02.04.2012 - Education Sector

Des jeunes s’expriment sur l’éducation sexuelle

J.O'Sullivan

Trois jeunes, trois régions différentes, mais une seule mission : Manuela Donato, Pablo Torres Aguilera et Samuel Kissi ont récemment participé à une Consultation technique internationale sur le renforcement de l’éducation sexuelle, qui s’est tenue du 13 au 15 mars 2012, à l’UNESCO.

Manuela représentait la Coalition de la jeunesse mondiale sur le VIH/sida (GYCA) ; Pablo, qui est une jeune personne vivant avec le VIH, représentait l’ONG établie aux Pays-Bas Dance for Life, et Samuel représentait le Réseau africain des jeunes et adolescents en population et développement (AFRIYAN). Tous les trois ont plaidé en faveur d’une éducation sexuelle complète, de la santé génésique et des droits des jeunes.

Manuela

Pour moi, le problème principal, c’est la création d’un environnement dans le cadre duquel chacun se sent libre de faire ses choix, sans subir de pressions. L’école est le premier canal grâce auquel on obtient des informations et grâce auquel on partage des expériences. Il est donc fondamental que les gouvernements y accordent davantage d’importance à l’éducation sexuelle.

En Amérique latine et aux Caraïbes, nous sommes considérés comme des pays avancés et plutôt progressistes. Nos orientations, nos déclarations et nos politiques (au Brésil, par exemple) sont de bonne qualité. Cependant, pour ce qui est de la mise en œuvre, il semble que les gouvernements aient quelques difficultés à transformer l’éducation sexuelle en priorité. Par exemple, les enseignants devraient être mieux formés dans ce domaine. Mais ce n’est presque jamais une priorité. Le défi doit être relevé au niveau des autorités locales, dans les écoles et au sein des communautés. En fait, le problème reste posé à tous les niveaux.  

Que peut faire l’UNESCO pour inverser la tendance ? L’UNESCO peut partager de bons principes directeurs, exemples, bases de données et documents de recherche et aider les communautés et les gouvernements.

Pablo

Pour moi, le problème essentiel est celui de l’inclusion et de l’intégration des populations directement concernées dans l’éducation sexuelle. Par exemple, les personnes qui sont les plus affectées par le VIH, comment sont-elles traitées dans le contexte scolaire ? Qu’en est-il des élèves  , des consommateurs de stupéfiants et des prostitué(e)s ? Lorsque j’ai appris que j’étais séropositif, je n’avais suivi aucun cours d’éducation sexuelle. Mon propre environnement scolaire était très homophobe – mes enseignants du primaire étaient verbalement violents.

Je préfère utiliser le terme « responsabiliser » au mot « instruire ». Au sein de Dance for Life, notre programme d’éducation sexuelle comporte quatre étapes que franchissent les participants grâce à la danse et la musique, qui attirent leur attention et les aident à comprendre le message.

Je pense que l’UNESCO peut contribuer à cibler les populations non scolarisées et à les informer dans des contextes formels et non formels.

Samuel

Je m’intéresse aux moyens permettant d’intégrer la santé et l’éducation ainsi qu’à la façon dont les jeunes peuvent accéder aux services lorsqu’ils ont acquis les connaissances – à l’intérieur ou à l’extérieur de l’école. Nous voulons atteindre l’ensemble des jeunes. Lorsqu’il existe des restrictions d’ordre juridique ou politique au sein des établissements scolaires, nous devons les chasser des écoles.

Mon organisation, l’AFRIYAN, est un réseau régional regroupant les réseaux nationaux de 36 pays. Notre objectif est le programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (Le Caire, 1994).

Au Ghana, je travaille au sein d’une organisation qui s’appelle Curious Minds. Nous utilisons la radio et les médias pour instruire et informer les jeunes sur leurs droits. Dans les districts démunis, nous formons les écoliers âgés de 10 à 16 ans aux compétences de base en matière de radio- et de télédiffusion ainsi qu’aux droits de l’enfant, à l’éducation sexuelle, etc., afin qu’ils instruisent leurs pairs. « Restez à l’école » était le message du programme. Il a duré environ deux ans. Les enfants qui suivaient la formation avaient tendance à rester à l’école et à adopter un comportement responsable, par exemple en utilisant des préservatifs et en évitant de tomber enceinte trop précocement. Certains ont suivi un cycle d’études secondaires et sont allés à l’université. L’activité les a incités à être plus exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes.

 

 




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