En Afrique, l'accès à l'éducation s'est ralenti

©UNESCO/M. Hofer

En 2010, 61 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire n’étaient pas scolarisés, selon une nouvelle étude de l’UNESCO. Depuis 15 ans, ce chiffre est en recul. Les filles, qui représentaient 58% des enfants non scolarisés en 2000 contre 53% en 2010, ont largement profité des efforts consentis pour améliorer l’accès à l’éducation.

Mais ces progrès sont désormais à l’arrêt et le nombre des enfants exclus de l’école stagne depuis trois ans. Un atlas en ligne, lancé aujourd’hui, rassemble désormais toutes ces données.

C’est en Afrique sub-saharienne que le nombre d’enfants non scolarisés est le plus élevé, d’après l’étude réalisée par l’Institut de statistique de l’UNESCO et le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous. Près d’un enfant sur quatre en âge de fréquenter l’école primaire (23%) n’a jamais été scolarisé ou a quitté l’école sans terminer le cursus primaire. De fait, la stagnation observée au niveau mondial est largement due à la situation en Afrique subsaharienne où le nombre d’enfants exclus de l’école a augmenté, passant de 29 millions en 2008 à 31 millions en 2010. Le Nigeria a lui seul en compte 10,5 millions, l’Ethiopie 2,4 millions.

« A trois ans de l’échéance fixée pour atteindre l’objectif d’éducation primaire universelle, la situation est très préoccupante. L’accès à l’éducation n’est pas seulement un droit humain. C’est aussi une possibilité d’échapper à la pauvreté qui ouvre la voie à une série de bénéfices tout au long de la vie. Les leçons à tirer de cette étude sont claires : il faut un engagement mondial plus fort et des politiques nationales qui mettent l’accent sur les enfants les plus marginalisés et fassent en sorte qu’ils puissent suivre un enseignement », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

A l’inverse, le Sud et l’Ouest de l’Asie ont réalisé d’importants progrès puisque le nombre d’enfants non scolarisés est passé de 39 à 13 millions entre 1990 et 2010. Dans les autres régions, les chiffres atteignent 5 millions dans les Etats arabes, 2,7 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes, 1,3 million en Amérique du Nord et dans l’Europe de l’Ouest, 0,9 million en Europe centrale et orientale et 0,3 million en Asie centrale. 

Sur les 61 millions d’enfants non scolarisés dans le monde, on estime que 47% n’iront jamais à l’école tandis, que 26% ont été scolarisés mais n’ont pas terminé leur cursus et que 27% seront scolarisés. Le défaut d’éducation est souvent une cause et une conséquence de la marginalisation des enfants. Ce sont en effet les pauvres, les populations vivant dans des zones rurales éloignées, ceux qui sont le plus affectés par les conflits ou issus de minorités linguistiques ou ethniques qui se voient privés d’un accès à l’éducation.

Réduire le nombre d’enfants non scolarisés n’est pas un impératif seulement éducatif. Les retombées positives d’un meilleur accès à l’éducation se font sentir dans de nombreux domaines. Ainsi, dans les pays à faibles revenus, une année supplémentaire d’éducation se traduit par un gain de revenu de près de 10% en moyenne. L’éducation est aussi un moteur de croissance. Une étude menée dans 50 pays entre 1960 et 2000 a montré qu’une année supplémentaire d’éducation pouvait générer une augmentation du PNB jusqu’à 0,37% par an.

Les bénéfices sont également d’ordre sanitaire. Il est ainsi démontré que l’éducation maternelle réduit la mortalité infantile. Chaque année d’éducation peut en effet diminuer ce risque de 7 à 9%. Les femmes ayant reçu une éducation sont en effet plus susceptibles d’accoucher dans des conditions sûres que les autres. Au Burkina Faso par exemple, les mères ayant reçu un enseignement secondaire sont deux fois plus susceptibles de donner naissance à leur enfant dans un centre de soins. Elles sont également plus enclines à faire vacciner leur bébé. En Indonésie, les taux de vaccination sont de 19% lorsque les mères ne sont pas allées à l’école, contre 68% pour celles qui au moins un niveau secondaire.

Et si l’éducation seule ne peut enrayer l’épidémie de VIH et sida, elle est également un facteur clé pour limiter la propagation du virus. Selon des chiffres publiés par le Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2011 ; seules 59% des mères ne disposant d’aucune éducation formelle dans 16 pays d’Afrique subsaharienne savaient que le préservatif est un moyen d’éviter la contamination.

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