18.06.2012 - Education Sector

Miika Tomi, la voix des jeunes au Troisième Congrès international sur l’EFTP

© UNESCO- Mr Miiko Tomi, UNESCO Youth Delegate, Finland, and co-presenter of the final report of the 7th UNESCO Youth Forum

« Il faut écouter les jeunes, en particulier lorsqu’on parle d’éducation », tel est le principal message de Miika Tomi aux gouvernements. Miika, Délégué des jeunes de la Finlande, a co-présenté le rapport final du 7e Forum des jeunes de l’UNESCO (17-20 octobre 2011, Siège de l’Organisation, Paris). Il a de nouveau représenté la voix des jeunes lors du Troisième Congrès international de l’UNESCO sur l’EFTP (13-16 mai 2012, Shanghai, Chine).

Q : Dans l’univers de la publicité, les jeunes sont idéalisés. En revanche, dans le monde du travail, ils sont perçus comme un problème. Comment expliquez-vous ces deux réalités opposées ?

R : Les jeunes sont souvent considérés comme un problème. Pourtant, si nous voulons résoudre des questions telles que le chômage mondial des jeunes, nous devons commencer par envisager les jeunes comme une solution. Toutes les cultures admirent les jeunes parce qu’ils sont énergiques, novateurs et joyeux ; mais cette image idéaliste ne se concrétise pas toujours dans la réalité. En fait, si les jeunes protestent, c’est pour faire part de leurs frustrations, car ils n’ont pas d’autres moyens de s’exprimer. En particulier, les jeunes qui n’ont pas fait d’études peuvent devenir un fardeau pour la société. Les pays qui sortiront les plus forts de la situation économique actuelle sont ceux qui auront su faire de leurs jeunes une véritable ressource.

Q : Les employeurs ont des exigences précises : ils veulent une main-d’œuvre jeune, dynamique, disponible, disciplinée et travaillant dur. Mais les jeunes, que veulent-ils ?

R : Ce que veulent les jeunes, clairement, c’est du travail. Si on n’a pas de travail, on ne peut pas s’exprimer. De plus en plus aussi, les jeunes veulent des emplois de qualité. Ils veulent progresser, se remettre en question et apprendre. Les travaux répétitifs, sans possibilités d’évolution personnelle, sont de moins en moins acceptés. Cette tendance met les employeurs sous pression. Ceux qui offrent un développement de carrière vont devenir les employeurs les plus séduisants. Un bon exemple est Google qui, avec sa réputation de proposer de nombreux incitatifs, attire les esprits jeunes et affutés.

Q : Généralement, les jeunes préfèrent l’enseignement supérieur et, dans un grand nombre de pays, les emplois techniques ont mauvaise réputation. En tant que jeune, comment voyez-vous les choses ?

R : Je pense qu’il s’agit là d’un grave problème. Quand je parle avec des jeunes qui suivent une formation professionnelle, je constate souvent qu’ils ont une faible estime d’eux-mêmes parce qu’ils sont conscients d’avoir une image négative. Une fois qu’ils ont acquis les compétences nécessaires, ils sont pratiquement oubliés. Ils ne sont pas censés jouer un rôle constructif dans la société. Cela les empêche d’innover et de créer, alors que, justement, ils ont des compétences concrètes, ce qui n’est pas le cas des jeunes qui sortent du lycée ou de l’université.

Q : Comment l’UNESCO et son réseau de jeunes ambassadeurs peuvent-ils traduire les besoins et les aspirations des jeunes ?

R : Si je me fonde sur mon expérience personnelle, l’UNESCO est devenue le défenseur mondial des jeunes. Le fait que le Forum des jeunes ait été présent au Congrès sur l’EFTP signifie que les recommandations reflèteront, et de loin, le plus large éventail des aspirations actuelles de la jeunesse. Lors de la Conférence générale de 2011, une recommandation a été adoptée afin que les besoins des jeunes deviennent une priorité mondiale de l’UNESCO. C’est précisément ce que fait l’UNESCO actuellement, et elle peut continuer à démontrer que les jeunes comptent, en les écoutant. Cette même recommandation précise que les jeunes devraient prendre part à toutes les conférences mondiales. Donc, en montrant l’exemple, l’UNESCO peut encourager les autres organisations à faire de même.

Q : Vous avez participé au Congrès sur l’EFTP en tant que représentant des jeunes. Avez-vous le sentiment que les jeunes étaient suffisamment représentés à cette réunion ?

R : Pour écouter réellement les jeunes, pour les considérer comme des spécialistes et utiliser leurs compétences, il faudrait que davantage de jeunes soient présents. J’ai été très heureux de rencontrer là-bas d’autres délégués de jeunes : les États-Unis et la Lituanie ont de très jeunes professionnels qui travaillent pour leur gouvernement, et qui sont envoyés au Congrès. De cette façon, ils ont établi un lien entre le secteur de l’éducation et la perspective des jeunes. Je pense que c’est une très bonne idée car, dans tous les pays, il y a des jeunes professionnels qui pourraient apporter leur contribution. Mais nous avons encore beaucoup à faire pour que la recommandation de l’UNESCO devienne une réalité.

 




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