Déclaration de Rio sur le harcèlement homophobe et l'Éducation pour tous

10 décembre 2011  

Ce jour marque la dixième édition de la Journée internationale des droits de l'homme, choisie par la communauté internationale pour commémorer l'anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1948.  

Parmi les droits de l'homme codifiés dans ce document figure le droit de chacun à accéder à une éducation de qualité. Ce droit a été réaffirmé dans des conventions internationales ultérieures, telles que la Convention relative aux droits de l'enfant, le Cadre d'action de Dakar sur l'Éducation pour tous et les Objectifs du Millénaire pour le développement. En outre, les Principes de Jogyakarta stipulent clairement qu'aucune discrimination fondée sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre ne doit en restreindre l'exercice.

Plusieurs gouvernements à travers le monde se sont déjà mobilisés en soutien au principe de l'éducation pour tous. Or, les actes fréquents de violence et la discrimination et la stigmatisation systématiques exercés à l'encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI) contrarient ces efforts et limitent leurs effets pour de nombreux élèves et étudiant(e)s. Chaque jour, partout dans le monde, des élèves et étudiant(e)s voient leur droit fondamental et universel à l'éducation systématiquement bafoué du fait de la discrimination et de la violence dont ils sont victimes à l'école en raison de leur orientation sexuelle ou de leur expression ou identité de genre, réelles ou supposées. Les recherches menées dans de nombreux pays et régions témoignent toutes du haut degré de harcèlement verbal, physique et sexuel, de maltraitance et de violence subis par les jeunes en milieu scolaire. L'homophobie et les préjugés de genre limitent aussi l'accès des élèves et étudiant(e)s à des informations exactes en matière de santé et de sexualité, et réduit la visibilité des personnes LGBTI dans d'autres domaines des programmes scolaires.

Les recherches ont, à plusieurs reprises, confirmé les liens existant entre le harcèlement et les préjugés homophobes – y compris le manque d'accès à des informations exactes concernant la santé, la sexualité et d'autres aspects des programmes scolaires – et leurs conséquences néfastes sur le plan social, éducatif et sanitaire, telles que la vulnérabilité accrue au VIH, des problèmes de santé mentale ou le recours au suicide. Ces études indiquent aussi quelles mesures concrètes les établissements, les autorités éducatives, les jeunes eux-mêmes, la communauté éducative dans son ensemble, les responsables politiques et les gouvernements peuvent prendre pour prévenir les effets néfastes du harcèlement homophobe et garantir le plein exercice du droit universel à l'éducation.

Nous, participants réunis à Rio de Janeiro (Brésil) pour la toute première consultation des Nations Unies sur le harcèlement homophobe dans les établissements d'éducation, organisée par l'UNESCO, sommes ici pour apprécier l'étendue et l'impact de ce problème urgent et examiner les programmes et les politiques les mieux à même d'y remédier. Nous sommes originaires de pays des sept continents et représentons des organisations non gouvernementales, des ministères de l'éducation, des agences des Nations Unies, des instituts de recherche et d'autres partenaires du développement. Parmi nous se trouvent des élèves et étudiant(e)s, des enseignants et des parents.

Nous appelons tous les gouvernements à assumer leur responsabilité consistant à garantir l'accès universel à une éducation de qualité en éliminant les obstacles créés par l'homophobie et la transphobie, y compris la prévalence inacceptable et dévastatrice des préjugés et de la violence qui s'exercent à l'encontre des personnes LGBTI dans les établissements éducatifs de l’enseignement élémentaire, secondaire et supérieur partout dans le monde. L'Éducation pour tous sera réalisée par des mesures visant à assurer :

  • des climats scolaires sûrs et exempts de préjugés et de violence à l'encontre des personnes LGBTI ;
  • l'accès à des informations exactes en matière de santé et de sexualité, dans le respect des besoins de tous les apprenants, y compris des personnes LGBTI ;
  • des enseignants et des personnels scolaires désireux de préserver des environnements d'apprentissage réellement accessibles et productifs pour tous, et formés pour ce faire ;
  • des mécanismes de contrôle régulier qui permettent aux établissements, aux systèmes éducatifs et aux gouvernements de consulter les partenaires du développement et l'ensemble des parties prenantes du monde de l'éducation pour s'assurer qu'ils respectent bien ces principes.

Cliquer ici pour la liste complète des participants.

 

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