Priorité no 2 – Améliorer la qualité de l'apprentissage

© UNICEF/NYHQ2012-0151/Soko - Des enfants du Soudan du Sud déplacés par les affrontements inter-ethniques suivent un cours d'anglais.

Fréquenter l'école devrait ouvrir les chemins du savoir et de la découverte, ce n'est cependant pas le cas la plupart du temps. Des millions d'enfants vont à l'école et en sortent sans y avoir acquis une capacité élémentaire de lire et de compter. L'éducation est en dernier ressort jugée par ce que les élèves y apprennent. À travers le monde, de nombreux élèves investissent leur avenir dans la confiance qu'ils accordent à des enseignants mal formés, faiblement motivés et ne disposant pas d'assez de livres ou d'autre matériel pédagogique élémentaire pour leur faciliter l'acquisition des connaissances. C'est un très mauvais service rendu non seulement à ces élèves, mais aussi aux parents qui font des sacrifices pour les aider et pour les pays qui comptent sur eux pour assurer l'avenir. Tout en nous efforçant de stimuler les inscriptions scolaires, nous devons nous assurer que nos écoles fonctionnent comme des mécanismes à créer de nouvelles perspectives d'avenir, non comme des endroits où parquer des enfants dans le désœuvrement. 

Les obstacles à un apprentissage de qualité

Pénurie d'enseignants qualifiés. Les systèmes éducatifs sont complexes et sont influencés par de nombreux acteurs ; mais aucun système d'éducation n'est meilleur que ses enseignants. Au niveau mondial, nous avons besoin de 1,6 millions d'enseignants supplémentaires pour réaliser d'ici 2015 la mise en place de l'enseignement primaire universel. Le manque d'enseignants, combiné à l'absentéisme et au manque de qualifications, représente un obstacle considérable pour l'apprentissage. Nous avons besoin d'une cohorte considérable d'enseignants et d'enseignantes bien payés et respectés dans leur communauté. Ce n'est pas toujours le cas. Les enseignants devraient aussi avoir des occasions de continuer à améliorer et à enrichir leurs qualifications professionnelles.     

Pénurie de matériel pédagogique. Dans certains pays en développement, des manuels périmés et usés doivent souvent servir à six élèves ou plus. Cahiers de devoirs et d'exercices, livre de lecture et autre matériel essentiel pour aider les élèves à apprendre leurs leçons sont en nombre réduit. Les enseignants ont aussi besoin de documentation pédagogique pour les aider à préparer leurs leçons, pour travailler avec leurs élèves et pour les guider dans ces leçons. Le fossé numérique persistant et l'inégalité d'accès aux technologies de l'information et de la communication (TIC) ont de graves implications pour l'éducation. Les TIC peuvent transformer non seulement la manière d'enseigner, mais également l'acquisition des connaissances. Ils enrichissent les capacités des enseignants comme des élèves.      

Faiblesse des bases d'activité d'éveil. Un pourcentage important de jeunes enfants ne bénéficie jamais de programmes d'activités d'éveil conçus pour la petite enfance, ce qui compromet leur développement cognitif et fait qu'ils sont moins préparés à entrer dans le système scolaire. Ceux et celles qui n'ont pas appris à lire et à écrire au cours de leurs toutes premières années souffrent d'un handicap quand ils essayent de progresser vers les niveaux plus élevés, où savoir lire et savoir compter deviennent des outils d'acquisition des connaissances et ne sont plus des fins en soi. Ces enfants se débattent avec ces difficultés plusieurs années et certains abandonnent tout simplement l'école. Dans de nombreux pays, les écoles primaires se préoccupent plus des niveaux supérieurs, essentiellement afin de préparer leurs élèves à des examens d'importance critique. Il serait plus efficace d'affecter les enseignants les plus qualifiés aux quatre premières années d'enseignement au cours desquelles les élèvent acquièrent les bases de leurs futurs succès scolaires.

