28.11.2010 -

“La plupart des écoles de Gaza n’ont pas été réparées depuis les bombardements de janvier 2009”

© UNWRA/C. Pontefract

À l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, Mme Caroline Pontefract, Directrice pour l’éducation (UNESCO) auprès de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), explique comment les enseignants et les élèves réfugiés palestiniens persévèrent en dépit des difficultés.

Vous êtes responsable de l’un des systèmes éducatifs les plus importants du Moyen-Orient. Quelle part des activités de l’UNWRA est-elle consacrée à l’éducation ?

L’éducation représente plus de la moitié du budget ordinaire de l’UNRWA. C’est donc notre programme principal, et l’Office est le premier prestataire d’éducation de base à l’intention des réfugiés palestiniens depuis près de 60 ans.  

Où l’Office exerce-t-il ses activités liées à l’éducation ?

L’UNWRA travaille dans les camps ou centres de réfugiés de Jordanie, du Liban, de Syrie et dans les territoires palestiniens occupés (bande de Gaza et Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est). Entre tous ces sites, il y a près de 700 écoles élémentaires et secondaires, 10 centres de formation professionnelle et trois facultés des sciences de l’éducation qui reçoivent quotidiennement environ 500 000 élèves et étudiants.   

Combien d’enseignants travaillent-ils pour l’UNWRA, et dans quelles conditions ?

Globalement, l’UNWRA emploie 19 000 enseignants et éducateurs. Ils travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Soixante-dix pour cent des écoles gérées par l’UNWRA fonctionnent jusque tard dans la soirée ! De nombreux bâtiments ne sont pas adaptés. À cause du blocus, la plupart des écoles de Gaza n’ont pas été réparées depuis les bombardements de janvier 2009 ; il est donc de plus en plus difficile d’assurer aux enfants réfugiés une éducation de qualité.  

Est-ce que les enseignants de l’UNWRA suivent tous le même programme ?

Non. L’existence de quatre curricula nationaux différents est l’un des défis principaux auquel l’Office est confronté. Tous les curricula sont fondés sur les examens, ce qui est le modèle pédagogique de la région. À l’UNRWA, nous tentons de renforcer ce modèle afin d’améliorer les pratiques pédagogiques. Nous souhaiterions que les écoles gérées par l’UNWRA puissent consacrer davantage de temps aux sports et aux activités créatives, qui sont si importantes pour le développement de l’enfant.    

La Journée mondiale des enseignants (5 octobre) a rendu hommage aux enseignants qui essaient de redonner aux enfants un sentiment de normalité pendant et après les situations d’urgence. Pensez-vous également que « La reconstruction passe par les enseignants » ?

J’en suis convaincue. Les enseignants constituent la plus précieuse des ressources du secteur de l’éducation. Nous devons investir davantage dans les politiques et les stratégies centrées sur leurs conditions de travail, leur développement professionnel et l’évolution de leurs carrières. Nous devons aider les enseignants à acquérir les compétences leur permettant de satisfaire aux besoins d’apprentissage de leurs élèves et à adopter une vision holistique de l’éducation. Surtout, nous devons rendre hommage aux enseignants qui sont les moteurs de la reconstruction et de la croissance après les conflits. En incarnant la continuité, ils soutiennent les enfants qui ont été déplacés, qui ont été confrontés à la violence ou qui ont vu leurs maisons et leurs écoles détruites. La plupart des enseignants de l’UNWRA comprennent parfaitement ces situations car ils sont eux-mêmes des réfugiés.  

Œuvrant dans divers domaines tels que l’éducation, la santé, les secours et les services sociaux, l’UNRWA fournit ces services aux quelque 4,7 millions de réfugiés palestiniens recensés. L’UNESCO travaille en collaboration avec l’UNRWA depuis 1951. Outre l’assistance technique que l’Organisation apporte à l’Office, l’UNESCO finance les postes de deux cadres supérieurs internationaux (notamment celui de la Directrice pour l’éducation) et quatre postes locaux.  

Liens associés

Programme éducatif de l’UNRWA

Éducation et conflits violents 
 Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2011  

 




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