Allemagne

©State Institute for Teacher Training and School Development, Germany

Le projet d’alphabétisation familiale (FLY), qui a reçu l’un des Prix d’alphabétisation UNESCO-Roi Sejong 2010, s’adresse à la fois aux enfants et aux parents issus des communautés immigrantes de Hambourg (Allemagne).

Créer des passerelles entre l’école, les communautés et les parents 

Partir du portrait d’un parent ou d’une photo de groupe et raconter par écrit l’histoire de la famille pour la restituer à ses enfants. C’est l’un des exercices auxquels se prêtent les mères de famille qui participent, aux côtés de leurs enfants, au projet d’alphabétisation familiale (Family Literacy, FLY) mis en place à Hambourg, Allemagne. Ce programme, lancé en 2004 par l’Institut d’Etat pour la formation des enseignants et le développement de l’école dans plusieurs quartiers défavorisés, a reçu l’un des Prix d’alphabétisation UNESCO-Roi Sejong 2010.

Mis en place à Hambourg, une ville qui compte 14% d’immigrants, le projet FLY s’adresse à la fois aux parents issus des communautés d’immigrants, essentiellement aux mères, et à leurs enfants de moins de six ans. C’est en effet dans les premières années de la vie d’un enfant que se joue l’attitude vis-à-vis de l’apprentissage et le rapport futur à l’école. Or pendant cette période, les parents jouent un rôle clé dans l’acquisition des compétences liées à l’alphabétisation. C’est aussi un moment où beaucoup d’entre eux entament des démarches pour apprendre ou réapprendre à lire et écrire afin d’aider leurs enfants dans leur travail scolaire.

Une fois par semaine, pendant deux ans, les mères accompagnées de leurs enfants se rendent en classe. Certaines activités, comme les jeux organisés autour des livres, se font en commun. D’autres en revanche ont lieu de manière séparée, les enfants d’un côté, les mères de l’autre.  Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à lire et écrire mais aussi de se familiariser avec l’objet livre, d’encourager le plaisir de la lecture et d’apprendre à rédiger des textes en allemand, dans sa langue maternelle ou dans les deux langues.            

Chaque année, ce sont près d’un millier de parents et autant d’enfants qui bénéficient du projet FLY. Si neuf quartiers étaient concernés au départ, ils sont désormais 33, et 25 nouvelles écoles se lancent chaque année dans l’aventure. Au fil des ans, le projet a réussi à créer des passerelles entre l’école, les familles et les communautés. Il permet de faciliter la communication entre parents et enseignants et a peu à peu changé la culture des écoles participantes. Dans plusieurs établissements, des salles ont ainsi été créées pour accueillir les mères. A l’issue du cursus de deux ans, beaucoup d’entre elles ont amélioré l’estime qu’elles avaient d’elles mêmes et gagné en confiance.  

Il arrive que le projet mette au jour des talents comme dans le cas d’Ümmühan, une mère d’origine turque, qui s’est découvert un don pour l’écriture. Ses poèmes ont été publiés et son recueil est désormais utilisé dans les cours d’alphabétisation avec les femmes immigrantes.  

Agnès Bardon

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