Cap-Vert

© DGEFA, Capt vert 2010

La Direction générale de l’éducation et la formation des adultes du Cap-Vert (DGEFA) a reçu le Prix UNESCO d’alphabétisation Roi Sejong pour son programme d’éducation permanente et d’apprentissage qui a permis de faire fortement reculer l’analphabétisme depuis l’indépendance.

L’alphabétisation progresse à grands pas au Cap-Vert 

L’alphabétisation de la population capverdienne dans son ensemble progresse à grands pas : le taux d’analphabétisme est en effet d’environ 20% seulement alors qu’il dépassait les 60% en 1975 lorsque cet archipel lusophone d’Afrique de l’ouest a accédé à la souveraineté. L’instrument de cette politique est la Direction générale de l’éducation et la formation des adultes (DGEFA), un service du ministère de l’Education et de l’Enseignement supérieur chargé de la mise en œuvre de l’éducation extrascolaire. Celui-ci a pour tâche l’instruction et la formation professionnelle de base des adultes.  

Outre la meilleure assurance et l’estime de soi que permet la capacité de lire, d’écrire et de compter, l’objectif du programme est d’offrir la possibilité d’exercer une profession et, par conséquent, de lutter contre la pauvreté. Il s’agit aussi d’une éducation à la vie communautaire reposant sur quatre piliers : apprendre à connaître, apprendre à faire, apprendre à être et apprendre à vivre ensemble, voire à créer des associations d’intérêt commun. Par ailleurs, les questions relatives à l’égalité des sexes et à la prévention du VIH/sida sont aussi abordées.  

Malgré tout, le niveau de pauvreté demeure élevé dans un pays où 30% de la population pâtit de ressources insuffisantes (41% dans les campagnes). On constate parallèlement que le taux d’analphabétisme demeure plus élevé en milieu rural, particulièrement dans la tranche d’âge 35-49 ans et chez les femmes. Celles-ci sont le premier public cible du programme gouvernemental d’alphabétisation. L’une d’entre elles, Lourença de Brito, habitante de Ribeira Grande de Santiago, berceau du peuplement capverdien, confie : « Si on m’avait mise à l’école quand j’étais petite, aujourd’hui, je serais certainement quelqu’un parce que je suis curieuse. Mais on ne m’y a pas mise, à cause des travaux de la ferme, garder les animaux, aller chercher du bois. Là, je suis vraiment contente et seul Dieu peut connaître ma joie ! »

La méthode d’enseignement est inspirée des travaux du pédagogue brésilien Paulo Freire, auteur notamment d’une « Pédagogie des opprimés ». Les cours de langue portugaise sont adaptés à la réalité capverdienne, et sont donnés en langue créole, dans les 17 centres d’éducation et de formation des adultes répartis dans l’archipel. Les formateurs doivent aussi adapter les cours en fonction des communautés auxquelles ils s’adressent. Ils ont abondamment recours à l’informatique et à l’Internet afin de faciliter les échanges dans ce territoire éclaté sur le plan géographique.

Deux mille personnes en moyenne vont au terme de leur formation chaque année. Depuis 1979, près de 100.000 Capverdiens, sur un demi-million d’habitants, ont réussi cet examen.

Les cours sont organisés en trois phases d’une année scolaire chacune, une quatrième phase facultative permettant de consolider l’acquis en s’efforçant de lutter contre « l’analphabétisme de retour ».            

Le coût annuel du programme est de 440 millions d’escudos (4 millions d’euros), assuré par l’Etat capverdien, l’aide publique au développement, la Banque africaine de développement et les Nations Unies.

Bernard Giansetto

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