06.08.2013 -

Les spécialistes de l'éducation et de la santé d’Afrique orientale et australe appellent les dirigeants politiques à réaffirmer leur engagement

© UNESCO -Son Excellence Mama Salma Kikwete s’exprime sur les défis auxquels sont confrontés les jeunes en Afrique orientale et australe

"Tous les jeunes ont le droit de connaître une existence saine et bien remplie. [..] Nous avons le devoir de préparer les adolescents et les jeunes à la réalité du monde actuel, en leur offrant l’éducation et les compétences nécessaires, et nous devons assurer le droit d’accès à des services d'éducation et de santé adaptés." C'est le message d'un groupe de spécialistes de l’éducation et de la santé qui s’est réuni les 30 et 31 juillet à Gaborone, au Botswana. Cette rencontre visait à examiner les conclusions d'un nouveau rapport qui sera publié par l'UNESCO et l'ONUSIDA, portant sur la santé des adolescents et des jeunes dans les 21 pays d'Afrique australe et de l'est.

La réunion a été inaugurée par la Première dame de Tanzanie, Mama Selma Kikwete: « Je crois, tout comme d'autres parents dans la région, que les adolescents doivent apprendre à être autonomes en matière de protection et de prises des décisions éclairées concernant leur corps et leur avenir », a déclaré la Première dame. « Si parler de sexualité avec nos jeunes est un sujet tabou dans de nombreuses communautés, je ne pense pas qu'il soit dans notre intérêt de laisser nos enfants mourir en raison de notre silence. »

Les jeunes représentent 33% de la population de la région, un taux qui ne cesse de croître. Ils doivent faire face à un certain nombre de problèmes de santé urgents, dont le VIH, qui reste une préoccupation majeure: dans la région, 52 jeunes sont infectés par le VIH toutes les heures, et 60% d'entre eux sont des jeunes femmes. Pour ces dernières, la grossesse représente une charge de responsabilité énorme. Dans une partie des pays de la région, une fille sur cinq a commencé à avoir des enfants avant l'âge de 17 ans, et 10% des nouveau-nés de la région sont mis au monde par des filles de 15-19 ans, souvent avec des conséquences graves pour la santé.

"Ce sont des problèmes qu’il est possible d’éviter. Nous pouvons prévenir la grossesse chez les adolescentes. Je trouve tout à fait inacceptable que la plus haute - la principale - cause de décès des jeunes soit des décès maternels. Ceux-ci sont liés à la grossesse. Nous devons dire «non» à la mort de nos jeunes femmes", a déclaré Nyaradzayi Gumbonzvanda, secrétaire générale de la YWCA mondiale et membre du groupe d’experts de haut niveau.

Dans une déclaration finale, le groupe a souligné la nécessité d'une éducation sexuelle de bonne qualité, prenant en compte l’égalité des genres, qui préparera les adolescents à la puberté, aux relations, tout en permettant d'éviter les grossesses non désirées et le VIH. En lien avec l’éducation, les pays doivent fournir un meilleur accès aux services de santé adaptés aux  besoins des jeunes, assurant la contraception, les tests confidentiels du VIH et des ITS, la prévention contre le sida, le traitement et les soins, la sécurité d’une grossesse et un accouchement sans danger, des options sûres en cas de grossesse non désirée. Les experts ont également indiqué que le mariage des enfants et la violence sexiste empêchaient les  adolescents et les jeunes de parvenir à obtenir leurs droits à l'éducation et à la santé.

Les participants ont également demandé aux ministres de la santé et de l'éducation de se réengager à travailler en étroite collaboration afin d’étendre l'accès à une éducation sexuelle et des services de santé de haute qualité au sein des 21 pays de l'Afrique orientale et australe.

Cet engagement, qui doit être signé en décembre 2013, avant la Conférence internationale sur le sida en Afrique, nécessitera le lancement d’une analyse précise des besoins réels des jeunes, et la volonté de repenser les normes sociales concernant la sexualité des jeunes. Les experts demandent aux décideurs de juger si l'éducation et les services actuels servent au mieux les intérêts des adolescents et des jeunes, ou si les lacunes mises en évidence risquent de compromettre leur santé et leur bien-être futur.

En référence au rapport complet établi comme base pour le processus, et qui sera publié en octobre, Sheila Tlou, présidente du Groupe de haut niveau et de l'équipe d'appui régional pour l'Afrique orientale et australe de l'ONUSIDA a déclaré: «ce rapport est un exemple concret montrant pourquoi le moment est venu de nous engager à améliorer l'éducation sexuelle et l'accès aux services pour les jeunes. Nous allons travailler main dans la main avec les jeunes, les parents, et les communautés en général, pour faire en sorte que nos dirigeants mettent leur bien-être au centre des préoccupations nationales et du partage des ressources ".

Le discours est accessible entièrement en ligne ici.

Contexte:

Les 30 et 31 juillet, le Groupe de haut niveau d'experts en éducation et santé sexuelle et reproductive en Afrique orientale et australe (ESA) s'est réuni à Gaborone, au Botswana, pour discuter des conclusions et recommandations d'un nouveau rapport élaboré à partir des données de 21 pays sur l'état de l'éducation à la sexualité et des services de santé sexuelle et reproductive.

L’initiative de l’ESA a été lancée à la fin 2011, sous la direction de l'ONUSIDA, et avec le soutien du ministère allemand de la Coopération économique et du Développement, les Communautés économiques régionales (EAC et SADC) et de l'UNESCO. Il compte aujourd’hui d’autres partenaires, notamment le FNUAP, l'UNICEF, l'OMS et d'autres. Cette initiative vise à obtenir un engagement des ministres de la santé et de l'éducation de 21 pays d'Afrique orientale et australe autour d'un programme fondé sur les valeurs de droits communs que sont les besoins et les droits des adolescents et des jeunes, en mettant l'accent sur ​​leur santé sexuelle et reproductive, l'éducation et les services. Les partenaires impliqués dans le processus sont: le FNUAP, l'UNICEF, l'OMS, le SIDA, Norad, l'IPPF, la Fondation Ford, l'Église de Suède, et le Réseau international des responsables religieux affectés par le VIH (INERELA).

 




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