Priorité no 3 – Encourager la citoyenneté mondiale

© UNICEF/NYHQ2006-2268/Pirozz - De jeunes élèves de l'école Nwambwa, à Bugiri en Ouganda, font la promotion de l'éducation des filles.

Le monde fait face à des défis planétaires qui exigent des solutions de niveau mondial. Ces défis mondiaux inextricablement liés les uns aux autres exigent des changements de grande envergure dans la manière dont nous pensons et dont nous agissons pour la dignité de nos semblables. Il ne suffit pas à l'éducation de produire des individus qui savent lire, écrire et compter. L'éducation doit entraîner des transformations et faire vivre des valeurs communes. Elle doit entretenir un souci actif pour le monde où nous vivons et pour ceux et celles avec qui nous le partageons. L'éducation doit aussi pouvoir apporter des réponses pertinentes aux grandes questions du moment. Des solutions techniques, des règles politiques ou des instruments financiers ne suffisent pas à elles seules à atteindre un développement durable. Cela exige de transformer la manière dont les gens pensent et agissent. L'éducation doit assumer complètement le rôle central qu'elle est susceptible de jouer en aidant les gens à créer des sociétés plus justes, plus pacifiques, plus tolérantes et plus inclusives. Elle doit leur apporter la compréhension, les savoir-faire et les valeurs dont ils ont besoin pour coopérer à résoudre les défis interdépendants que présente le XXIe siècle.

Les obstacles à la citoyenneté mondiale

Héritage des systèmes d'éducation actuels. Les écoles préparaient traditionnellement leurs élèves à passer des examens, à progresser au niveau suivant et à entrer en fin de course dans le monde du travail. Nous faisons face aujourd'hui à un défi autrement important qui est de former des citoyens qui ont un sens de la citoyenneté mondiale. La promotion du respect et de la responsabilité mutuels entre cultures, pays et régions n'a pas jusqu'à maintenant disposé d'une place centrale dans l'enseignement. La citoyenneté mondiale commence juste à prendre racine, et changer la manière traditionnelle de faire les choses entraîne toujours des résistances. Cette évolution implique de changer la manière dont l'éducation est organisée – rendre son contenu plus pertinent en termes de la vie contemporaine et des défis qui se posent au niveau mondial, introduire des méthodes d'enseignement et d'acquisition des connaissances innovatrices et participatives. Nous devons repenser le but que se fixe l'éducation et préparer les étudiants à la vie, pas seulement aux examens.

Programmes d'enseignement et matériel pédagogique démodés. Des examens conduits à travers le monde ont conclu que les programmes d'enseignement et le matériel pédagogique actuels renforcent fréquemment les stéréotypes, exacerbent souvent les divisions sociales et peuvent contribuer à entretenir la peur et le ressentiment d'autres groupes ou d'autres nationalités. Les programmes d'enseignement sont rarement mis au point par un processus participatif qui intègre les groupes exclus et marginalisés. Mais le changement est possible quand les éducateurs adoptent une vision éthique de citoyenneté mondiale. Des leçons tirées de l'expérience en Inde et au Ghana montrent par exemple qu'enseigner explicitement les devoirs d'une bonne citoyenneté peut donner des résultats remarquables et contribuer à former des élèves plus autonomes et plus soucieux d'éthique. Il faut du temps pour changer des croyances profondément enracinées ; mais les jeunes sont ouverts à de nouvelles façons de voir les choses et l'école est dans une position idéale pour leur présenter celles-ci. 

Compétences limitées des enseignants. De larges réformes de la formation des enseignants sont nécessaires si l'on veut assurer la transmission de nouvelles aptitudes citoyennes. Si nous voulons transformer la manière dont les élèves acquièrent leurs connaissances, nous devons aussi aider les enseignants à élargir leurs propres compétences et leurs propres perspectives. Sont-ils à l'aise avec des programmes d'enseignement qui mettent explicitement l'accent sur l'idée de citoyenneté mondiale ? Sont-ils capables d'enseigner les matières traditionnelles d'une façon qui soit un modèle de non-discrimination et de soutien positif aux plus défavorisés ? De nombreux enseignants n'ont pas la formation, la confiance et les ressources pédagogiques nécessaires pour surmonter ces défis sans appui et sans instruction. Nous leur devons, et nous devons à nos enfants de leur fournir ces moyens.

Les enseignants doivent être à l'aise avec le contenu de ce qu'ils enseignent, mais aussi pouvoir le traduire dans leur pratique pédagogique. Ceci signifie qu'une formation professionnelle continue et des techniques pédagogiques participatives sont importantes pour assurer que les enseignants acquièrent l'aisance nécessaire pour enseigner explicitement la citoyenneté mondiale. Les enseignants peuvent contribuer à renforcer idées et habitudes non discriminatoires et à encourager un soutien positif pour les plus défavorisés par la manière dont ils conduisent leur enseignement dans l'apprentissage de la lecture, du calcul ou d'autres sujets. 

Manque de concentration sur les valeurs. Les valeurs de paix, de droits de l'homme, de respect, de diversité culturelle et de justice sont rarement intégrées dans la philosophie de l'école. Au lieu de former les élèves pour qu'ils profitent au mieux de l'enseignement, l'école reproduit souvent les inégalités sociales et renforce les pathologies sociales en tolérant les brimades et le harcèlement, la violence sexiste, et en faisant subir aux enfants des punitions physiques et psychologiques. Les enfants apprennent énormément à l'école ; mais ce qu'ils apprennent n'est pas limité à leurs leçons. Les enseignants et les administrateurs doivent apprendre à donner l'exemple des aptitudes qu'ils veulent voir se développer chez les élèves : bonnes pratiques de respect de l'environnement ; prise de décision participative ; contrôle et prévention de la violence par l'application d'un règlement imposant sa dénonciation, respect de codes de conduites parfaitement clairs.

Manque d'initiative sur le sujet de la citoyenneté mondiale. Pour faire naître une génération qui accorde une valeur au bien commun, nous devons comprendre la manière dont les jeunes d'aujourd'hui voient le monde – et nos écoles doivent trouver des moyens d'inspirer une vision plus large des choses. Des objectifs et des cibles doivent être définis autour de savoir-faire du XXIe siècle et régulièrement évalués pour pouvoir mesurer les progrès accomplis.

Discuter ouvertement de tolérance et de droits humains peut être politiquement délicat, mais c'est indispensable si nous voulons surmonter nos divisions et élargir les perspectives de paix et de prospérité. Le succès exigera l'appui d'un large éventail de parties prenantes, y compris des plus hautes instances des États.

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