06.05.2013 - Education Sector

Comment rédiger des manuels dénués de stéréotypes

© UNESCO/Katty Anis

Des manuels et des matériels pédagogiques inclusifs peuvent favoriser l’ouverture d’esprit des apprenants à d’autres cultures, et aider les enseignants à développer les valeurs et les compétences permettant d’apprendre à vivre ensemble.

« Un bon manuel doit impliquer les apprenants et être en rapport avec leur réalité », déclare M. Jean Bernard, membre de la Commission nationale des États-Unis d'Amérique pour l'UNESCO. Producteur de matériels d’apprentissage et conseiller sur la qualité des manuels, M. Bernard considère que tous les manuels et matériels pédagogiques doivent refléter les principes de l’éducation en matière de citoyenneté et de paix.  

« Les manuels scolaires et autres matériels didactiques ne sont pas de simples supports d’organisation et de transmission de connaissances, mais ils constituent pour chaque société un miroir de ses valeurs », déclare Mme Sylvie Cromer, sociologue à l’université de Lille et chercheur à l’Institut national d’études démographiques.  

Le support et le message 

Depuis 1946, l’UNESCO et ses partenaires conduisent l’examen de manuels afin qu’en soient retirés les stéréotypes négatifs et pour encourager une culture de la paix. Les recommandations de la Commission germano-polonaise sur les manuels scolaires, créée en 1972 avec le soutien de l’UNESCO, ont été largement suivies dans le monde entier. L’UNESCO a également coordonné des études comparatives de manuels dans le contexte du dialogue entre l’Europe et le monde arabe.  

Élaborer ou réviser des manuels d’histoire, de géographie ou d’instruction civique, notamment, peut nécessiter une grande sensibilité culturelle, en particulier dans les situations de post-conflit. « En prenant en compte le point de vue des populations jusque-là dominées ou minoritaires, et en explicitant les processus de fabrication des inégalités, les manuels peuvent contribuer à développer l’esprit critique et ainsi favoriser la paix », explique Mme Cromer. 

Le processus de révision ne se limite pas aux manuels. « Pour étudier l’utilité de l’ensemble des médias d’apprentissage – des manuels à Twitter – en tant que catalyseurs de l’instauration d’une paix durable et de la construction de compétences adaptées à la citoyenneté mondiale, il est important de tenir compte à la fois du support et du message », souligne M. Bernard. 

Une nouvelle boîte à outils 

L’UNESCO a élaboré une nouvelle boîte à outils qui facilitera la rédaction de manuels dénués de stéréotypes. Financée par l’Arabie saoudite, la boîte à outils a pour objectif de contribuer à éliminer les stéréotypes culturels, religieux et sexistes des programmes et des matériels d’apprentissage. Afin de tester la boîte à outils préalablement à sa publication en septembre 2013, l’UNESCO organise un atelier à Rabat (Maroc) du 6 au 9 mai, dans le cadre duquel des auteurs, éditeurs, concepteurs de programmes et spécialistes de la production de manuels de 15 pays travailleront avec les concepteurs de la boîte à outils et testeront sa fonctionnalité et sa pertinence. Les commentaires et réactions seront utilisés pour améliorer l’ensemble des aspects de la boîte à outils.  

« Le projet UNESCO-Arabie saoudite est novateur car il réunit le meilleur des travaux récents de l’UNESCO sur les manuels et les matériels pédagogiques sous la forme d’une boîte à outils qui s’adresse à pratiquement toutes les parties prenantes de l’élaboration, de la distribution et de l’utilisation des manuels », déclare M. Bernard. « Il adapte la nature et l’utilisation du manuel aux réalités de l’ère de l’information, sans négliger les principes de tolérance, de respect mutuel, d’égalité et de construction de la paix établis au fil des six décennies de recherches et de révisions des manuels menées par l’UNESCO et ses partenaires. »   

« L’objectif est donc de mettre à disposition des maisons d’édition, des ministères, des instituts pédagogiques, des enseignant(e)s et, d’une manière générale, de toute la chaîne éditoriale, une méthode d’analyse de leurs productions pour éviter les stéréotypes et les préjugés », déclare Mme Cromer. 

Le projet UNESCO-Arabie saoudite s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu entre l’UNESCO et l’Arabie saoudite, afin de soutenir le Programme international Abdullah bin Abdul Aziz pour une culture de la paix et du dialogue.

 




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