La durabilité, cela commence par l’éducation

23.01.2014 10:58 Il y a : 332 days

Créer des sociétés durables et résilientes est un défi de plus en plus pressant pour les pays du monde entier. Afin de démontrer le rôle important que doit jouer l’éducation pour amorcer un changement durable au-delà de 2015, l’UNESCO, le gouvernement de la République dominicaine et le gouvernement de la République de Maurice ont organisé une table ronde sur l’Éducation au changement climatique en vue du développement durable (CCESD) pendant la 7e réunion du Groupe de travail ouvert sur les Objectifs du développement durable, le 10 janvier, à New York.

- UNESCO panel discussion on Climate Change Education for Sustainable Development – (left to right) Julia Heiss, UNESCO; Osman Mahomed, Commission Maurice Ile Durable; Le Trong Hung, Ministry of Education and Training, Viet Nam

« Faire face au changement climatique exige de l’ensemble des citoyens du monde qu’ils prennent leurs responsabilités et qu’ils mènent une action collective, qu’ils changent d’état d’esprit et d’attitude, et qu’ils repensent les modes de production et de consommation non durables. Cela exige également d’offrir aux jeunes une éducation et une formation qui leur ouvrira les portes des emplois verts », a souligné Vibeke Jensen, Directrice du Bureau de l’UNESCO à New York, dans ses remarques préliminaires. 

« Notre population doit se voir donner les moyens de trouver des solutions au changement climatique. Nous estimons que les salles de classe et le système éducatif sont les lieux qui peuvent favoriser ce changement », a souligné Daniel Abreu, participant de la table ronde et membre du Conseil national pour le changement climatique et du Mécanisme pour un développement propre, République dominicaine. La République dominicaine a formé 400 enseignants et attiré plus de 20 000 élèves en à peine un an.   

Centré sur les activités pratiques qui aident les enfants à adopter des comportements et des attitudes durables, le programme a suscité un intérêt considérable dans d’autres pays d’Amérique latine. « Être informé des problèmes liés au changement climatique ne suffit pas à les résoudre », a souligné Abreu, « nous privilégions les solutions ». Le prochain objectif est fixé : 4 000 enseignants supplémentaires seront formés d’ici à 2015. En 2014, l’UNESCO lancera un programme similaire à Cuba. 

Un exemple de partenariat public-privé réussi a été présenté par Le Trong Hung, Directeur général adjoint du Département de la science, de la technologie et de l’environnement, au ministère vietnamien de l’Éducation et de la formation (MOET). En 2013, le MOET, l’UNESCO et Samsung ont uni leurs forces en faveur de l’éducation en vue du développement durable. « Au Vietnam, nous considérons les collectivités comme les acteurs clés de l’EDD », a souligné Hung. C’est la raison pour laquelle le partenariat développe non seulement les cours de formation en apprentissage à distance à l’intention des enseignants, mais focalise également ses efforts sur la communauté éducative au sens large. Le partenariat a notamment pour effet d’aider les collectivités à élaborer leur propre plan d’action pour l’EDD ; cinq collectivités de la région pilote ont déjà atteint cet objectif. 

Sagar Aryal de la Sano Sansar Initiative, Népal, ancien président de Plant-for-the-Planet, a souligné le pouvoir des actions menées par les jeunes dans le domaine du changement climatique. « Au sein de Plant for the Planet, nous ne parlons pas uniquement de ce dont nous avons besoin pour sauver la planète. Nous apprenons aux gens comment y parvenir. Nous leur apprenons comment utiliser les ressources de façon raisonnable et comment réduire l’utilisation des matières plastiques. » Rassemblées autour du slogan « Arrêtons de parler, commençons à planter », 380 académies de Plant-for-the-Planet sont actives dans plus de 40 pays. Depuis le début de l’initiative en 2007, elles ont planté 12 810 337 277 arbres et impliqué 28 000 enfants à travers le monde. L’objectif, a rappelé Aryal, est de planter mille milliards d’arbres et de responsabiliser 1 million d’enfants d’ici à 2020. 

La République de Maurice a veillé à ce que la transformation de l’île en modèle de développement durable devienne une priorité nationale. La politique « Maurice Île Durable » (MID) est centrée sur l’éducation, qui est l’un des cinq piliers de la prise en compte du développement durable. En 2012, l’île a piloté un programme de l’UNESCO sur l’éducation au changement climatique. D’ici à 2020, Maurice souhaite que 100 % de la population soit familiarisé à la politique MID et que l’île soit devenue un centre du développement durable reconnu au plan international. Bien qu’il soit fondamental, le soutien politique au plus haut niveau n’est pas le seul facteur de succès. « Le défi consiste à aider les personnes de tous âges à être responsables et à créer un avenir durable. Nous estimons que le secteur de l’éducation doit être le fer de lance d’une société tournée vers un avenir durable », a souligné Osman Mahomed, Président exécutif de la Commission Maurice Île Durable. 

Dans une déclaration lue par l’animateur, Shigeharu Kato, Secrétaire général de la Commission nationale du Japon pour l’UNESCO, a souligné l’importance de la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’EDD qui se tiendra à Aichi-Nagoya, au Japon, en novembre 2014. « La Conférence mondiale est bien plus qu’une simple réunion sur l’éducation. Elle constituera une instance importante où l’on pourra réfléchir aux nouvelles orientations de l’éducation. » Il a rappelé que l’éducation était un élément clé de l’agenda post-2015. 

Le Programme d’action global sur l’EDD – suivi de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation au service du développement durable (2005-2014) – devrait être lancé lors de la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’EDD, au Japon. 


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