La nouvelle Directrice générale de l’UNESCO appellera à davantage de fonds pour l’éducation

26.10.2009 16:23 Il y a : 5 yrs

La nouvelle Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a annoncé que plaider en faveur d’une augmentation des fonds destinés à l’éducation constituerait un élément non négociable de son mandat.

UNESCO/M. Ravassard

S’exprimant à l’occasion de sa cérémonie d’installation le 23 octobre, elle a décrit l’UNESCO comme le « leader incontesté » de la promotion d’une éducation de qualité pour tous et a souligné qu’elle était déterminée à maintenir ce leadership malgré la crise financière.

« Je n’aurai de cesse de défendre l’augmentation des financements en faveur de l’éducation, conjointement avec les États membres qui sont chargés de soutenir l’éducation.

« C’est avec la même détermination et aux plus hauts niveaux des États et de la gouvernance mondiale que je préconiserai l’augmentation de la part de l’Aide publique au développement consacrée à l’éducation.

« Il s’agit pour moi d’une condition essentielle pour prévoir en temps utile des flux suffisants de ressources pour l’éducation conformément aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies et aux promesses faites dans le contexte du G8 et du G20. »

Elle a insisté sur les deux grandes missions de l’UNESCO : l’égalité entre les sexes et l’Afrique, qui sont toutes les deux inextricablement liées au développement de l’éducation et ont toutes les deux connu des revers.

« Les effets combinés des crises multiples menacent des décennies d’acquis obtenus de haute lutte en matière de développement en Afrique et dans le domaine de l’égalité entre les sexes. Notre engagement en faveur de ces deux priorités doit donc se traduire de toute urgence par des gains qualitatifs », a-t-elle affirmé.

S’agissant de l’Afrique, elle a annoncé : « Nous devons renforcer nos initiatives dans cette région, notamment celles qui soutiennent les enseignants, l’éducation de qualité et l’accès universel à l’éducation au VIH et au SIDA.

 

« Dans toutes les régions, et en particulier en Afrique subsaharienne, l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie sont indispensables pour doter les apprenants des compétences nécessaires pour vaincre la pauvreté, construire des sociétés du savoir et favoriser des modes de vie et un développement durables.

 

Aujourd’hui, plus particulièrement au lendemain de la crise, nous devons mettre davantage l’accent sur l’investissement dans le savoir en Afrique, mais aussi dans les autres régions, reliant encore plus l’éducation au monde du travail, en particulier par le biais de la formation et du perfectionnement professionnel des enseignants, de l’EFTP, de l’enseignement supérieur ainsi que de l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’innovation et des politiques scientifiques. »

 

Il y a également beaucoup à faire dans le domaine de l’égalité entre les sexes et de l’éducation pour atteindre les objectifs de développement.

 

« L’UNESCO pourrait lancer une campagne internationale en faveur d’une augmentation des allocations budgétaires destinées aux programmes d’enseignement secondaire pour les filles de toutes les régions et aux programmes d’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et en Océanie », a-t-elle ajouté.

Elle a fermement condamné les taux d’analphabétisme des femmes.

« Il me paraît impensable que de nos jours, les deux tiers des 774 millions d’analphabètes soient des femmes. Quelles erreurs a-t-on commises ? Pourquoi le niveau de progression n’est-il pas le même dans l’alphabétisation et l’éducation des adultes que dans l’enseignement primaire ? L’Initiative de l'UNESCO pour l'alphabétisation : savoir pour pouvoir (LIFE) va devoir se pencher sur la question sans détour ».

Elle a indiqué que l’UNESCO s’était employée à soutenir les États membres dans leurs efforts pour réaliser les objectifs de l’Éducation pour tous d’ici à 2015, même si les pays n’étaient pas tous en voie de les atteindre.

Maintenant que des initiatives de base telles que l’Initiative pour la formation des enseignants en Afrique subsaharienne (TTISSA), l’Initiative pour l'alphabétisation : savoir pour pouvoir (LIFE), la nouvelle stratégie pour l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) et la Décennie des Nations Unies pour l'éducation au service du développement durable (DEDD) sont en place, il faut faire davantage.

« L’UNESCO doit désormais élaborer et défendre énergiquement une vision plus cohérente et globale de l’éducation ; une vision qui intègre les nombreuses dimensions de l’éducation de qualité, dans des cadres formels et non formels, du primaire à l’enseignement supérieur, tout au long de la vie, y compris l’enseignement et la formation techniques et professionnels ainsi que les autres initiatives qu’elle a élaborées.

L’UNESCO doit, en parallèle, accompagner les États membres dans leurs efforts pour atteindre les objectifs de l’EPT, s’appuyant sur la coopération Sud-Sud et Nord-Sud-Sud et sur l’échange fructueux de bonnes pratiques entre les pays. Cela inclut de suivre les progrès vers la réalisation des objectifs de l’EPT et de renforcer les capacités nationales à cet effet. »

Enfin, elle a souligné l’importance de tous les secteurs dans la réalisation des priorités de l’UNESCO.

« J’insisterai particulièrement sur la promotion du rôle essentiel joué non seulement par l’éducation, mais aussi par les sciences, la culture, la communication et l’information dans les efforts de développement durable, dans l’aide apportée aux pays pour investir afin de sortir des crises actuelles, dans la création de sociétés du savoir et surtout dans l’édification et le renforcement de la paix sous tous ses aspects. »

Mme Bokova a affirmé qu’il fallait « étendre la sphère d’influence et le pouvoir de persuasion de l’UNESCO », notamment par le biais d’alliances et de partenariats novateurs avec les secteurs public et privé, les médias et les organisations internationales et intergouvernementales

Liens associés

Vidéo de l'installation de Mme Irina Bokova dans les fonctions de Directrice générale de l'UNESCO (discours commence minute 12,25)

 


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