Lancement des célébrations du 50e anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation 2016

© UNESCO/Ignacio Marin

La Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova a lancé la 50e Journée internationale de l’alphabétisation au Siège de l’Organisation à Paris, le 8 septembre 2016, en rappelant le pouvoir de l’alphabétisation pour atteindre les objectifs du nouveau programme mondial de développement. 

À travers le monde, 758 millions d’adultes ne savent ni lire ni écrire une phrase simple. Deux tiers sont des femmes, et les retards les plus importants se situent en Afrique (Institut de statistique de l’UNESCO).

La manifestation de deux jours organisée à l’occasion de l’anniversaire et intitulée Lire le passé, écrire l’avenir, qui marque la première célébration dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, passera en revue les réalisations et les enseignements tirés au cours des cinquante dernières années et identifiera les défis et les solutions innovantes. 

Durant la cérémonie, Mme Bokova a déclaré : « L’alphabétisation est essentielle au succès du nouveau programme mondial. Elle offre aux femmes et aux hommes les compétences nécessaires pour façonner le monde selon leurs rêves et leurs aspirations. Dans un monde sous pression, l’alphabétisation est source de dignité et de droits. Dans un monde en mutation rapide, l’alphabétisation est le fondement de sociétés inclusives et résilientes. C’est une force transformatrice pour lutter contre la pauvreté, faire progresser l’égalité des genres, améliorer la santé familiale, protéger l’environnement et promouvoir la participation démocratique ».

Mme Bokova a indiqué que les efforts considérables déployés par les pays et les partenaires avaient permis de faire passer le taux d’alphabétisation global des adultes de 61 % en 1960 à 85 % en 2015, et que le taux d’alphabétisation global des jeunes avait atteint le chiffre encourageant de 90 % en 2014. Toutefois, il reste beaucoup à faire.

L’invitée spéciale S. A. R. la Princesse Laurentien des Pays-Bas, Envoyée spéciale de l’UNESCO pour l’alphabétisation au service du développement, a évoqué avec force le coût humain et financier de l’analphabétisme, ainsi que les défis immenses pour l’avenir.

« Quelle est la question qui me tient éveillée la nuit ? Mon sentiment est partagé entre la joie devant les réussites des élèves à l’échelle locale et la frustration que, malgré tous ces efforts, nous n’ayons pas été capables de faire en sorte que les taux d’alphabétisme ne baissent pas mais augmentent. Pourquoi n’est-ce pas possible ? Pour moi, la seule réponse est que cette question n’est pas placée assez haut dans l’agenda politique. Les responsables politiques ne perçoivent pas le coût immense de l’analphabétisme. 

Nous devons abandonner nos idées préconçues, bousculer les choses et mener une introspection sur ce que nous faisons bien et sur ce que nous faisons mal. Nous devons sortir de notre bulle. Tel est notre défi ».

Le lancement a été suivi d’un panel ministériel intitulé Le partage d'expériences sur les politiques et stratégies au sein de la vision 2030 de l'alphabétisation, présidé par M. David Atchoarena, directeur de la Division pour les politiques et les systèmes d'apprentissage tout au long de la vie de l’UNESCO, auquel ont participé S. E. Mme Kandia Camara, Ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement technique de la Côte d’Ivoire, S. E. Mme Ena Elsa Velazquez Cobiella, Ministre de l’éducation de Cuba, S. E. M. Serigne Mbaye Thiam, Ministre de l’éducation du Sénégal et S. E. M. Upendra Kishwaha, Ministre d’État pour le développement des ressources humaines (éducation scolaire et alphabétisation) de l’Inde. Ils se sont penchés sur les politiques, les pratiques et les défis concernant la réalisation de la vision 2030 dans leurs régions.

Le même jour, Mme Bokova a remis les Prix d’alphabétisation de l’UNESCO 2016 à cinq lauréats originaires de l’Inde, du Sénégal, d’Afrique du Sud, de Thaïlande et du Viet Nam, à savoir le Prix UNESCO-Roi Sejong d'alphabétisation, qui est parrainé par le Gouvernement de la République de Corée, et le Prix UNESCO-Confucius d'alphabétisation, qui bénéficie du soutien du Gouvernement de la République populaire de Chine.

Les célébrations ont également inclus le lancement du Rapport mondial sur l'apprentissage et l'éducation des adultes (GRALE III) et de l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation, un partenariat transversal qui vise à aider les États membres de l’UNESCO à accélérer les progrès vers la réalisation de l’Objectif de développement durable 4.

La Journée internationale de l’alphabétisation a été proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO en 1966, sur la recommandation du Congrès mondial des ministres de l'éducation sur l'élimination de l'analphabétisme tenu à Téhéran, en République islamique d’Iran.

 

 

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