, nous devrions être fières de pouvoir ouvrir des perspectives entièrement nouvelles, ce que nous faisons souvent – et chaque fois que l’occasion nous en est donnée, nous créons de nouvelles possibilités, certes pour nous-mêmes mais aussi pour la génération de femmes qui vient après nous.

De nombreuses femmes sont, d’une manière ou d’une autre, de véritables pionnières. Qu’elles aient été les premières à accéder à un poste particulier, les premières de leur pays ou de leur région, les premières de leurs familles – voire les trois à la fois – elles sont nombreuses à avoir ouvert la voie. Cependant, alors que nous célébrons les réussites des femmes, nous devons également avoir une pensée pour les quelque 500 millions de femmes dans le monde qui sont exclues de toutes les formes d’éducation formelle. Cette situation est inacceptable.  

L’éducation des femmes et des filles est l’une de vos principales préoccupations…

Comme vous le savez, l’égalité entre les sexes est, avec l’Afrique, l’une des deux priorités globales de l’UNESCO. L’Organisation s’engage pour que le droit de chacun à l’éducation soit respecté, sans discrimination ni exclusion. C’est la raison pour laquelle j’ai invité les partenaires de l’UNESCO à faire de l’égalité des droits et des chances pour les filles et les femmes une priorité absolue de toutes les politiques. C’est là la condition d’un monde plus sûr, plus juste et plus pacifique. Lorsque l’équité est au cœur des politiques, l’éducation peut briser le cercle vicieux de la marginalisation des femmes et des filles et leur offrir de nouveaux espoirs pour l’avenir. Des progrès ont certes été réalisés au cours de ces dernières années. Les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire se réduisent dans beaucoup de pays. Mais il reste encore beaucoup à faire. Les filles sont encore confrontées à un ensemble spécifique d’obstacles à l’apprentissage. Le mariage précoce - qui empêche les filles de progresser au-delà de l’école primaire - est l’un de ces problèmes, de même que l’absence de curricula inclusifs qui tiennent compte des deux sexes ou la violence à l’égard des filles. Les comportements des enseignants peuvent être influencés par des stéréotypes sexistes, de même que les manuels utilisés en classe. Et, bien entendu, les filles sont toujours plus susceptibles d’être privées d’éducation que les garçons. Au niveau mondial, 54 % des enfants non scolarisés sont des filles.   

Vous vous êtres récemment associée à d’autres chefs d’agences des Nations Unies pour promouvoir les droits des adolescentes…

Oui, j’ai signé la Déclaration commune des Nations Unies sur l’accélération des efforts visant à promouvoir les droits des adolescentes avec les chefs de secrétariat du FNUAP, de l’UNICEF, de l’UNIFEM, du BIT et de l’OMS. Elle s’inscrit dans le cadre d’une volonté commune de promouvoir l’égalité des sexes ainsi que l’autonomisation des filles et des femmes. La déclaration exprime l’ambition commune d’accorder la priorité aux adolescentes dans les stratégies de développement et de s’engager à intensifier le soutien apporté aux pays en développement afin de promouvoir les programmes et politiques qui autonomisent les adolescentes les plus difficiles à desservir, notamment celles qui ont entre 10 et 14 ans.   

Enfin, quel est votre message pour la Journée internationale de la femme ?

En ce jour particulier, j’invite les hommes et les femmes à reconnaître et célébrer cette journée, car l’égalité entre les sexes représente une chance pour nous tous !

Liens associés

Message de la Directrice générale pour la Journée   

Programme des événements organisés à Paris   

Directrice générale de l’UNESCO, s’associe à des chefs de secrétariat d’organes des Nations Unies pour promouvoir les droits des adolescentes   

Egalité des Genres   

UN Women Watch (en anglais)   

Lettre d’information de L’IIPE (en anglais)

 




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