Nepal

© UNESCO.R. Dominique

Le Centre d’éducation non-formelle, fer de lance de l’alphabétisation au Népal, a reçu le Prix Confucius UNESCO pour sa capacité à atteindre les communautés les plus défavorisées qu’elles vivent en ville ou dans les coins les plus reculés du pays, faisant progresser considérablement le niveau d’alphabétisation de la population en l’espace de trois années seulement.

Quand le Népal met l’éducation non-formelle au service de l’alphabétisation

Comment alphabétiser 100% de la population dans un pays de montagnes, de vallées perdues et de forêts profondes ? Face à ce défi, le Ministère de l’Education et des Sports du Népal a chargé le Centre d’éducation non-formelle (Non-Formal Education Centre – NFEC) de créer un programme national pour atteindre les populations marginalisées, les femmes en particulier. Selon les dernières statistiques, 37% des Népalais ne savaient ni lire ni écrire en 2008-2009. Alors que la première Campagne nationale d’alphabétisation lancée par les pouvoirs publics aurait touché trois millions de personnes, il en resterait environ près de cinq millions à alphabétiser d’ici 2015. 

Les centres d’apprentissage communautaire (Community Learning Centers – CLC) dont le nombre dépasse le millier jouent un rôle clé à cet égard. Leur action touche tous les publics : les adultes, avec un cursus spécial pour les femmes, des cours complémentaires pour consolider l’apprentissage des nouveaux alphabétisés, sans oublier les enfants ayant abandonné l’école ou n’ayant même pas eu la chance d’y aller. 

Le programme pour adultes et adolescents est conçu pour une tranche d’âge très large allant de 14 à 45 ans. Lancé aussitôt après l’instauration de la démocratie en 2007, il concerne les personnes n’ayant pas été à l’école. Les effectifs sont d’au moins une vingtaine d’adultes par classe. D’une durée de deux heures, les cours ont lieu six jours par semaine. L’objectif est non seulement d’apprendre à lire et à écrire le népalais mais aussi d’avoir prise sur les problèmes auxquels tout un chacun peut être confronté dans sa vie quotidienne. Il vise à inculquer les normes de la vie démocratique et à donner des outils permettant d’entreprendre une activité économique.

En ce qui concerne enfin les enfants, on estime que 17% d’entre eux ne sont pas scolarisés tandis que 12% abandonnent prématurément l’école. Sont particulièrement concernés les jeunes Népalais de 6 à 14 ans appartenant à des minorités ethniques, aux classes et castes pauvres, ou vivant dans des régions enclavées. Après trois années de cours, les élèves ayant réussi peuvent être admis dans le système scolaire formel au niveau de la quatrième année de scolarité.

A travers ces différents programmes, il s’agit pour les autorités de montrer que l’éducation peut s’acquérir à tout âge et partout. Il s’agit non seulement d’apprendre à lire, écrire et compter mais aussi de recevoir une instruction civique, d’acquérir des connaissances en matière de santé maternelle et infantile, de planning familial, sans oublier la préservation des traditions culturelles. Les promoteurs de ces programmes ont la conviction que l’alphabétisation de la population est indissolublement liée au développement du pays.

Bernard Giansetto

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