Mettre un terme au harcèlement homophobe, une année d’action

© BeLonG To Youth Services, Ireland

« Mes notes ne cessaient de baisser. J’ai commencé à sécher les cours. Le plus souvent, je restais au lit et je pleurais. » Ce témoignage est caractéristique de l’expérience de beaucoup d’élèves lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) du monde entier. Ces jeunes sont régulièrement privés de leur droit à l’éducation parce qu’ils sont victimes de discriminations ou de violences à l’école, fondées sur leur orientation sexuelle, réelle ou perçue, ou sur leur identité de genre.

Le harcèlement homophobe est une violation des droits de l’apprenant et de l’enseignant et un obstacle à une éducation pour tous de qualité. Consciente de l’ampleur du problème, l’UNESCO œuvre à mettre un terme à toutes les formes de discriminations et de violences liées au genre à l’école.

Dans un message adressé à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHO), célébrée le 17 mai de chaque année depuis 2005 dans le monde entier, Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, déclare :

« Je réaffirme ma volonté profonde et personnelle de renforcer l’action de l’UNESCO visant à promouvoir des droits humains universels pour tous, notamment le droit à l’éducation et à la sûreté pour les personnes LGBT. »

Qu’a accompli l’UNESCO depuis le 16 mai 2012 ? A cette date, l’Organisation a mis en place une réunion de haut niveau pour traiter concrètement le problème du harcèlement homophobe. L’événement a coïncidé avec la Journée IDAHO 2012 dont le thème était «Combattre l’homophobie et la transphobie dans et par l’éducation. »

La réunion de l’UNESCO a donné lieu au lancement de la publication « Réponses du secteur de l'éducation au harcèlement homophobe. Brochure 8 » (dans la série « Politiques rationnelles et bonnes pratiques sur l'éducation et le VIH & SIDA ») et du « Plan de leçon », outils visant à aider les enseignants à créer des environnements d’apprentissage plus sûrs, à lutter contre la discrimination et à encourager le respect et la tolérance entre et parmi les apprenants.

Un chef de file mondial

Un an après, l’UNESCO est devenue un chef de file mondial dans ce domaine. Des outils pédagogiques ont été largement diffusés et traduits et les États membres ont mené des actions marquantes. Le livret de l’UNESCO sur les Réponses du secteur de l'éducation au harcèlement homophobe a été téléchargé près de 4 000 fois et est désormais disponible en anglais, en français et en espagnol. Des versions en flamand, en chinois, en coréen, en italien, en polonais et en portugais sont en cours de réalisation. La version coréenne comprend une préface de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, dans laquelle il déclare :

« Le harcèlement homophobe n’a pas reçu l’attention urgente qu’il mérite. C’est la raison pour laquelle je remercie l’UNESCO d’avoir publié ce volume de bonnes pratiques et politiques. Il comble une lacune et démontre que de nombreux pays ont déjà mis en place des politiques et des initiatives visant à empêcher et à éliminer la violence et le harcèlement homophobe dans les environnements éducatifs. Ces exemples peuvent constituer un cadre d’action pour combattre le harcèlement homophobe. »

Mener le débat

L’UNESCO continue à mener le débat international en présentant ses activités lors de conférences de haut niveau, telles que Breaking the Walls of Silence - Addressing Homophobia and Transphobia in Education [Briser les murs du silence – Remédier à l’homophobie et à la transphobie dans l’éducation], conférence récemment financée par la Commission européenne. Dans la région Asie-Pacifique, l’Organisation a participé à la conférence régionale de l’ILGA (International lesbian, gay, bisexual, trans and intersex association) qui s’est tenue à à Bangkok du 29 au 31 mars 2013. L’UNESCO a également contribué au premier « Dialogue national des communautés LGBT » en Thaïlande, organisé par les Nations Unies dans le contexte de l’Initiative Être LGBT en Asie. En Afrique australe, l’UNESCO a soutenu un colloque sur le harcèlement homophobe dans l’éducation. Cette année, sur la base des réactions des Écoles associées de l’UNESCO et d’autres partenaires, l’UNESCO a actualisé le « Plan de leçon » de l’IDAHO et promeut son utilisation par l’intermédiaire de son réseau de plusieurs centaines de membres.

Bien que l’UNESCO et ses partenaires aient beaucoup œuvré au cours de l’année passée pour faire face au problème du harcèlement homophobe dans l’éducation, il reste encore beaucoup à faire. « L’UNESCO s’efforcera de mobiliser des partenariats et des ressources aux niveaux mondial, régional et national, afin de recueillir des éléments concrets sur la nature, l’ampleur et les conséquences du harcèlement homophobe dans les institutions éducatives des pays pour lesquels il n’y a que très peu, voire pas du tout, de données », déclare Mme Bokova. « Sur cette base, nous pourrons détailler et partager les meilleures pratiques, sensibiliser le public et bâtir de nouvelles alliances – le tout dans le but de soutenir l’action menée au niveau des pays pour prévenir et combattre le harcèlement homophobe dans les institutions éducatives. »

La Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie 2013 a pour thème le cyber harcèlement et pour slogan « Combattez le virus Web de l’homophobie ».

 

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