26.06.2013 - Education Sector

Les classements d’universités ne sont pas prêts de disparaître. Dans ce cas, que pouvons-nous faire pour les améliorer ?

Shanghai Jiao Tong University

Entretien avec M. Nian Cai LIU, professeur à la Jiaotong University de Shanghai, qui a dirigé le premier rapport mondial sur les classements d’universités, Academic Ranking of World Universities. Publié en 2003, il est aujourd’hui largement considéré comme le classement d’universités le plus influent du monde.

“Classements et responsabilisation dans l’enseignement supérieur : bons et mauvais usages”  a été lancée le 28 juin à l’UNESCO. Vous avez dirigé le premier rapport mondial sur les classements d’universités, Academic Ranking of World Universities, publié il y a dix ans. Que pensez-vous des effets du système des classements ?

Les classements d’universités aident la société et les différentes parties prenantes à mieux comprendre les universités, en fournissant des résultats transparents obtenus grâce à l’analyse de données comparables sur les universités. Les étudiants et les parents peuvent les utiliser pour écarter certaines options et faciliter leur choix parmi le grand nombre d’universités et de disciplines. Les employeurs peuvent s’en servir au moment de recruter. Au niveau de la gouvernance, les classements peuvent être utilisés comme élément d’appréciation du système d’assurance de la qualité de l’enseignement supérieur et comme point de repère pour la prise de décision concernant l’affectation des deniers publics. Pour les universités, ils fournissent des éléments de comparaison dont les établissements peuvent s’inspirer pour rattraper ou dépasser les concurrents. Enfin, ils servent aux investisseurs et au public d’éléments probants démontrant les efforts déployés et les résultats obtenus par ceux qui figurent dans la liste.

La question des classements est très controversée. Qu’en pensez-vous d’une manière générale ?  

Les classements d’universités sont devenus l’une des questions les plus brûlantes et les plus controversées du secteur de l’enseignement supérieur. Leur incidence sur la prestation nationale dans l’enseignement supérieur est de plus en plus importante. Ce sont des outils indispensables aux acteurs de l’assurance qualité de l’éducation et de son amélioration. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si les classements doivent exister. En revanche, il est nécessaire de les étudier de façon objective, de promouvoir un développement raisonnable des classements et d’aider les personnes à les utiliser de façon efficace et appropriée.

Comment les systèmes de classement des universités pourraient-ils rendre compte du fait, par exemple, que certains pays ne publient pas les recherches en anglais ? Comment pourraient-ils prendre acte de l’expertise dans les domaines des sciences sociales et humaines, si difficile à quantifier ? Comment pourraient-ils intégrer les contextes locaux, tels que les différences culturelles ?

Aucun des classements n’est parfait ; aucun des systèmes n’est absolument infaillible. Ils ont leurs limites. Les classements d’universités fournissent des données de référence, qui ne doivent pas devenir un objectif universitaire à atteindre coûte que coûte. Toutes les grandes universités ont une philosophie, des objectifs et des caractéristiques pédagogiques qui leur sont propres.

Quelles améliorations les principaux organismes pourraient-ils apporter à leurs classements dans les années à venir ?

« Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » : c’est précisément grâce à la concurrence que les organismes peuvent améliorer leurs classements. L’International Observatory on Academic Ranking and Excellence (IREG) doit défendre et promouvoir sa propre vigilance afin d’obliger les organismes à constamment optimiser leurs classements. Parallèlement, les organismes de classement doivent activement renforcer leurs recherches et améliorer leurs méthodes de classement.

Quel rôle devrait jouer l’UNESCO, en tant qu'institution de l’ONU chef de file en matière d'éducation, dans le domaine des classements d’universités ?

Tout en servant de plate-forme d’information et de centre d’échange sur les classements d’universités aux États membres, l’UNESCO pourrait davantage inciter l’IREG et d’autres institutions professionnelles à élaborer des directives sur l’utilisation des classements d’universités. Cela aiderait les organismes de classement à améliorer leur production et encouragerait les parties prenantes et les utilisateurs à utiliser les systèmes de classement de façon efficace et appropriée.

 




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