Faits et chiffres

Déficit d’enseignants

L’offre d’enseignants est insuffisante par rapport à l’augmentation de la demande observée dans le primaire

Selon les projections de l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), le monde a besoin de :

  • créer 1,7 million de postes supplémentaires, dans le primaire, d’ici à 2015, pour atteindre l’objectif de l’éducation primaire universelle ;
  • remplacer 5,1 millions d’enseignants qui quitteront la profession ;
  • recruter un total de 6,8 millions d’enseignants afin de garantir à tous les enfants, d’ici à 2015, le droit à l’éducation primaire.

La situation est particulièrement mauvaise en Afrique subsaharienne, où la demande d’enseignants augmente rapidement car la population en âge de fréquenter l’école continue à progresser. Pour que tous les enfants puissent accéder à l’éducation primaire, l’Afrique subsaharienne devait recruter plus d’1,8 million d’enseignants du primaire entre 2010 et 2015 (ISU).  

La pression se fait plus forte sur le corps enseignant africain en raison de l’augmentation des taux d’inscription dans le primaire. Dans la région, les taux d’attrition (le pourcentage d’enseignants qui quittent la profession) varient entre 3 % au Mali et 17 % en Angola, par exemple, où la durée moyenne de la carrière d’un enseignant du primaire est de 7 ans au maximum (Base de données de l’ISU).  

Des pays tels que la République centrafricaine, l’Érythrée et le Tchad devront au moins doubler le nombre de leurs enseignants pour atteindre l’objectif de l’éducation primaire universelle (Base de données de l’ISU).  

Les pays suivants devront augmenter le nombre de leurs enseignants de plus de 10 % par an s’ils veulent s’assurer que suffisamment d’enseignants du primaire seront en poste d’ici à 2015 : Burkina Faso, République centrafricaine, Côte d'Ivoire, Djibouti, Erythrée, Malawi, Mali, Niger et Tchad (Base de données de l’ISU).    

Le genre est un autre aspect important du recrutement des enseignants. Des études ont démontré que déployer davantage d’enseignantes dans les pays où la majorité des enseignants sont des hommes peut avoir un effet positif sur les résultats des filles et l’augmentation parmi les filles des taux de rétention, de progression et d’achèvement du primaire. (Base de données de l’ISU).     

Les enseignants sont très bien placés pour faire venir les enfants à l’école et veiller à ce qu’ils y restent  

Davantage d’enseignants sont nécessaires pour scolariser les 61 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire qui sont privés de leur droit à l’éducation :

  • 47 % de ces enfants n’iront jamais à l’école
  • 26 % de ces enfants ont commencé l’école mais ont abandonné 27 % de ces enfants commenceront l’école tardivement (Base de données de l’ISU).    

Les filles constituent la majorité (53 %) des enfants en âge de fréquenter l’école primaire qui ne sont pas scolarisés. Au niveau mondial, 32 millions de filles de cette tranche d’âge sont privées de leur droit fondamental à l’éducation (Base de données de l’ISU).  

31 millions d’enfants d’Afrique subsaharienne ne sont pas scolarisés. 55 % d’entre eux n’iront jamais à l’école (Base de données de l’ISU). Les filles sont confrontées aux plus grands obstacles à l’éducation. Le nombre de filles en âge de fréquenter l’école primaire qui ne sont pas scolarisées est supérieur d’environ 2 millions au nombre de garçons de la même tranche d’âge (Base de données de l’ISU).    

En Asie du Sud et de l’Ouest, 13 millions d’enfants ne sont pas scolarisés. 49 % de ces enfants n’iront jamais à l’école et 45 % de ces mêmes enfants se sont inscrits à l’école mais ont abandonné leurs études (Base de données de l’ISU).  

