Entretien avec M. Qian Tang, Sous-Directeur général pour l’éducation

©McOmish, E.

M. Qian Tang, de nationalité chinoise, est un spécialiste de l’enseignement secondaire et technique. Il a été nommé Sous-Directeur général pour l’éducation le 14 juin 2010. Enseignant et diplomate, il a joué un rôle prépondérant dans la mobilisation des ressources auprès des donateurs en faveur de l’Éducation pour tous (EPT) et a fait progresser la coopération Sud-Sud en matière d’éducation.

Qu’apportez-vous à la fonction de Sous-Directeur général pour l’éducation ?

Eh bien, contrairement à la plupart des autres Sous-Directeurs généraux nommés par la Directrice générale, je ne viens pas d’arriver à l’UNESCO ! La carrière que j’ai menée jusqu’à présent au sein de l’Organisation m’a permis d’acquérir une connaissance approfondie des défis auxquels le Secteur de l’éducation est confronté. Ce que j’apporte à cette fonction, c’est la volonté de construire un Secteur solide et de l’aider à atteindre l’objectif de promotion de la paix et de développement humain durable grâce à l’éducation. À l’instar de la Directrice générale, qui considère l’éducation comme l’une des priorités fondamentales, je souhaite que l’UNESCO soit clairement identifiée comme un leader mondial dans le domaine de l’éducation. Des personnes du monde entier comptent sur l’Organisation pour les aider à être plus heureuses et à mener une existence plus enrichissante. J’ai moi-même eu la chance de bénéficier d’une bonne éducation et je souhaite que tout le monde ait la possibilité de saisir une telle  opportunité.

Quel objectif espérez-vous atteindre pendant votre mandat en tant que Sous-Directeur général ?

En un mot, je souhaite que l’UNESCO soit considérée comme le « premier point d’ancrage » pour toutes les questions liées à l’éducation. Cela impliquera, entre autres choses, de repositionner le Secteur de l’éducation, d’accélérer les progrès vers la réalisation des six objectifs de l’Éducation pour tous (EPT) et de passer à la vitesse supérieure pour 2015 et au-delà. Jusqu’à 2015 et au-delà, le Secteur se focalisera sur l’amélioration de la qualité de l’éducation. Tous les pays – qu’ils soient pauvres, à revenu moyen ou riches – sont aux prises avec cette question clé. Enfin, nous devons revenir à la vision initiale et holistique de l’EPT et redéfinir notre rôle de coordinateur mondial du mouvement de l’EPT. 

L’UNESCO est la seule organisation du système des Nations Unies dont la mission couvre tous les aspects de l’éducation. Quel est le statut du mouvement de l’Éducation pour tous, conduit par l’UNESCO ?

Initialement, l’Éducation pour tous (EPT) était une vision inclusive et holistique de l’apprentissage tout au long de la vie. Comme vous le savez, les six objectifs de l’EPT sont des cibles à grande portée qui concernent l’éducation et la protection de la petite enfance, l’enseignement primaire, les compétences des jeunes et des adultes, l’alphabétisation des adultes, l’égalité entre les sexes et la qualité de l’éducation.

Cependant, au fil des années, les ambitions ont été restreintes. À cause, peut-être, des deux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) liés à l’éducation, l’EPT n’est plus associée qu’à deux thèmes – l’enseignement primaire universel et l’égalité entre les sexes – et aux seuls pays en développement. Les donateurs ont suivi le mouvement. Pourtant, la planification nationale a davantage besoin d’une approche holistique que d’une séparation artificielle entre les sous-secteurs de l’éducation !

L’UNESCO doit aujourd’hui promouvoir une nouvelle « vision élargie » de l’EPT et aider les pays à considérer l’éducation et l’apprentissage comme un seul et même système interdépendant. Pour lancer ce processus, il faut adresser un message fort lors du sommet de septembre sur les OMD (où l’UNESCO est responsable de l’OMD 2 lié à l’éducation). Il s’agit là d’une réelle opportunité de démontrer comment l’éducation peut contribuer à la réalisation de l’ensemble des OMD. Au-delà de septembre, nous prévoyons de travailler plus efficacement avec nos partenaires afin d’améliorer notre système de coordination mondial. 

Est-ce que « repositionnement » est un synonyme de « réforme » ?

Non, absolument pas. Pour repositionner le Secteur de l’éducation en tant que leader mondial dans ce domaine, il suffit d’apporter quelques ajustements et de veiller à l’amélioration du travail d’équipe et des partenariats, ainsi qu’au soutien des États membres. Les activités du Secteur relatives aux quatre priorités pour 2010-2011 (alphabétisation, enseignants, développement des compétences pour le monde du travail et planification sectorielle)  seront poursuivies, mais l’égalité entre les sexes et l’Afrique demeureront nos deux thèmes principaux. 

Est-ce que le repositionnement du Secteur de l’éducation aura une incidence sur le soutien que l’UNESCO apporte aux pays ?

Je considère qu’en matière de politiques et de planification, le Secteur de l’éducation doit être mieux adapté aux besoins des pays. J’envisage de revitaliser ses méthodes de travail afin de renforcer ses opérations sur le terrain, de consolider ses partenariats au niveau des pays et de développer le soutien apporté à nos 20 pays prioritaires. Le leadership intellectuel de l’UNESCO ne peut être crédible que s’il est ancré au niveau des pays, et que s’il permet de jeter des ponts entre la recherche, l’établissement de normes, l’élaboration et la mise en œuvre des politiques. Le Secteur doit aussi apporter une perspective à long terme sur la reconstruction des systèmes éducatifs affectés par des conflits et des catastrophes naturelles, à l’instar de ce fait l’UNESCO en Haïti. La visibilité de l’UNESCO est une autre question importante : nous devons envoyer des messages clairs et concis, que les médias peuvent aisément décrypter. Nous devons donc identifier les opportunités de communiquer plus et mieux sur notre programme d’éducation. Si la sensibilisation des parties prenantes est accrue, il sera plus facile d’attirer des donateurs et de nous assurer que l’UNESCO est considérée comme l’autorité mondiale en matière d’éducation. 

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M. Qian est nommé Sous-Directeur général pour l’éducation

Programme de l’UNESCO pour l’éducation 2010-2011

Entretien avec M. Qian Tang en chinnois

 

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