23.10.2013

Patrimoine culturel immatériel : Une force pour le développement durable

© 2010 Acervo PCR - Renforcer la cohésion sociale : Frevo est une expression artistique de l'état du Pernambuco au Brésil qui réunit musique, danse et artisanat.

© 2010 Acervo PCR - Renforcer la cohésion sociale : Frevo est une expression artistique de l'état du Pernambuco au Brésil qui réunit musique, danse et artisanat.

Sans culture, aucune société ne peut s'épanouir; sans culture, aucun développement ne peut être durable. La culture apporte des réponses à de nombreuses difficultés auxquelles nos sociétés sont aujourd'hui confrontées. La conscience de cette relation entre culture et développement souligne l'importance fondamentale du patrimoine culturel immatériel, des pratiques culturelles vivantes, des expressions et des systèmes de connaissances qui donnent un sens aux communautés, qui expliquent le monde et lui donnent vie.

Pour illustrer le rôle que joue le patrimoine vivant dans le développement durable, l'UNESCO accueille une exposition aux pieds de son immeuble de Fontenoy, du 28 octobre au 10 décembre 2013. Celle-ci met en avant des exemples de différentes régions du monde (Brésil, Égypte, Estonie, Kenya, Samoa, Espagne) illustrant la manière dont le patrimoine culturel immatériel contribue aux différents aspects du développement durable.

©NGO Maavillane - Patrimoine culturel immatériel : des moyens d'existence durables (Estonie)

©NGO Maavillane - Patrimoine culturel immatériel : des moyens d'existence durables (Estonie)

Malgré ses avantages évidents, le patrimoine culturel immatériel est fréquemment ignoré dans les milieux du développement, est à tort réduit au folklore et aux rituels, et est dépeint comme n'ayant d'importance que pour l'économie du tourisme et de l'artisanat. Dans les cas les plus négatifs, il est même associé à des coutumes dangereuses, immuables et archaïques. De nombreuses études ont toutefois clairement démontré qu'il servait quotidiennement, au sein des communautés de tous les continents, à lutter contre toutes sortes de problèmes, des pénuries alimentaires aux changements environnementaux, en passant par les problèmes de santé et d'éducation ou la prévention et la résolution des conflits.

Illustration parfaite d'une gestion attentive des ressources naturelles et de la transmission des connaissances accumulées avec le temps, le patrimoine culturel immatériel est une source d'expérience pleine de vitalité qui repose au cœur de nos identités. C'est en effet en son sein que se trouvent les réponses à de nombreux problèmes.

©Steven Percival - 
Patrimoine culturel immatériel : respect d'un environnement durable (Samoa)

©Steven Percival - Patrimoine culturel immatériel : respect d'un environnement durable (Samoa)

Force est de constater que les difficultés ne font que s'accroître d'un coin à l'autre de la planète. Le Projet Objectifs du Millénaire des Nations Unies, mis en œuvre par le Secrétaire Général, observe que plus de 2,7 milliards de personnes essaient encore de survivre avec moins de deux dollars par jour, et que 800 millions de personnes, dont 300 millions d'enfants, souffrent de malnutrition. De multiples problèmes mettent notre avenir commun en péril : le changement climatique, l'accroissement des disparités sociales, la diminution des ressources et de la biodiversité, les conflits, une mauvaise gouvernance, l'inégalité d’accès à la nourriture et à l'éducation, l'explosion et le vieillissement démographiques, l'urbanisation effrénée, les crises sanitaires, les pénuries d'eau, etc. L'inaction n'est pas envisageable.

Dans ce contexte, la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO (2003) offre un espace important et continu au dialogue, aux idées et à la coopération. Elle constitue en outre une plateforme où chaque communauté et ses idées sont sur le même pied d’égalité que les autres approches développées. La considération que porte la Convention aux instruments existants à l'international en matière de droits humains et de développement durable en renforce un peu plus le cadre. 

Intégrer le patrimoine culturel immatériel aux débats, politiques, programmes et stratégies qui entourent le développement durable à l'heure actuelle est aujourd'hui devenu une urgence. À cet égard, le principal rapport de l'équipe spéciale des Nations Unies chargée du programme de développement pour l'après-2015 remis au Secrétaire Général, intitulé « Réaliser l'avenir que nous voulons pour tous », offre aux futures discussions et mesures une structure utile orientée autour de quatre dimensions essentielles :

  • le développement social inclusif ;
  • le développement économique inclusif ;
  • la durabilité environnementale ;
  • la paix et la sécurité.

Chacune de ces dimensions peut être envisagée du point de vue du patrimoine culturel immatériel, comme le montrent les situations décrites dans le cadre de l'exposition. Parmi celles-ci, prenons pour exemple la passion du Frevo, qui anime le carnaval dans l'État du Pernambouc, au Brésil, et illustre la manière dont les différentes communautés de Recife vivent en harmonie et le soutien qu'apporte leur patrimoine immatériel commun à la cohésion de la société.

Cette exposition exprime notre conviction que les Samoans qui tressent des feuilles de pandanus pour en faire des tapis et des sacs ont beaucoup à nous apprendre en termes de respect de l'environnement et de durabilité.

Elle nous rappelle également que les communautés du monde entier ont créé des institutions sociales afin de gérer les ressources naturelles rares telles que l'eau et d'arbitrer les potentiels litiges entre voisins, tels que les tribunaux des eaux de Murcie et de Valence, en Espagne.

L'esprit qui sous-tend cette exposition repose sur le sentiment propre à l’UNESCO selon lequel la culture devrait être considérée comme un facteur fondamental de durabilité, une source de sens et d'énergie, de créativité et d'innovation, et comme un outil permettant de relever les défis et de trouver des solutions appropriées.

L'exposition est organisée dans le cadre du dixième anniversaire de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003 et repose sur les généreuses contributions financières de Monaco et de la Turquie.

 



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