Combler le fossé : appliquer les droits des peuples autochtones

En septembre, l’Assemblée générale des Nations Unies tiendra la Conférence mondiale sur les peuples autochtones. Celle-ci examinera les progrès accomplis pour la réalisation des droits des peuples autochtones, ainsi que les efforts menés pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007).

D’importantes lacunes subsistent à tous les niveaux, et l’UNESCO est déterminée à les combler.

© UN Photo/John Isaac. Une fille Heiltsuk tient la rame d'un "Glwa" pendant une réunion internationale de nations autochtones maritimes du Pacifique.

L’UNESCO montre la voie à suivre dans le domaine de l’éducation sous deux angles d’action : premièrement, promouvoir l’utilisation et la survie des cultures, des langues, des savoirs, des traditions et de l’identité autochtones, et deuxièmement, offrir les connaissances et les compétences qui permettraient aux peuples autochtones de participer pleinement et sur un pied d’égalité à la communauté nationale et internationale.

Nous allons également de l’avant dans le contexte du programme de développement pour l’après-2015. Avec nos partenaires, nous plaidons en faveur d’un objectif d’éducation ambitieux et global qui tienne dûment compte des systèmes de savoir locaux, y compris ceux des peuples autochtones.

Dans le domaine de la culture, l’UNESCO collabore avec les États pour faire reconnaître le rôle de la culture en tant que facilitateur et moteur d’un développement inclusif et durable. Pour une appropriation efficace et significative de tous les efforts de développement, nous devons nous appuyer sur la diversité culturelle dans toutes les mesures et politiques publiques.

En décembre 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une troisième résolution phare intitulée « Culture et développement durable » (A/RES/68/223). Dans cette résolution, l’Assemblée générale prend acte de la corrélation entre la culture et les trois piliers du développement durable, ainsi qu’avec la paix et la sécurité, et engage les États à prendre dûment en considération la culture dans le programme de développement pour l’après-2015. Insistant sur le lien qui existe entre diversité culturelle et diversité biologique, l’Assemblée générale met également l’accent sur l’apport des savoirs locaux et autochtones quant à la recherche de solutions aux problèmes environnementaux.

Le programme de l’UNESCO Système de savoir locaux et autochtones est le fer de lance de l’action que nous menons pour faire progresser le respect du droit des peuples autochtones de préserver, de contrôler, de protéger et de développer leur savoir traditionnel, et de participer aux prises de décisions concernant l’environnement.

À cette fin, nous nous employons à promouvoir le rôle des savoirs autochtones dans les grands processus intergouvernementaux relatifs à l’environnement.

© Menuka Scetbon-Didi


Le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat était important à cet égard, car il y est indiqué que les systèmes de connaissance, « y compris les visions holistiques des populations autochtones concernant la communauté et l’environnement, sont une ressource majeure pour l’adaptation au changement climatique ».  La Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques a fait de la reconnaissance des savoirs autochtones et locaux l’un de ses principes de fonctionnement, comme l’atteste l’existence d’une équipe spéciale qui traite de cette question et pour laquelle l’UNESCO a été désignée comme unité de soutien technique.

La Journée internationale des peuples autochtones offre l’occasion de prendre acte de la contribution essentielle des peuples autochtones à l’innovation et la créativité, au développement durable et à la diversité culturelle. En outre, elle nous offre à tous la possibilité de nous mobiliser pour combler les lacunes qui continuent d’entraver la réalisation des droits des peuples autochtones. Cela est essentiel aujourd’hui, et le restera demain, alors que nous mettons au point le nouveau programme de développement pour l’après-2015.

     Message de Mme Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO,
     à l'occasion de la Journée internationale des peuples autochtones 2014
    
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À propos de la journée

La Journée internationale des peuples autochtones, célébrée chaque année le 9 août, marque la première réunion du groupe de travail des Nations Unies sur les population autochtones en 1982, au sein de la sous-commission pour la promotion et la protection des droits de l'homme.

Célébration officielle

Activités de l'UNESCO

Vidéo

Les Huachipairi vivent dans la forêt tropicale du sud du Pérou. L'eshuva, prière chantée exprimant les mythes religieux de ce peuple, est interprété pour soigner un malade ou lors de cérémonies traditionnelles. Si l'on en croit la tradition orale, les chants eschuva auraient été appris directement des animaux de la forêt et ils permettent d'invoquer les esprits de la nature et de solliciter guérison, soulagement ou bien-être de leur part. Les chants sont uniquement interprétés en harákmbut, sans instrument.