Formation technique et professionnelle aux Caraïbes

02.03.2012 19:49 Il y a : 3 yrs

« Ennuyeuse », « limitée », « trop académique » et « ultra-traditionnelle » – tels sont les termes qu’utilisent de nombreux jeunes des Caraïbes pour décrire leur éducation, selon Eye on the Future, le rapport 2010 de la Commission sur le développement des jeunes de la CARICOM.

© UNESCO/ASPnet- Colegio " Santa Rosa De Lima ", Santo Domingo

Outre l’accès limité à l’éducation et la capacité inadaptée des écoles et des établissements de formation, l’inadéquation des programmes est l’une des principales préoccupations des jeunes, qui estiment que l’éducation dont ils bénéficient ne répond pas à leurs talents, compétences, intérêts et besoins.

« Les taux nets de scolarisation dans le primaire et le secondaire ont certes régulièrement augmenté au cours de ces dix dernières années dans la plupart des pays, pour les deux sexes, mais les taux d’abandon ont également augmenté », souligne le rapport.  

Une étude antérieure a montré qu’aux Caraïbes, les systèmes éducatifs ne sont pas parvenus à préparer les jeunes de façon appropriée aux emplois qualifiés de la nouvelle économie mondiale (CEPALC, Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, 2007). Selon cette étude, après avoir suivi onze années d’études dans le cadre de l’éducation formelle, de nombreux jeunes quittant l’école se retrouvaient sans diplôme ou sans compétences exploitables sur le marché de l’emploi et mettaient longtemps à trouver du travail.

Les forts taux d’abandon dans les écoles, les taux élevés de chômage des jeunes (jusqu’à 29% dans certains pays des Caraïbes) et les possibilités limitées en termes de développement personnel sont autant de facteurs qui en se cumulant sont potentiellement explosifs. De nombreux leaders de la région estiment que l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) peuvent relever le défi de cette inadéquation entre l’éducation et le potentiel humain.  

Pour que l’EFTP soient en mesure de relever ces défis fondamentaux, quelque 80 parties prenantes de pays et territoires des Caraïbes partageront leurs idées, propositions et bonnes pratiques lors d’une conférence régionale qui se tiendra à Montego Bay, en Jamaïque, du 7 au 9 mars. La conférence a pour objet de promouvoir l’idée selon laquelle l’EFTP constituent la clé de voûte du développement économique et de renforcer les capacités humaines aux Caraïbes. Organisé par l’UNESCO en collaboration avec l’Université des Antilles, l’événement fera avancer la cause de l’EFTP quelques semaines seulement avant le troisième Congrès international sur l’enseignement et la formation techniques et professionnels intitulé « Renforcer les compétences pour le travail et la vie » (Shanghai, du 14 au 16 mai).

L’un des éléments de l’événement est la formation pratique, accélérée et personnalisée,  notamment les stratégies axées sur la formation continue des formateurs et le renforcement des capacités. Des étudiants de niveau postuniversitaire présenteront leurs travaux de recherche sur l’EFTP, parallèlement aux débats, ateliers pratiques et à la cinquantaine d’interventions programmés pour la conférence. Une attention particulière sera accordée aux possibilités de collaboration entre des établissements d’EFTP et des leaders de l’industrie.

 La conférence s’appuiera sur les conclusions de l’atelier qui s’est tenu à Bridgetown, à la Barbade, en septembre 2011 et qui était consacré à l’élaboration des politiques en matière d’EFTP dans la région caraïbe.

La Banque de développement des Caraïbes parraine 17 pays, dont Haïti, et le Bureau de l’UNESCO à Kingston en parrainera cinq autres. Parmi les autres parrains de la Conférence, il convient de citer l’Université des Antilles, l’UNESCO/UNEVOC, le HEART Trust/Agence nationale de la formation en Jamaïque, l’Université de technologie de la Jamaïque et l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

 


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