Avec leurs propres mots – Enseignants de villages ruraux thaïlandais

Quatre enseignants de villages reculés de la province de Mae Hong Son – la région la plus montagneuse de la Thaïlande (à 900 km au nord de Bangkok) ont fait part à l’UNESCO des difficultés qu’ils rencontrent en matière d’enseignement et d’apprentissage et ont indiqué de quelle manière l’Organisation pourrait les aider.

Khallaya Jirapong, Sanan Keawyoung, Lt. Sura Sitpeng,  Samnien Attapaibon et seize autres enseignants participent à une initiative visant à renforcer les liens et à créer des réseaux ayant pour objet de promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie pour tous dans cette région montagneuse. Conjointement élaboré par dix organismes des Nations Unies dont l’UNESCO, l’objectif du Programme commun des Nations Unies pour le développement intégré des moyens de subsistance dans les hauts plateaux de Mae Hong Son est d’améliorer la qualité de la vie et de réduire la pauvreté parmi les groupes vulnérables.

Quels sont les principaux problèmes que vous rencontrez au sein de votre école ?

« Nous avons des problèmes en termes de ressources humaines, de technologies et de communication (langues). Aujourd’hui, deux enseignants, dont moi-même, accueillent 45 élèves de six niveaux d’études différents dans une école primaire où nous n’avons même pas l’électricité, si ce n’est une cellule solaire, pour nous aider dans nos méthodes pédagogiques. Cependant, le plus grand problème est celui de la communication. La plupart des élèves font partie de la tribu Red Mu-Ser et ne parlent pas la langue officielle de la Thaïlande. »

Khallaya Jirapong, École de Ban Pan Mon 

 « Nombre de nos élèves s’inscrivent, mais abandonnent avec la même régularité. Aujourd’hui, nous avons un enseignant et deux assistants pour enseigner à 73 élèves. L’enseignant doit gérer un trop grand nombre de disciplines et de niveaux d’études. »

Sanan Keawyoung, Ban Mae Pae

« Nous avons des problèmes en termes de communication et de langue car les apprenants font partie de la tribu Red Mur-Ser tribe. Nos enseignants n’ont pas bénéficié de la formation sérieuse d’un instructeur professionnel et il est donc très difficile de communiquer efficacement. »

Lt. Sura Sitpeng, École de formation des patrouilles de police Thai Anusorn

« Les différences touchant aux groupes ethniques constituent un grave problème car les élèves issus de groupes ethniques différents n’ont pas tous les mêmes possibilités en matière d’alphabétisation. »

Samnien Attapaibon, Maternelle de Mae La Noi

Quels sont les objectifs? 

« Je souhaite que mes élèves survivent dans le monde réel. En effet, la société urbaine est totalement différente des villages où nous avons grandi. Quand ils quittent l’école et qu’ils poursuivent leurs études, ils sont confrontés à une vie différente. Je souhaite que mes élèves soient conscients de cette situation. S’ils n’étaient pas prévenus, ils pourraient avoir une existence difficile. »

Khallaya Jirapong, École de Ban Pan Mon 

 « Nous souhaitons que les enfants thaïlandais et birmans défavorisés puissent bénéficier de davantage d’opportunités, qu’ils soient tenus à l’écart de la drogue et qu’ils évitent d’autres problèmes. Nous voulons améliorer leur qualité de vie, notamment en termes d’éducation. »  

Sanan Keawyoung, Ban Mae Pae

« Nous ne voulons pas uniquement mettre l’accent sur les contenus du programme.  Nous voulons aussi nous focaliser pleinement sur l’éthique et la moralité.  Nous souhaitons que dans leur vie, nos élèves tiennent compte de l’égalité et de l’équité. »

Samnien Attapaibon, Maternelle de Mae La Noi  

Que peut faire l’UNESCO ?

 « Je souhaite que l’UNESCO nous aide à acquérir davantage de technologies, notamment un système de cellules solaires. Cela nous permettra d’améliorer nos possibilités en matière d’éducation. »

Khallaya Jirapong, École de Ban Pan Mon

 « Je souhaite que l’UNESCO nous procure du matériel pédagogique et envoie des experts pour nous aider en termes de technologies éducatives. »

Sanan Keawyoung, Ban Mae Pae

 « Étant donné que nous avons sept groupes ethniques différents dans la province de Mae Hong Son, nous souhaitons que l’UNESCO nous procure des matériels pédagogiques qui intègrent ces différences. »

Samnien Attapaibon, Maternelle de Mae La Noi

(Avec nos remerciements à Panya Laongthong et Preeya Poopichayapongse, Bureau de l’UNESCO à Bangkok)

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