Milieu familial difficile. Des circonstances familiales difficiles ont de multiples conséquences pour la scolarité d'un enfant. Quand les familles n'ont pas l'électricité, particulièrement dans les zones rurales, les enfants n'ont que très peu d'heures pour étudier et apprendre leurs leçons. Quand leur foyer est dépourvu de livres ou d'autre chose à lire, ils s'exercent moins à la lecture et oublient plus facilement pendant les congés scolaires ce qu'ils ont appris. Quand les parents eux-mêmes ne savent ni lire ni écrire, ou très peu, ils ne sont pas capables de renforcer ce que l'enfant apprend à l'école. D'autres facteurs, comme un milieu familial où règnent stress et violence, peuvent aussi fortement entraver la capacité d'apprendre de l'enfant.

Inadéquation des compétences enseignées et des qualifications nécessaires dans la vie d'aujourd'hui. Notre jeunesse, qui compte aujourd'hui à travers le monde 1,2 milliard de personnes, a la capacité de changer le cours de notre histoire. Cependant, dans de nombreux pays les systèmes d'éducation ne se sont pas adaptés à l'économie du XXIe siècle basée sur les connaissances. Apprendre par cœur restreint la capacité de penser de manière créative ou différente ; c'est une méthode rigide qui ne s'adapte pas aux besoins et aux talents individuels et cette forme d'enseignement est encore très fréquente. Il existe un décalage entre les compétences utiles dans le monde d'aujourd'hui et celles qui sont acquises dans les systèmes d'éducation actuels. L'enseignement technique et professionnel est trop souvent étroitement spécialisé, ce qui diminue les possibilités d'emploi, car les compétences acquises peuvent devenir rapidement obsolètes dans un univers dynamique et en changement rapide.

Obstacles linguistiques. La langue d'enseignement influence fortement la capacité qu'ont les enfants de comprendre et d'apprendre. En dépit de ce fait bien attesté, 221 millions d'enfants reçoivent un enseignement dans une langue qui n'est pas leur langue maternelle. Un grand nombre abandonnent l'école ou redoublent — une expérience qui peut affaiblir l'estime de soi et faire augmenter les frais que les parents doivent supporter. Diverses études indiquent qu'un enfant réussit mieux s'il acquiert des compétences de base dans sa langue maternelle avant d'essayer d'en maîtriser une seconde.

Faim et nutrition médiocre. Les conséquences de la faim pour l'éducation sont gravement sous-documentées. Des faits constatés en Amérique latine prouvent que souffrir de retard de croissance à l'âge de six ans équivaut à perdre quatre années de scolarité. Beaucoup trop d'enfants arrivent à l'école affaiblis par la malnutrition. Environ 171 millions d'enfants dans les pays en développement souffrent de retards de croissance provoqués par la faim quand ils atteignent l'âge de cinq ans. Quand les enfants ont faim pendant les leçons, ils éprouvent des difficultés à se concentrer. Fournir des repas à l'école et mettre en place des programmes de protection sociale axés sur les besoins des enfants peut permettre d'assurer qu'aucun enfant ne souffre de faim en classe.

Inefficacité des dispositifs d'évaluation des résultats scolaires. Nous ne pouvons pas aisément améliorer les résultats des élèves sans pouvoir mesure leurs progrès. Les systèmes d'éducation doivent pouvoir suivre étroitement la manière dont les élèves assimilent les connaissances enseignées afin de pouvoir leur apporter un soutien adapté en temps utile. En outre, les tests sont souvent utilisés de manière inappropriée pour influencer des décisions importantes comme celles de fermer des écoles, de licencier des enseignants ou d'éliminer les élèves incapables de passer au niveau supérieur, plutôt que pour identifier des moyens d'aider les élèves à améliorer leur acquisition des connaissances. Nous devons trouver de meilleures façons de juger si les élèves apprennent et utiliser les informations ainsi acquises pour orienter notre soutien et nos ressources vers des solutions efficaces.

 

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