À l’écoute des jeunes sur la prévention contre le VIH

© UNAIDS/G. Pirozzi

S’informer sur les rapports sexuels et le plaisir, les préservatifs féminins, et les boules de papier contenant des questions sur le sexe, la sexualité et les relations interpersonelles furent les sujets de discussion lors d’une récente session parallèle pour les jeunes donnés par l’UNESCO, l’ONUSIDA, l’UNICEF, le FNUAP et l’OMS pendant la Conférence internationale sur le SIDA (IAC), à Vienne (18-23 juillet 2010).

 

Intitulée « Spécialement pour toi ! Changer les règles du jeu et les stratégies concernant les jeunes et le VIH », la session appuya sur les réponses de jeunes du monde entier et fut dirigée par Purnima Mane, Directeur éxecutif adjoint (Programmes), FNUAP et facilitée par,Ishita Chaudhry, leader et militant au sein de la YP Foundation, en Inde.

Cette session s’intéressa plus particulièrement aux résultats concrets identifiés dans l’analyse du Cadre de résultats de l’ONUSIDA visant à donner aux jeunes les moyens de se protéger contre le VIH. Ces résultats révèlent que :

  • Le nombre de jeunes scolarisés et non scolarisés possédant des connaissances précises sur le VIH aura franchi au niveau des pays le seuil des 80 %, notamment grâce à la mise en œuvre d’une éducation sexuelle de qualité ;
  • L’utilisation de préservatifs avec les partenaires sexuels hors mariage aura plus que doublé parmi les jeunes ; et
  • L’utilisation par les jeunes les plus exposés des services de conseil et test volontaires fournis dans les services publics et privés de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et de conseil et test volontaires aura plus que doublé.

L’objectif de cette session fut de créer une plate-forme interactive qui permettra de débattre de la façon dont ces résultats concrets peuvent être atteints et des solutions efficaces, au niveau national, pour renforcer ces interventions auprès des jeunes.

Prenant acte de la nécessité de comprendre ce que les jeunes pensent réellement, une enquête en ligne a été lancée afin de recueillir les points de vue des jeunes sur l’éducation au VIH, l’accès aux préservatifs et les services de conseil et test volontaires. Voir ci-dessus des exemplaires de réponses reçus de la part des jeunes venant du monde entier.

« La première fois que j’ai eu accès à l’éducation sexuelle, j’étais déjà en 4ème année du secondaire, ce qui d’après moi est trop tard car j’avais déjà commencé à avoir des rapports sexuels». Jeune femme de 21 ans, Benin.

« Je pense les gens doivent commencer à apprendre ce que sont les préservatifs à l’âge de 10 ans. Certes c’est tôt, mais beaucoup de jeunes deviennent sexuellement actif d’une façon ou d’une autre, et ce avant même qu’ils arrivent à l’école secondaire. Avoir un enseignant qui parlent aux élèves de préservatif et des infections contre lesquelles se protéger, c’est parfait. Cela vaut mieux qu’un jeune qui apprendrait, les choses relatives au sexe et à l’usage des préservatifs, d’un ami. »

« La peur ! Après toutes ces histoires d’horreurs qu’on nous raconte au sujet des personnes infectées au VIH ainsi que les trucs que nos parents nous disent pendant que nous grandissons – soupir ! – c’est pas étonnant que nous sommes terrifiés. Les gens pensent que c’est la condamnation à mort » Jeune homme de 21 ans, Kenya

Un panel de spécialistes répondit aux réactions des jeunes qui se sont exprimés dans le cadre des différents forums en ligne, et à ceux qui participaient à la session.

Dr Doug Kirby, co-auteur des Principes directeurs internationaux sur l’éducation sexuelle : Une approche factuelle à l’intention des établissements scolaires, des enseignants et des professionnels de l’éducation à la santé, UNESCO 2009, répondit à une série de questions allant du développement à plus grande échelle de l’éducation sexuelle globale et comment impliquer les jeunes dans les programmes, à l’insertion de l’idée du plaisir dans l’éducation sexuelle globale.

M. Darlington Muyambwa, Manager du Programme SAYWHAT, Zimbabwe, discuta l’accès à la contraception, la négociation pour l’utilisation du préservatif, les préservatifs féminins et comment surmonter les barrières afin d’atteindre les jeunes avec les informations et services existants.

Dr Shaffiq Essajee, personnel au siège de l’OMS qui mène le travail sur les traitements ARV en pédiatrie, et la prise en charge familiale, parla des défis et succès autour du conseil et du dépistage du VIH et partagea avec le groupe ses expériences de retour du Kenya où il a eu l’opportunité de rencontrer des jeunes en milieu scolaire et de leur communiquer des informations relatives au VIH. Dr Shaffiq Essajee a décrit une façon pratique et efficace de permettre une discussion ouverte de la part des élèves au sujet du sexe, de la sexualité, des relations interpersonnelles en les encourageant à écrire leurs questions sur un morceau de papier, qu’ils roulèrent ensuite en boule afin de garder l’anonymat et de le lancer devant la salle de classe qu’il visitera afin de répondre aux questions.

Le défi pour les jeunes et ceux qui travaillent avec et pour eux, l’ONUSIDA y compris, est de se concentrer et de se mobiliser autour des changements des règles du jeu et des stratégies nécessaires pour atteindre les résultats attendues suite à l’utilisation du préservatif, des services de conseil et de test volontaires, ainsi que des connaissances en matière de prévention globale du VIH, dans les années à venir.

 

 

 

 

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