11.12.2009 -

Interview avec Kate Leeming, athlète australienne

Kate Leeming

Elle a entrepris une randonnée de dix mois et 20 000 kilomètres à vélo à travers l’Afrique, du Sénégal à l’ouest jusqu’à la Corne de l’Afrique à l’est.

L’objectif de ce voyage intitulé « Rompre le cycle », qui entre dans le cadre des activités officielles de la Décennie des Nations Unies pour l'éducation au service du développement durable, est de témoigner directement de la pauvreté, de ses causes et des solutions pour y remédier et d’éduquer les enfants à travers le monde par le biais d’un programme pédagogique en ligne novateur.

Eduinfo l’a rencontrée au bout d’un mois de voyage lors de son passage à Ségou (Mali), alors qu’elle se préparait à rouler vers Tombouctou. Kate a également réalisé des expéditions à vélo en Russie et en Australie.

Comment tenez-vous ?
Comme c’est la première expédition que je fais avec un programme éducatif, l’organisation a été si prenante qu’il a été difficile de trouver du temps pour l’entraînement. Au cours des derniers mois, je ne me suis presque pas entraînée, j’ai subi beaucoup de stress et j’ai peu dormi pour que le projet se concrétise. Par conséquent, partir de Dakar sous une forte chaleur humide a été très dur. Au bout de quelques semaines, le métabolisme a augmenté et la forme est venue. Ensuite, je suis passée par l’inévitable crise de « gastro ». Je me sens désormais assez bien et il me tarde de faire la prochaine étape de Ségou à Tombouctou.

C’est votre troisième marathon à vélo. En quoi celui-ci est-il différent ?
La principale différence entre cette expédition et celles que j’ai faites en Russie et en Australie vient du fait qu’en raison du programme éducatif, la logistique est bien plus complexe. Au lieu d’explorer un (grand) pays, en Afrique, je dois me confronter à 23 pays de diverses langues et cultures. Lors des précédentes expéditions, j’ai voyagé seule alors que là, je suis assistée par un véhicule pour me permettre de gérer le programme et de réaliser un documentaire. Cela implique davantage de personnes et un budget plus conséquent. J’ai préparé ce projet pendant plusieurs années et il a fallu 18 mois d’organisation intensive pour trouver un soutien financier, élaborer le programme éducatif (avec le Département pour l’éducation et le développement de la petite enfance de l’État de Victoria), susciter de l’intérêt pour le documentaire, mener des actions de promotion et organiser chaque domaine.

Qui rencontrez-vous en chemin ?
J’ai prévu de visiter au cours de l’expédition divers projets en lien avec les causes et conséquences de l’extrême pauvreté si bien qu’à la fin, chacune des questions auront été traitées. J’ai huit partenaires différents, dont l’UNESCO, qui m’aident à étudier les questions de manière plus approfondie.

Avez-vous déjà des récits positifs au sujet de la pauvreté et du développement durable ?
Je me suis rendue dans deux « Villages du Millénaire », Potou (Sénégal) et Tiby près de Ségou (Mali. [Les Villages du Millénaire cherchent à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015 par le biais de mesures communautaires en vue d’un changement durable. Les villages sont soutenus par des partenaires dont le Programme des Nations Unies pour le développement]. Le travail accompli en trois ans est extraordinaire et je suis impressionnée par l’orientation des initiatives vers un développement à long terme. Potou possède une clinique et le nombre d’écoles primaires a doublé dans la région en trois ans depuis le lancement du projet. À Tiby, le projet est entièrement géré par la population malienne locale. Maintenant que les services de base sont en place, elle se concentre sur les affaires, le commerce et le transfert de compétences.

Comment votre voyage se rattache-t-il à la Décennie pour l’éducation au service du développement durable?
Le Département pour l’éducation et le développement de la petite enfance de l’État de Victoria a élaboré un formidable programme d’apprentissage en ligne accessible via mon site Web (www.btcycle.com). Tandis que les élèves suivent l’expédition, le programme encourage un apprentissage approfondi fondé sur la recherche. Les collégiens peuvent participer à certains ou à l’ensemble des quatre modules à tout moment du voyage. Le site Web collaboratif sur l’éducation « Ning » est un site de réseau social qui permet aux enseignants de communiquer et de s’échanger des ressources. Il comprend des blogs, des matériels d’apprentissage adaptés à différents âges, des forums et des vidéos d'étudiants s'exprimant sur le voyage. Il comprend de nombreuses ressources, y compris de l’UNESCO.

Expliquez-nous comment vous mettez en avant les thèmes des OMD.
Je fais passer mes messages par le biais du site Web, d’une campagne de publicité, d’un documentaire, de conférences (prévues après l’expédition) et j’ai l’intention d’écrire un autre livre sur le projet et mes découvertes. Mes sponsors et partenaires font également la promotion du projet.

Quelle est la réaction des écoliers qui suivent le voyage sur Internet ?
Nous n’en sommes qu’au début de l’expédition – nous avons fait cinq semaines (et 2 500 km) sur dix mois et plus de 20 000 km. Au début, je recevais énormément d’e-mails, principalement de sympathisants. Lorsque je me rends sur le site « Ning », je remarque que les enseignants préparent des exercices intéressants pour apprendre à leur classe des éléments de la culture africaine. Le site pose des questions comme : quel est mon lien avec l’Afrique ? En quoi le lieu où je vis influence-t-il ce que je suis ?

Qu’est-ce que les Africains que vous rencontrez ont à dire au sujet de la pauvreté et du développement durable ?
Lorsque j’explique ce que nous faisons – le voyage à travers leur continent pour éduquer (et dissiper les idées fausses) sur les cultures et sur ce qu’il faut pour donner un coup de pouce plutôt que faire la charité – ils sont toujours vraiment impressionnés, souvent émus par cet effort. Ils sont généralement très désireux de nous montrer qu’ils sont capables de faire ces changements eux-mêmes, avec un peu d’aide, particulièrement en matière d’éducation spécialisée et de transfert de compétences.

Qu’attendez-vous de ce voyage ?
J’espère que mon voyage va servir d’inspiration et permettre d’éduquer autant de personnes que possible pour qu’elles s’engagent et qu’elles puissent apporter leur propre contribution.

Liens associés

Breaking the Cycle Ning (anglais)

Breaking the Cycle site Web (anglais)

Site Web de l'UNESCO sur l'EDD




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