12.06.2013 -

Un événement des Nations Unies appelle à cibler davantage l’apprentissage pour libérer la puissance transformatrice de l’éducation

© UNESCO/Eliot Minchenberg -UNESCO Director-General, Irina Bokova, speaking at an education high-level event under the theme -Moving from access to learning in the Post-2015 dialogue- New York, June 2013.

Le 11 juin, l’UNESCO et le Gouvernement du Danemark ont rassemblé des dirigeants internationaux et des spécialistes de l’éducation pour débattre de la crise mondiale de l’apprentissage et de ses conséquences sur le développement. Tous les intervenants ont mis en avant le rôle central joué par l’éducation pour lutter contre la pauvreté, stimuler la croissance, consolider la paix et favoriser le développement.

« Le développement ne peut connaître de progrès significatif sans une éducation de qualité pour tous qui autonomise les individus et transforme les vies », a déclaré le Vice-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Jan Eliasson, dans son allocution d’ouverture.

Toutefois, chacun ou presque a reconnu que les systèmes éducatifs n’étaient pas équipés pour assumer cette fonction transformatrice.

« 250 millions d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire ne savent aujourd’hui ni lire, ni écrire, ni compter correctement, qu'ils aient été scolarisés ou non. Ce chiffre nous indique que depuis des années les systèmes éducatifs ont failli à leur mission vis-à-vis des enfants. Il s’agit bien d’une crise, une crise qui met en péril la cohésion sociale, le développement économique et la stabilité politique », a mis en garde la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, en appelant à un renouvellement de l’action internationale pour améliorer la qualité de l’apprentissage et faire en sorte que les élèves acquièrent les compétences dont ils ont besoin pour devenir des citoyens du monde autonomes.

Le Ministre de l’enseignement secondaire du Bénin, M. Alassane Djimba Soumanou, et la Sous-Secrétaire à l’éducation des États-Unis d’Amérique, Mme Martha Kanter, ont tous deux mis en exergue la nécessité de consolider les liens entre l’éducation et le monde du travail.

« L’éducation doit apporter des compétences d’apprentissage pour la vie », a déclaré M. Soumanou. « Chaque enfant du Bénin doit se voir offrir les moyens de prendre sa destinée en main et de gagner sa vie, tout en contribuant au développement social et économique de son pays. Pour cela, il est essentiel de parvenir à une adéquation des compétences d’apprentissage et de l’emploi », a ajouté le Ministre.

La Sous-Secrétaire à l’éducation des États-Unis d’Amérique, Martha Kanter, a cité le modèle américain des collèges communautaires comme un moyen d’accroître la pertinence de l’apprentissage par rapport aux besoins du marché local de l’emploi et des opportunités qu’il offre.

De même, M. Soumanou a souligné que « les écoles doivent devenir de véritables centres de formation technique et professionnelle, afin de permettre aux jeunes de devenir des acteurs du développement et du changement ».

Mme Martha Kanter, a enchaîné en affirmant que « des possibilités accrues d’apprentissage résident hors de la scolarisation classique. Les responsabilités en matière d’acquis éducatifs doivent être partagées afin de retrouver des niveaux durables de prospérité et de développement économique », ce qui pose le problème de savoir « comment mesurer l’apprentissage à la fois en termes quantitatifs et qualitatifs ».

« Nous devons passer au crible nos investissements et voir s’ils sont correctement ciblés. Cela s’applique également aux États-Unis ; il nous faut examiner les meilleures pratiques, dans l’objectif de combler les divers fossés sociaux, économiques et culturels et de construire un système intégré », a-t-elle poursuivi.

Amina Mohamed, conseillère spéciale auprès du Secrétaire général de l’ONU pour la planification du développement après 2015, a appelé instamment à accorder plus d’attention à ce que l’éducation peut faire pour réorienter nos valeurs, ainsi que donner de la dignité, de l’assurance et de l’espoir, une préoccupation exprimée par beaucoup d’autres intervenants.

Les participants ont amplement débattu de l’importance de définir des objectifs et des indicateurs clairs pour accroître la qualité de l’éducation ainsi que de la nécessité de réaliser des évaluations et de collecter des données de façon plus systématique pour éclairer les réformes des politiques, améliorer les pratiques d’enseignement et d’apprentissage et garantir un équilibrage plus judicieux des ressources. L’intérêt de renforcer les capacités gouvernementales afin de collecter et d’exploiter efficacement les données sur l’apprentissage des étudiants a été souligné, et l’emploi des nouvelles technologies pour soutenir cette action a été évoqué. Tous les intervenants ont reconnu qu’il fallait mobiliser un engagement fort en faveur d’un apprentissage de meilleure qualité dans l’agenda du développement post-2015, tout en soulignant par ailleurs que l’éducation avait besoin pour progresser d’efforts constants en vue d’éradiquer la pauvreté, d’améliorer la santé et la nutrition des élèves et de réduire les inégalités sociales.

Pour finir, S. E. M. Carsten Staur, ambassadeur du Danemark auprès des Nations Unies et organisateur de la manifestation, a déclaré : « l’éducation est l’arme la plus puissante dont nous puissions user pour changer le monde. Son potentiel de transformation est infini ». Puis il a rappelé qu’à l’époque où les OMD avaient été définis, l’accent avait été mis sur l’accès à l’éducation, ce qui avait donné de nombreux résultats positifs et de raisons de se féliciter, sans toutefois fournir de garanties quant aux résultats de l’apprentissage et à son utilité pour les enfants « afin qu’ils soient capables d’affronter le monde tel qu’il est : dans les économies du savoir actuelles, l’accès et l’alphabétisation ne suffisent pas pour trouver un emploi. L’éducation doit se fixer un objectif plus large. Nous devons étudier des approches créatives dans un esprit critique ». M. Carsten Staur a conclu par ces mots : « l’éducation est le meilleur investissement qu’un pays puisse faire, car elle joue également un rôle majeur dans la mobilité sociale ».

À la suite de la manifestation de haut niveau sur l’éducation, la Directrice générale a donné une conférence inaugurale à l’Association de politique étrangère, dans le cadre de la série de conférences éminentes sur le développement social et économique organisée par la Fondation IDP – Irene D. Pritzker. La conférence s’est déroulée en présence de Mme Irene D. Pritzker, Présidente de la Fondation IDP ; de M. Noel Lateef, Président de l’Association de politique étrangère ; et de M. Luis Antonio Ubinas, Président de la Fondation Ford. La conférence et le débat vivant et interactif avec un public intergénérationnel qui lui a succédé ont traité des défis qui se posent à l’éducation en tant que facteur d’équité et de croissance durable. « Sur une planète sous pression, l’éducation est le plus sûr moyen de forger de nouvelles mentalités et de nouveaux comportements pour une solidarité et une durabilité mondiales », a conclu Irina Bokova.




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