Qualité de l’éducation et résultats de l’apprentissage

  • Des études ont démontré que des enfants de nombreux pays parmi les plus pauvres du monde peuvent passer plusieurs années à l’école sans apprendre à lire un seul mot. Au Mali, au moins huit élèves sur dix scolarisés en 2e année étaient incapables de lire un seul mot dans la langue nationale. (Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2012).
  • Il se peut que les enseignants n’aient ni les connaissances nécessaires de la discipline ni la capacité de les utiliser dans le cadre d’approches efficaces de l’instruction. Dans le cadre d’une enquête menée en 2010 sur les écoles primaires du Kenya, des enseignants et leurs élèves de 6e année ont subi un test de mathématiques. Le score moyen obtenu par les enseignants a atteint 60 %. Dans ces conditions, le fait que les élèves aient également obtenu de faibles scores, autour de 47 %, n’est guère surprenant. Certains enseignants ont obtenu un score d’à peine 17 % au test normalisé élaboré à partir du programme des études primaires. Aucun des enseignants de l’échantillon ne maîtrisait complètement la discipline.

Formation des enseignants

  • Lorsque les systèmes éducatifs se sont développés rapidement, les enseignants ont parfois été recrutés avec peu de qualifications. Au Kenya, en Ouganda et en République unie de Tanzanie, par exemple, les stagiaires ont tendance à entrer dans les collèges de formation des maîtres alors qu’ils n’ont acquis qu’une éducation de base (Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2011).  
  • En Gambie, 77 % des professeurs des enseignants du primaire n’ont jamais enseigné dans le primaire (Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2010).  
  • Dans 33 des 100 pays ayant fourni des données sur l’éducation primaire, moins de 75 % des enseignants avaient suivi une formation conforme à la norme nationale. (Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2012).
  • Les données sur les pourcentages d’enseignants qualifiés sont plus rares pour le secondaire,  mais il est évident que de nombreux pays ne forment pas suffisamment d’enseignants du secondaire de façon à ce qu’ils atteignent le niveau minimum prescrit. Dans 26 des 59 pays ayant fourni des données, moins de 75 % des enseignants du secondaire sont formés, et dans 11 de ces mêmes pays, moins de 50 % des enseignants sont formés. Ces derniers pays comprennent le Bangladesh, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo et le Niger. (Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2012)

Conditions de travail des enseignants

Améliorer l’accès à l’éducation est fondamental, mais ne suffit pas à retenir les enfants à l’école et à garantir de bonnes conditions d’apprentissage. Les classes surchargées peuvent anéantir l’objectif visant à s’assurer que chaque enfant bénéficie d’une éducation de qualité. Dans de nombreux pays, le rapport élèves/enseignant augmente. Par exemple, pour chaque enseignant, il y a :

  • 84 élèves du primaire en République centrafricaine ;
  • 79 élèves du primaire au Malawi ;
  • 65 élèves du primaire au Rwanda;
  • 48 élèves du primaire au Cambodge ;
  • 43 élèves du primaire au Bangladesh (Base de données de l’ISU).  

L’absentéisme des enseignants et les pertes de temps liées aux comportements inappropriés pendant les cours peuvent réduire la durée de l’apprentissage de façon significative et aggraver les disparités d’apprentissage. Une étude réalisée dans deux états indiens a montré que les enseignants titulaires du service public exerçant leur activité dans les zones rurales étaient absents au moins un jour par semaine. Améliorer les conditions d’emploi des enseignants et renforcer la gouvernance et la responsabilité des écoles peut faire progresser les résultats d’apprentissage et réduire les inégalités. (Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2011).

Les classes insuffisamment équipées ainsi que l’absence de manuels et de matériels d’écriture ne favorisent guère un apprentissage efficace. Au Kenya, la proportion d’enfants qui possèdent leur propre livre de mathématiques varie entre 8 % dans la province du Nord-Est et 44 % à Nairobi. (Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2011).

Pour compléter leurs salaires, de nombreux enseignants sont obligés de trouver un emploi supplémentaire. Les gouvernements et les donateurs doivent s’assurer que les salaires et les conditions de travail des enseignants reflètent leur engagement d’offrir une éducation de qualité grâce à une main-d’œuvre qualifiée et motivée. (Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2010).

 

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