Premiers pas vers l’adoption d’un Plan d’action des Nations Unies pour améliorer la sécurité des journalistes et combattre l’impunité

Des représentants des agences, programmes et fonds des Nations Unies réunis au siège de l’UNESCO ont rédigé un projet de Plan d’action destiné à améliorer la sécurité des journalistes et combattre l’impunité des crimes commis contre cette profession.

Plus de 500 professionnels ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions au cours des dix dernières années. Bien davantage encore ont été attaqués, enlevés, agressés sexuellement, intimidés, harcelés, arrêtés ou détenus illégalement. La grande majorité de ces crimes ne concernait pas seulement les correspondants de guerre mais aussi les journalistes travaillant dans leur propre pays, généralement en temps de paix, et couvrant des informations locales. Dans la plupart des cas, les auteurs de ces crimes restent impunis.

L’UNESCO, l’institution des Nations Unies mandatée pour « promouvoir la libre circulation des idées, par le mot et par l’image », a organisé les 13 et 14 septembre une réunion qui avait pour but de mettre en place une approche coordonnée, à l’échelle des Nations Unies, pour prévenir et combattre ces crimes.

Parmi les mesures envisagées dans le Plan d’action, on peut citer la création d’un mécanisme coordonné inter-agences destiné à traiter des questions relatives à la sécurité des journalistes et à l’impunité. Ce mécanisme aurait aussi en charge le suivi des progrès réalisés aux niveaux national et international. La sécurité et l’impunité doivent également être intégrées aux stratégies des Nations Unies au niveau national, notamment via les programmes d’aide au développement et la possibilité d’inclure des acteurs du monde des médias dans certains processus préparatoires de projets de développement.

Le projet de Plan prévoit également de développer le travail déjà mis en œuvre par l’UNESCO pour prévenir les crimes commis contre les professionnels des médias comme l’aide apportée aux pays pour développer des législations et des mécanismes favorables à la liberté d’expression et d’information. Autre exemple : le soutien apporté aux efforts visant à mettre en œuvre les règles et principes internationaux existants, comme la Résolution de la Conférence générale de l’UNESCO de 1997 concernant la violence contre les journalistes. Cette résolution stipule qu’il ne devrait pas exister de prescription concernant les crimes commis contre la liberté d’expression.

Pour améliorer encore la prévention, des campagnes de sensibilisation seront par ailleurs lancées auprès des Etats membres, de la société civile, des organisations non gouvernementales et des organes concernés sur la liberté d’expression, la sécurité des journalistes et le danger que fait courir l’impunité aux démocraties.

Le projet de Plan d’action sera présenté devant le Programme international pour le développement et la communication (PIDC) de l’UNESCO lors de sa prochaine session en mars 2012 et sera ensuite soumis aux organes en charge de la coordination au niveau des Nations Unies.

Parmi les participants à cette réunion, présidée par Raghu Menon, président du PIDC, figuraient notamment la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova ; Kiyo Akasaka, Secrétaire général adjoint des Nations Unies à la communication et à l’information ;; Frank la Rue, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression ; Dunja Mijatovic, Représentante de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe pour la liberté des médias (OSCE); Catalina Botero, Rapporteur spécial sur la liberté d’expression pour l’Organisation des Etats américains (OEA) et Faith Pansy Tlakula, Rapporteur spécial sur la liberté d’expression en Afrique et l’accès à l’information pour la Commission de l’Union africaine. Les représentants d’organisations majeures de défense de la liberté d’expression et de liberté de la presse étaient également présents.

La réunion a reçu le soutien du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et du Haut-Commissaire pour les droits de l’homme, Navi Pillay, qui se sont adressés aux participants au début de la session.

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