Harcèlement homophobe

© UNESCO/J. Liang

Des millions d’enfants et de jeunes sont exposés à la violence, y compris au harcèlement au sein et autour des contextes éducatifs, ce qui les prive de leurs droits et, en particulier, de leur droit à une éducation de qualité dans un environnement sûr, et nuit aux efforts déployés pour atteindre l’éducation pour tous les enfants et les jeunes. Un(e) élève est victime de harcèlement lorsqu’il(elle) est exposé(e) de façon répétée, sur une période de temps donnée, à un comportement agressif qui inflige intentionnellement des blessures ou des désagréments par le contact physique, les agressions verbales, la bagarre ou la manipulation psychologique. Le harcèlement implique un déséquilibre des relations de pouvoir. Il comprend les moqueries, les sarcasmes, l’utilisation de surnoms blessants, la violence physique ou l’exclusion sociale. L’agresseur agit seul ou au sein d’un groupe de pairs. Pour en savoir plus

Le harcèlement homophobe et transphobe, qu’est-ce que c’est ?

Le harcèlement fondé sur une orientation sexuelle ou une identité de genre réelle ou supposée constitue un type de harcèlement particulier, que l’on définit en tant que harcèlement homophobe et transphobe. Des études démontrent que les jeunes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres ne sont pas les seuls à souffrir de harcèlement homophobe et transphobe ; des élèves qui sont perçus comme étant non conformes aux normes et aux stéréotypes sexuels existants, même s’ils ne s’identifient pas en tant que lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, en sont également victimes. Le harcèlement homophobe et transphobe constitue ainsi une forme de violence fondée sur le genre.

Que fait l’UNESCO au niveau mondial ?

Les activités de l’UNESCO relatives au harcèlement homophobe et transphobe dans l’éducation s’appuient sur les efforts plus généraux déployés par l’Organisation en matière de prévention et de lutte contre la discrimination et la violence à l’école, notamment la violence fondée sur le genre.

En décembre 2011, l’UNESCO a organisé la toute première consultation internationale des Nations Unies sur le thème du harcèlement homophobe dans les établissements d’enseignement. Elle a réuni des experts d’institutions des Nations Unies, d’ONG, de ministères de l’éducation et du milieu universitaire de plus de 25 pays. Les conclusions de la consultation ont été rassemblées dans une publication intitulée  « Politiques rationnelles et bonnes pratiques en matière d’éducation au VIH et à la santé – Brochure 8 : Réponses du secteur de l'éducation au harcèlement homophobe ».

L’UNESCO a présenté la publication et ses conclusions lors d’une réunion internationale organisée à Paris, en mai 2012, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHO). Pour visionner la vidéo de la réunion en anglais et en français, cliquez ici (pour le français seulement cliquez ici et pour l’anglais seulement, cliquez ici).

En 2012, le thème de l’IDAHO était « Combattre l’homophobie et la transphobie dans et par l’éducation ». Pour aider les écoles à marquer la Journée, le Comité IDAHO et l’UNESCO avaient élaboré un plan de leçon à l’intention des enseignants et des animateurs comprenant quatre activités scolaires adaptées aux différentes tranches d’âge (primaire et secondaire).  

En 2013, avec le soutien financier du ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sciences des Pays-Bas, l’UNESCO a lancé un projet de trois ans intitulé « ÉDUCATION ET RESPECT POUR TOUS : Prévenir et combattre le harcèlement homophobe et transphobe dans les établissements d’enseignement ». 

Le projet s’achèvera en 2016 par une réunion internationale de haut niveau des ministres de l’éducation, au Siège de l’UNESCO. La réunion aura pour objectif de catalyser les réponses des États membres au harcèlement homophobe et transphobe dans les établissements d’enseignement. À cette fin, il est envisagé d’élaborer et d’adopter une déclaration politique. Par ailleurs, au cours de la réunion, la première édition d’un rapport mondial sur la situation de la violence homophobe et transphobe dans l’éducation sera lancée. Le rapport examinera les données rassemblées par le projet sur l’ampleur et la nature du problème, et fera le point sur les progrès réalisés pour y remédier.

Les activités mises en œuvre dans le cadre de ce partenariat seront associées aux initiatives plus générales de lutte contre le harcèlement actuellement menées par l’UNESCO, telles que l’initiative « Enseigner le respect pour tous », ainsi qu’aux initiatives en faveur de la qualité de l’apprentissage telles que l’éducation sexuelle complète (CSE).

Activités de l’UNESCO sur le terrain

Les objectifs de nos activités sur le terrain consistent à :

  • recueillir des preuves solides sur la nature, l’ampleur et les conséquences du harcèlement homophobe et transphobe dans les établissements d’enseignement dans les pays où il n’existe que peu ou pas de données disponibles, en particulier en Asie-Pacifique, en Afrique de l’Est et en Afrique australe ;
  • documenter et partager les pratiques les plus efficaces ;
  • sensibiliser et bâtir des coalitions aux niveaux national, régional et mondial, par exemple à travers l’organisation de consultations régionales qui réuniront les gouvernements, la société civile et les universités ; et,
  • faciliter l’action dans les pays concernés afin de prévenir et de lutter contre le harcèlement homophobe et transphobe dans les établissements d’enseignement.

© 2005 GALA/Z. Muholi

En novembre 2013, par exemple, pour la première fois en Afrique australe, l’UNESCO a organisé une conférence régionale en collaboration avec l’ONG sud-africaine Gay and Lesbian Memory in Action (GALA). Cette conférence a rassemblé des représentants de sept pays et a été l’occasion de lancer une étude sur la sexualité, la diversité et la violence dans les écoles, qui est menée par GALA, l’UNESCO et l’HIVOS dans cinq pays : en Afrique du Sud, au Botswana, au Lesotho, en Namibie et au Swaziland. L’étude, qui porte sur les violences fondées sur le genre à l’école en général, analyse également la prévalence, la nature et les conséquences de la violence ciblant les élèves non conformes aux normes de genre, pour la première fois dans cette région en dehors de l’Afrique du Sud.

© UNESCO/J. Liang

En Thaïlande, l’UNESCO et PLAN International-Thaïlande ont commandé en 2013 une étude intitulée « Bullying targeting secondary school students who are or are perceived to be transgender or same-sex attracted: Types, prevalence, impact, motivation and preventive measures » [Le harcèlement des élèves du secondaire qui sont ou sont perçus comme étant transgenres ou attirés par le même sexe : Types, prévalence, impacts, motivations et mesures préventives]. La recherche a été menée dans cinq provinces par l’Université Mahidol. Ses conclusions servent à développer, sur trois sites, des formations continues pour les enseignants du secondaire sur les questions liées à l’orientation et à l’identité sexuelles (SOGI) qui figurent dans le manuel national sur la sexualité, le VIH, le genre et les droits de l’homme. Le Viet Nam est un autre pays d’Asie où une enquête sera réalisée afin d’élargir la base de connaissances et d’utiliser les résultats pour planifier des activités. L’UNESCO apportera son soutien à l’intégration des questions liées à l’orientation et à l’identité sexuelles dans le manuel national sur la sexualité et la prévention du VIH destiné aux élèves, ainsi que dans les directives pour les enseignants produites par le ministère de l’Éducation.

Cette recherche est aussi disponible en Thai.

D'autres documents préparés au sujet de cette recherche innovatrice, comprennent:

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