2002 - Points clés

  • Quelque 83 pays, représentant 32,4 % de la population mondiale, sont en passe de réussir l’Education pour Tous (EPT) avant la date butoir de 2015 déterminée lors du Forum mondial sur l’Education à Dakar en 2000.
  • 43 pays ont accompli des progrès pendant les années 1990 mais risquent de ne pas atteindre au moins un objectif d’ici 2015. Cette catégorie représente 35,8 % de la population mondiale et concerne quatre pays à forte population : Bangladesh, Chine, Egypte et Indonésie.
  • 28 pays, soit plus de 26 % de la population mondiale, risquent sérieusement de n’atteindre aucun des objectifs quantifiables de Dakar que sont l’Education primaire universelle (EPU), l’égalité entre les sexes et la réduction de 50 % du taux d’analphabétisme. Ce groupe comprend, pour les deux tiers, des pays d’Afrique subsaharienne mais aussi l’Inde et le Pakistan.
  • L’Education primaire universelle : au cours des années 1990, la scolarisation a recommencé à se développer rapidement en Asie du Sud et de l’Ouest, dans les Etats arabes et en Afrique du Nord ainsi que dans la région Amérique latine et Caraïbe. Cette croissance est restée lente en Afrique subsaharienne, en Asie centrale et a même connu un recul dans quelques pays d’Europe centrale et de l’Est. Si cette tendance persiste, sur les 128 pays disposant de données nettes de scolarisation, 57 risquent de ne pas réaliser l’EPU. Les problèmes de scolarisation les plus graves se posent dans certains pays arabes et en Afrique subsaharienne. Sur la base des données de 1999, on estime à 115,4 millions le nombre d’enfants non scolarisés, dont 56 % de filles.
  • Egalité entre les sexes : à l’échelle mondiale, la scolarisation des filles dans le primaire s’est améliorée au cours des années 1990. Sur les 153 pays pour lesquels on dispose de données ventilées par sexe, 86 pays ont atteint l’objectif de parité entre les sexes. Parmi les 67 autres, seuls 18 ont de bonnes chances de l’atteindre à l’horizon 2015 (mais pas d’ici à 2005). Sur les 49 pays restants, un peu moins de 50 % se trouvent en Afrique subsaharienne.
  • Alphabétisme des adultes : le taux d’alphabétisme des adultes a progressé d’environ 70 % en 1980 à 80 % en 2000. En valeur absolue, les gains sont modestes, puisqu’il y avait 870 millions de personnes définies comme illettrées en 1980 et 862 millions en 2000, dont 61 % vivaient en Inde, Chine, Pakistan et Bangladesh. A moins d’importants efforts, 79 pays ne parviendront pas à réduire de moitié leur taux d’analphabétisme d’ici à 2015.
  • 73 pays au moins connaissent une situation de crise interne ou sont engagés dans des opérations de reconstruction au sortir d’une crise, qui entraînent un surcoût pour la réalisation de l’Education pour Tous. L’histoire récente donne à penser que quatre ou cinq pays au moins risquent d’être confrontés à des situations d’urgence humanitaire graves et complexes au cours de la prochaine décennie.
  • L’inquiétante perspective de la pénurie d’enseignants : d’ici à 2015, il faudrait de 15 à 35 millions d’enseignants supplémentaires pour réaliser l’Education Primaire Universelle. Trois millions de nouveaux enseignants sont nécessaires en Afrique subsaharienne seule. Contrairement à d’autres régions du monde, les ratios élèves/professeurs se sont de nouveau accrus au cours des dernières années jusqu’à une moyenne régionale de 40 élèves par enseignant, comparée à 25 élèves par enseignant en Amérique latine et Caraïbes, en Asie de l’Est et Pacifique et dans les Etats arabes et Afrique du Nord.
  • VIH/sida : le présent rapport estime à 975 millions de dollars par an le coût additionnel total de la pandémie pour la réalisation de l’EPU. Des dépenses supplémentaires devront être faites pour former et rémunérer des enseignants supplémentaires, intégrer le VIH/sida dans les programmes scolaires, développer les services d’assistance sociale.
  • Ressources nécessaires : d’importantes réformes économiques et éducatives devront être mises en œuvre dans de nombreux pays pour réaliser les objectifs de l’EPT, accompagnées d’augmentations significatives des budgets consacrés à l’éducation de base.
  • Flux d’aide : entre 1990 et 2001, la valeur réelle, tant de l’aide totale que de l’aide à l’éducation, a fortement baissé. Dans leur ensemble, les flux bilatéraux d’aide à l’éducation, qui représentent 70 % du total de cette aide financière, ont également décru de 16 % en 10 ans, passant de 5 à 4 milliards de dollars. La baisse la plus spectaculaire s’est produite en 2000, année où les engagements sont tombés à 3,5 milliards de dollars. L’aide multilatérale a, elle aussi, fortement diminué sur la même période.
  • Chaque année, 5,6 milliards de dollars supplémentaires seront nécessaires en financement externe ne serait-ce que pour réaliser les deux objectifs de l’EPU et de l’égalité entre les sexes, soit cinq fois plus que les volumes actuels. Cette somme est au moins deux fois supérieure aux plus récentes estimations de la Banque mondiale. Selon les projections du rapport, une hausse des dépenses publiques est à prévoir pour faire face au VIH/sida, assurer la scolarisation des filles et financer l’éducation dans les pays en situation de conflit et d’urgence.
  • Le financement extérieur de l’éducation de base s’élevait en 2000 à 1,45 milliard de dollars, soit à peu près le quart de l’aide extérieure additionnelle qui serait nécessaire chaque année, jusqu’en 2015, pour atteindre les deux objectifs communs à l’EPT et aux ODM, dont la majeure partie est concentrée sur l’Afrique subsaharienne.
  • Une nouvelle approche mondiale du financement du développement a été formulée à la Conférence internationale des Nations Unies sur le financement du développement à Monterrey, en 2002. Si les 12 milliards de dollars promis à Monterrey, pour 2006 au plus tard, devaient être répartis selon la tendance actuelle entre tous les secteurs, un milliard de dollars irait à l’éducation, dont 0,3 milliard à l’éducation de base. Une aide annuelle supplémentaire de 1,2 milliard de dollars a été promise en 2002 par la Banque mondiale, le Japon et d’autres bailleurs de fonds bilatéraux extérieurs à l’Union européenne. Il faudrait que les engagements du G8 couvrent environ 4,4 milliards de dollars sur les 5,6 milliards envisagés par le présent rapport comme étant le volume d’aide nécessaire pour atteindre les objectifs relatifs à l’EPU et à l’égalité entre les sexes d’ici à 2015.
  • Le Rapport s’interroge sur certains biais des programmes d’aide qui tendent à favoriser les pays ayant déjà mis en place de bonnes stratégies de réduction de la pauvreté et des plans crédibles pour l’EPT. Une telle approche tend à privilégier les pays caractérisés par une longue stabilité politique et une forte tradition en matière d’élaboration de politiques et à exclure du champ d’autres pays qui auraient un besoin urgent d’assistance.
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